Le tourisme en Colombie – Voyager en sac à dos

Le tourisme en Colombie – Voyager en sac à dos

Le tourisme est en plein boom en Colombie. Alors que le pays a longtemps été réservé aux aventuriers ou étrangers qui savaient où ils mettaient les pieds car reçus par des amis locaux, on assiste depuis 3-4 ans à un changement de grande envergure.

Cet article fait partie d’une petite série qui vise à conseiller les voyageurs selon les différents modes du tourisme en Colombie; le Backpacker qui voyage en prenant son temps, le touriste qui passe par une agence, le colombien en vacances dans son pays et le tourisme médical.

 

En 2010 la Colombie ne recevait même pas 1.5 millions de visiteurs alors que 2016 en a enregistré plus de 5 millions. C’est même plus que le Pérou avec ses 3.5 millions. Quand j’ai visité la Colombie en 2003, j’y suis resté 4 mois pour travailler comme professeur et c’était l’époque où Cali ne comptait que 2 hôtels de backpackers et le président Uribe instaurait les « cordons » de sécurité pendant les fêtes pour permettre de voyager sur les routes sans crainte d’attaques. On voyait alors un militaire chaque 300 mètres le long des routes principales. C’était aussi l’époque où les touristes étrangers prenaient l’avion en Equateur pour se rendre directement au Venezuela alors très à la mode.

À l’heure actuelle Cali compterait environ 80 hôtels de backpackers ici appelés hostales ou de mochileros et le pays en général verrait une augmentation de plus de 40% de l’offre hôtelière chaque année. Autant dire que les lieux d’intérêts touristiques comme Bogotá, Carthagène, Medellín, Cali, Santa Marta, Taganga, Salento, San Agustín pour ne citer que ceux-là sont déjà saturés d’hôtels.

 

Comment voyager dans le pays comme backpackers

Voilà plusieurs conseils pour celles et ceux qui veulent venir avec leur sac à dos, le guide dans la poche et un itinéraire plutôt flexible.

 

Pour commencer, la sécurité. Ce n’est pas parce que les FARC ont déposé les armes que le pays a résolu plus de 50 ans de violence. Le problème actuellement est le crime organisé et la criminalité commune, notamment dû à une production encore très importante de cocaïne et des inégalités très marquées. Dans les grandes villes, principalement dans les quartiers touristiques, faites attention à vos valeurs. Évitez de laisser des sacs hors de vue, même s’il est posé contre la chaise. Soyez prudents aussi avec le téléphone portable qui attire l’attention des voleurs et à l’inverse vous fait perdre la vôtre sur ce qui vous entoure.

Mais ne devenez pas paranos non-plus, ayez simplement les bonnes habitudes comme dans le reste de l’Amérique latine. C’est-à-dire de ne pas exhiber ses valeurs, ne pas se promener dans les quartiers louches et préférer prendre le taxi le soir venu, même si ce n’est parfois que pour quelques rues. Le plus simple encore est de demander à la réception de l’hôtel, ils vous informeront des zones dangereuses et des horaires à éviter.

Une expression bien connue est de ne pas donner de papaye (no dar papaya) qui signifie de ne pas donner d’occasions ou de motifs aux voleurs.

Apprenez plus sur la situation actuelle de la violence et la sécurité en Colombie.

 

La tenue vestimentaire. A la plage et pendant la journée, forcement on préfèrera une tenue légère et des tongs, surtout sur la côte ou même à Cali. Cependant on évitera le soir venu si on compte sortir. Je vois de plus en plus de touristes en tenue plage qui espèrent entrer en salsotecas ou bars. Les colombiens sont très vaniteux et soignent leur apparence, ils s’attendent donc que les visiteurs fassent de même. Pas besoin d’être en costard, mais un pantalon long, une chemise et des chaussures fermées pour les hommes feront l’affaire. Pour les femmes c’est plus simple, il faut juste éviter les tongs.

Pensez à prendre au moins une tenue élégante, si vous êtes invités au restaurant ou chez une famille, l’effort sera très apprécié.

 

L’eau est potable dans la grande partie du pays, mis à part sur les côtes caraïbe et pacifique et en Amazonie. Dans certaines zones encore, voire même dans certains quartiers, il n’est pas recommandé d’en boire, mais dans les villes et les lieux relativement touristiques il n’y a pas de problème. En cas de doute, l’eau en bouteille est bon marché. L’idéal est d’acheter des bidons de 5 litres pour remplir une gourde ou petite bouteille. Une autre solution est de bouillir l’eau quelques minutes et faire des réserves. Personnellement je bois toujours l’eau du robinet et n’ai jamais eu de problème mais je peux comprendre qu’on n’ait pas envie de prendre de risque quand le temps de vacances est court.

 

Planifiez vos trajets. La cordillère des Andes se divisent en 3 en arrivant en Colombie, ce qui rend les temps de voyage plutôt longs si on doit les traverser. Achetez vos tickets de bus en avance si vous prévoyez de voyager de nuit ou révisez les prix des compagnies aériennes low cost comme Viva Colombia ou Wingo. La compagnie nationale Avianca offre de bons prix aussi sur certains vols. Si vous n’avez pas d’horaires précis pour voyager en bus vous pouvez aller à la gare routière (terminal de bus) et choisir sur place. Les compagnies de bus fonctionnent bien, sont ponctuelles sur l’heure de sortie, bon marchés et ont différentes flottes. En voyageant en groupe vous pouvez facilement négocier une petite réduction.

 

Apprenez quelques mots d’espagnol. Les colombiens sont très patients, aimables et ouverts, donc il n’y a aucun problème ou aucune honte à avoir à ne pas bien savoir parler leur langue et d’essayer de toute manière. Par contre ils peuvent se sentir offensés si vous les abordez en anglais. Il est préférable de saluer en espagnol, tenter trois autres mots et finir en faisant des gestes que de compter sur une réponse en anglais. Vous pourrez avoir la surprise de tomber sur un anglophone mais laissez-leur l’initiative. D’ailleurs, dans les villes principales, vous pouvez vous joindre à des échanges linguistiques pour pratiquer les langues tout en faisant la fête, révisez les agendas culturels.

 

Évitez les généralités. La Colombie est un pays de milles facettes. Chaque région a une histoire différente et la cuisine, la musique, l’architecture, les traditions, les célébrations et l’origine ethnique changent. Pas tous les colombiens dansent la salsa et tant qu’on y est ne vous imaginez pas que tous vendent ou consomment de la drogue. Renseignez-vous sur les spécialités locales et les coutumes.

Gérez votre budget judicieusement. À proprement parler, la Colombie n’est pas un pays bon marché, quand même pas au niveau du Brésil ou l’Argentine qui sont plus chers, mais quand même plus que les voisins comme l’Équateur ou le Pérou. On peut facilement se limiter à une dépense de 8 Euros pour un dortoir et 6 Euros pour manger par jour mais dès que l’on veut profiter plus que du strict minimum les dépenses augmentent rapidement. Comptez environ 8’000 pesos pour un trajet en taxi, 10’000 pour un bon plat du jour, 5’000 pour une bière dans un bar, 60’000 pour une bouteille de rhum dans un club, 80’000 pour un repas à la carte pour deux personnes dans un bon restaurant. Les prix varient forcément d’une région à l’autre et de la classe sociale du lieu.

Cependant, ne faites pas l’erreur d’être trop prêt de vos sous et de perdre l’opportunité d’aller dans des lieux exceptionnels, de goûter des spécialités culinaires ou de rencontrer des gens en ne faisant aucune activités. Il est préférable de réduire le temps de voyage et de profiter à 100% plutôt que réduire les dépenses mais en ne vivant aucune expérience. Offrir un verre peut être le début d’une soirée inoubliable.

(Comment envoyer de l’argent en Colombie)

 

Entrez en contact. Il est très facile de parler avec les colombiens qui sont très ouverts et aimables. Ils prendront le temps, facilement vous inviteront à connaître leurs amis et même proposer de vous revoir pour une activité ou un prochain évènement. Avoir une apparence soignée facilite forcement le contact ainsi qu’avoir une certaine connaissance du pays pour éviter des discours ou remarques qui pourraient offenser. Toutefois, une minorité de colombiens peut avoir des intentions malsaines, comme de soutirer de l’argent ou carrément voler, donc ayez un peu de prudence et ne faîtes pas confiance trop rapidement.

Pour ceux qui aimeraient emmener une colombienne à dîner ou danser, attendez-vous à payer entièrement la note, c’est la coutume. En couple, les femmes peuvent participer aux dépenses si la situation financière le permet mais ne le feront pas lors des premiers rendez-vous. C’est le « rôle » de l’homme de subvenir, peut-être aussi une manière de voir s’il a les moyens de le faire.

 

Attention aux profiteurs dans les hôtels. Il y a beaucoup de gens qui gravitent autour des hôtels de backpackers et leurs intentions ne sont pas toujours claires. Certains font la promotion de cours de danse, de langues, de tours en chivas, visites touristiques, et il n’y a absolument rien de mal à ça. Mais on voit aussi certains qui sont juste là pour rencontrer du monde et boire un verre. En général ils n’ont jamais d’argent sur eux et se laissent inviter à sortir. Là encore, si le deal est clair depuis le début et qu’ils peuvent vous faire connaître des endroits sympathiques il n’y a pas de mal, mais certains vont plus loin. Après établir la confiance, ils font part de difficultés familiales, de besoin d’argent pour payer des frais médicaux ou des factures d’électricité en retard, voire peut-être pour payer le visa pour l’Europe, etc… Vrai ou pas, bien souvent la personne voit une « bonne âme » et n’a aucun plan ou intention de rendre l’argent que vous lui donneriez ou prêteriez. Si cela vous arrive parlez-en aux administrateurs de l’hôtel, qui bien souvent ne s’en rendent pas compte.

 

Évitez les drogues. Relativement facile à obtenir, consommer de la cocaïne n’est pas anodin. Déjà c’est un produit artificiel et toxique mais surtout son commerce est la source des nombreux problèmes de violence dans le pays. Les bandes criminelles se partagent les zones de ventes et entrent facilement en conflit. Aussi, les bénéfices élevés financent les balles qui terminent dans la tête des syndicalistes, protecteurs environnementaux, défenseurs des droits de l’homme et journalistes. Donc, en achetant vous alimentez ce système.

 

Le temps de séjour. En arrivant sur le territoire vous recevez une autorisation de 90 jours, appelée Permiso de Ingreso y Permanencia (PIP). Vous pouvez prolonger cette période de 90 jours supplémentaires en demandant le Permiso Temporal de Permanencia (PTP) auprès du département de migration (Migración Colombia). La durée maximum en tant que touriste est de 180 jours (PIP + PTP) par an. Cependant le compteur repart à zéro le 1er Janvier, donc techniquement en arrivant dans le pays en Juillet un touriste pourrait rester un an continu, en sortant juste une fois pendant au moins 24 heures aux alentours de Nouvel-an.

Faites attention d’être en règle pour ne pas vous exposer à une amende de 400’000 pesos.

 

Profitez de consulter les liens utiles de ce blog. Bonne visite.

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *