Étiquette : Voyager en Colombie

Les choses les plus surprenantes pour un Français en Colombie

Les choses les plus surprenantes pour un Français en Colombie

Pour un Européen vivant en Colombie, ou même de passage, il y a plusieurs choses qui peuvent surprendre sur la mentalité colombienne ou la vie quotidienne. Voilà les choses auxquels on se confronte régulièrement, certains aspects sont amusants, d’autres plus difficiles.

Sur le même sujet, lisez mon expérience du choc culturel.

 

L’amabilité

On pourrait penser que des décennies de violence rendraient les colombiens durs et froids, mais c’est en fait tout le contraire. Ils sont très aimables et courtois, les formes de politesse sont très importantes au moment de saluer ou dire au revoir. Les colombiens peuvent très facilement tutoyer une personne qu’ils viennent de connaître par sympathie et vouvoyer un proche comme marque de respect et d’affection.

Je trouve très amusante leur manière de demander plusieurs fois aux amis qu’ils rencontrent comment ils vont. Hola ¿Cómo vas? ¿Qué más? ¿Y cómo va todo? ¿Todo bien?

Même au téléphone et même pour des raisons professionnels, ils ne vont pas droit au but, les formes de politesse sont importantes.

 

Appeler ou demander pour obtenir une information

Le réflexe des colombiens est de demander. Pour trouver leur chemin ou les horaires d’ouverture ils vont demander à un passant ou appeler le magasin. C’est finalement plutôt logique, au lieu de perdre son temps mieux vaut se renseigner auprès de ceux qui savent. De plus, les informations écrites ne sont pas forcément fiables parce que pas mises à jour régulièrement.

Même si j’ai pris l’habitude de vérifier avant de me rendre à quelque part, c’est un point qui me pose encore problème. En tant que Suisse, j’ai été éduqué à chercher par moi-même et ne pas faire perdre le temps des autres. Demander alors que l’information est disponible quelque part donne l’impression d’être paresseux ou incapable de se débrouiller. C’est toujours un petit conflit personnel quand ma conjointe colombienne ou un ami me dit de demander avant même d’avoir eu le temps de commencer à chercher. Quand malgré tout je me mets à chercher d’abord, je fais face à une incompréhension voire raillerie.

 

Pas d’alcool avec le repas

Les colombiens sont fêtards et lèvent le coude facilement. Mais pas à table.

Ils n’ont pas la culture du vin et vont préférer un jus de fruits, une aguapanela (eau de canne à sucre avec citron), une boisson gazeuse ou juste de l’eau pour accompagner leurs repas. Les choses changent, les vins argentins et chiliens deviennent accessibles et le choix augmente. De plus en plus de gens y prennent goût, aiment déguster et découvrir leurs préférences.

Sachez cependant que si vous offrez une bouteille à vos hôtes lors d’une invitation à dîner, ils vont très probablement la ranger et ne l’ouvriront pas pour cette occasion, simplement car ils auront déjà prévu les boissons. Pour ne pas être frustré de boire du Coca-Cola alors que vous avez amené une bonne bouteille de vin, prévenez vos hôtes lors de l’invitation ou à votre arrivée. Dites-leurs que vous aimeriez partager cette « tradition française » d’assortir le repas avec du vin.

 

Tout peut changer à la dernière minute

Organiser et anticiper n’ont pas la même signification. Les colombiens n’aiment pas décevoir et voient comme très impolis de refuser une invitation. Ils préféreront inventer une excuse de dernière minute pour justifier un retard ou une annulation pour rester en bons termes.

Plutôt que de voir cela comme seulement négatif il faut aussi voir les avantages. Les Européens, nous aimons tout prévoir et mettre les petits plats dans les grands, mais cela limite toute flexibilité. Une fête, un repas ou un voyage, même familial, même pour Noël, laisse la place ouverte à quiconque jusqu’à la dernière minute. Les plans ne seront pas bousculés et la spontanéité est appréciée.

 

La musique

Depuis l’Europe on pourrait penser que la musique en Colombie se limite à la Salsa et la Pop tropical de Shakira. C’est en connaissant les différentes régions du pays qu’on en découvre l’incroyable diversité. Le Vallenato et la Champeta sur la côte Caraïbe, avec aussi ses variantes de danse que sont le Mapalé et Bullerengue. Aussi bien sûr, la Cumbia. Le Reggaetón avec ses artistes de reconnaissance mondiale. Le Tango très présent à Medellín, à côté du Punk depuis les années 1990. La musique du Pacifique, qui trouve peu à peu un écho dans le reste du continent et même en Europe, a son festival spécialement dédié, le Petronio Álvarez. La musique Andine a aussi son festival, le Mono Nuñez. Les ensembles d’instruments à cordes ont leur capitale à Ibagué et présentent de nombreux concerts toute l’année.

Lire les liens utiles pour plus d’artistes colombiens.

 

La pauvreté

Les inégalités sont tellement grandes qu’il est fréquent de voir des gens dormant dans la rue ou des mendiants espérant recevoir quelques pièces des clients d’un café.

Il y a aussi beaucoup de travaux informels, pas déclarés et sans protection sociale. Recycleurs faisant les poubelles en recherche de verre, aluminium, papier, etc. Gardiens surveillant les véhicules garés à l’extérieur. Personnes annotant les temps de passage des bus de transport privés pour indiquer l’écart entre deux bus de la même ligne. Vendeurs de timbres administratifs pour éviter les files d’attentes. Vendeurs de fruits et légumes dans la rue. Tout peut s’acheter dans la rue en fait ; articles ménagers, électronique, mirroirs

Malgré la difficulté, ce ne sont pas ces gens-là qui génèrent de l’insécurité. Lire aussi La violence et l’insécurité en Colombie

 

Les motels

Ce sont des hôtels qu’on loue à l’heure pour les couples. La Colombie est un pays traditionnel et religieux, les parents n’acceptent pas que le copain ou la copine de leur enfant dorme à la maison. Les couples vont donc dans ces hôtels spécialement aménagé pour eux et il y en a pour tous les styles et thématiques.

Mais le nombre particulièrement élevé de ces motels démontre surtout l’infidélité des colombien(ne)s. Les aventures extraconjugales sont plutôt communes et les motels sont les refuges de ces rencontres interdites. D’ailleurs, les entrées des motels sont des garages pour ne pas laisser la voiture a la vue de tous ou ne pas risquer de se faire voir en attendant le taxi.

 

Le transport

C’est un point problématique, a tous les niveaux. Alors que les colombiens prennent leur temps pour tout, sur la route c’est exactement le contraire. Ils n’ont aucune patience, changent constamment de voies et ne se soucient que de ce qu’il y a en face d’eux. Il y a quoi donner des sueurs froides et encore plus avec l’augmentation exponentielle des motos qui se faufilent partout.

Les piétons doivent être prudents pour traverser une rue. Déjà, les passages zébrés ne sont pas respectés et une moto peut surgir entre deux voitures. Ne soyez pas surpris de voir les voitures se coller pare-choque contre pare-choque dans les bouchons, ne laissant pas le passage piétons libre.

La Colombie est un des rares pays au monde à ne pas avoir de voies ferrées. À part deux ou trois lignes encore en fonctionnement, toutes les marchandises transitent par camions ce qui surcharge un réseau routier encore sous-développé. Attendez-vous à trainer derrière eux dans les côtes, aucun ne se déportera sur une aire de repos pour laisser passer les voitures.

Mais ce qui peut surprendre le plus, c’est le droit de griller les feux après 23h. Même si il y a une caméra, elle ne prendra pas de photo car ce n’est plus une infraction. La raison est plutôt triste car c’est en fait une mesure de sécurité de ne pas s’immobiliser au milieu de la nuit.

 

Les journées

Comme la Colombie est proche de l’Équateur, il n’y a pas de saison. Du coup il n’y a pas (ou disons très peu) de variation des horaires de lever et coucher du soleil. Toute l’année le jour se lève à 6 heures et se couche à 18 heures.

Les saisons rythment la vie et les journées qui s’allongent favorisent les activités en plein air. Ce n’est plus le cas ici et facilement on ne prête plus attention au temps qui passe parce que la nature ne meurt et ne renaît pas.

 

Les marchés

Mais comme il n’y a justement pas de « saison morte » la nature est très généreuse toute l’année. Les marchés sont remplis d’une très grande variété de fruits et légumes. De tous les goûts et toutes les couleurs, ils sont généralement économiques.

 

Livraison

Tout est livrable à domicile. Que ce soit par les livreurs de l’établissement, les taxis ou les services professionnels comme Domicilios.com, Rappi ou Mensajeros Urbanos tout arrive en moins de 40 minutes (normalement). Les restaurants bien entendu, mais aussi les pharmacies et supermarchés offrent ce service.

 

PVT – Programme Vacances Travail

PVT – Programme Vacances Travail

PVT, le Programme Vacances-Travail ou Permis Vacances-Travail offre aux Français la possibilité unique et très avantageuse de partir à l’étranger et rester jusqu’à 1 an dans un des 13 pays qui font partie de cet accord. Il permet de profiter d’un séjour plus long que les 3 ou 6 mois généralement accordé aux touristes et même de pouvoir gagner un peu d’argent pour subvenir aux besoins sur place. Lisez ici les astuces pour gagner de l’argent en Colombie.

Ce sont quand même 40’000 Français qui en profitent chaque année. Chaque pays pose des conditions différentes sur l’âge, la durée, le coût administratif et surtout les quotas d’admission.

 

Conditions de l’accord avec la Colombie

 

La Colombie a des accords PVT seulement avec la France (depuis 2015), le Chili, le Mexique et le Pérou. Les Français doivent être âgés entre 18 et 30 ans. Le visa est gratuit, valable 1 an, peut être obtenu une seule fois et n’est pas prolongeable non-plus.

Il y a un quota de 300 personnes par an qui n’est pas atteint, mais vu l’attrait grandissant cela va peut-être arriver ces prochaines années.

 

Documents à fournir

 

Passeport Français valide et une copie de la page principale.

Copie des tampons d’entrée et sortie de Colombie si un voyage y a déjà eu lieu.

Photo d’identité, 3×4 cms, couleur sur fond blanc

Lettre de bonne foi, disponible sur la page du Ministère : Formato Vacaciones Trabajo

Lettre de motivation indiquant l’itinéraire détaillé avec dates et lieux prévus pendant le séjour ainsi que la description des activités.

Extraits bancaires des 3 derniers mois indiquant un solde supérieur à 5 salaires minimaux colombiens. En 2017, il se situe à 737’717 pesos, ce qui représente 3’688’585 pesos ou environ 1’100 Euros.

Un titre de transport aller-retour. La durée dans le pays devra donc être inférieure à un an.

Une assurance maladie et accident pour la durée complète du séjour.

 

Comment faire la demande

 

Le système et la classification des visas colombiens ont changé en Décembre 2017. Avant cela le PVT correspondait au visa TP-16 mais depuis est entré dans la catégorie Visiteurs (V).

Les demandes se font auprès du consulat colombien à Paris ou en ligne sur la page du Ministère des Affaires Étrangères à Bogotá avec le lien : Visa Cancillería.

C’est efficace et rapide même si la plateforme est contraignante. La photo doit être en format JPG de 300kb maximum et les documents en format PDF de 3Mb maximum. Le nombre de fichiers est limité, essayez de regrouper des pages dans le même document.

Remplissez le formulaire en ligne et joignez les copies de tous les documents cités plus haut. Vous recevrez un numéro de dossier en retour.

Contactez le consulat directement en communicant le numéro de dossier pour prendre rendez-vous pour un entretien. Vous pouvez écrire à visas@consulatcolombie.com (email à vérifier) ou appeler au +33 0153939191.

Lors de l’étude ou de l’entretien, le consulat se réserve le droit de demander des documents supplémentaires et peut même refuser l’octroi du visa sans justification, sous principe de souveraineté nationale.

L’étude et l’obtention du visa sont gratuites et prend une dizaine de jours maximum. Prévoyez de faire la demande entre 20 et 30 jours avant la date de voyage.

 

Après approbation du visa

 

Le Ministère délivre un e-visa qu’il faut présenter à une autorité colombienne compétente avant 30 jours. Le visa sera imprimé et collé dans le passeport. À l’extérieur du pays, c’est le consulat qui s’en charge, tandis qu’à l’intérieur c’est auprès du Ministère à Bogotá à la Torre 100 (Avenida 19 # 98-03).

Ensuite, il faut faire enregistrer le visa auprès de Migración Colombia avant 15 jours pour recevoir  la carte d’identité (cédula de extranjería), contre frais supplémentaires d’environ 160’000 pesos bien évidemment. Attention, ne pas respecter cette règle entraine une amende et peut-être l’annulation du visa.

 

Si vous désirez savoir combien coûterait un séjour en Colombie pour un étudiant, lisez l’article « Budget Colombie » de colombianito.fr. Si vous pensez avoir besoin de travailler sur place pour gagner un peu d’argent, lisez mon article sur les petits boulots en Colombie.

Choc culturel en Colombie

Choc culturel en Colombie

Presque obligatoirement en allant s’établir dans un autre continent, on expérimente un choc culturel. Que l’expatriation soit temporaire ou définitive, en vivant au même rythme que la population d’un autre pays, nous passons par 3 phases ; l’émerveillement de découvrir une autre culture avec d’autres richesses, la frustration de ne pas être en accord avec certains aspects du nouveau mode de vie et l’adaptation qui nous amène à accepter un nouveau style et nous entraine à réfléchir comme les locaux.

Chaque phase a une durée variable, tout dépend de la sensibilité, capacité d’adaptation et expérience de vie propre à chacun. D’ailleurs le processus peut aussi être interrompu dans le cas d’un retour anticipé.

 

Généralement on s’attend à un choc culturel en arrivant en Colombie depuis l’Europe mais sans pouvoir en anticiper les raisons. En surface beaucoup de choses sont communes ; une langue latine comme le français, une même religion catholique, une cuisine très accessible avec des ingrédients connus, une constitution inspirée de la constitution française, des musiques largement diffusées internationalement, mais dans le fond les différences existent. Personnellement la deuxième phase m’est arrivée presque 3 ans seulement après mon installation et a duré un peu plus d’une année avant de m’adapter pleinement.

 

1ère phase

En fait, je connaissais déjà bien la Colombie pour y avoir passé 4 mois en 2003, puis y être revenu de nombreuses fois avant de m’y établir. J’avais donc déjà des amis, je parlais suffisamment bien la langue, je dansais également la salsa et avais déjà plutôt l’habitude de me débrouiller à l’étranger. J’ai pu profiter assez longuement de ma phase d’émerveillement. Pour la premièrement fois je devenais entrepreneur indépendant, je n’avais plus de patron ni d’horaires. J’appréciais de vivre l’été toute l’année, avec les fenêtres grandes ouvertes jour et nuit. Des produits frais toute l’année également, notamment des fruits chaque jour. Des plats du jour bon marché dans mon quartier. Les gens chaleureux et enthousiastes.

Certaines personnes sont rapidement affectées et déstabilisées par la pauvreté visible, les indigentes qui dorment dans la rue, les recycleurs qui fouillent les poubelles, les mendiants qui accostent les clients des restaurants. Le bruit de la circulation ou la musique trop forte peuvent devenir vite pesants aussi. L’effort de parler une autre langue plus longtemps que juste pendant les vacances peut devenir frustrant, à devoir se répéter constamment ou à l’inverse faire répéter, ne pas comprendre les blagues. Ces tracas du quotidien peuvent déjà provoquer un choc, encore plus en arrivant seul. Ce n’était donc pas mon cas, j’étais déjà préparé à cette facette du pays.

 

Je travaillais dans le tourisme médical et mes clients étaient occidentaux, donc là aussi je n’étais pas spécialement confronté aux aspects plus pénibles du monde professionnel. Par exemple le manque de ponctualité, recevoir une réponse positive alors que réellement elle est négative, se confronter aux exigences d’un marché aux règles différentes. Je profitais aux contraire de l’enthousiasme des colombiens pour l’entrepreneuriat, d’autant plus que je promouvais un secteur qui est source de fierté pour le pays.

Le travail peut déclencher un choc culturel, par rapport aux conditions bien différentes. Il y a peu de protection sociale, souvent les contrats sont à durée limitée, même pour les professeurs d’universités à un semestre ou une année, les heures de présence avec des semaines à 48 heures et seulement 2 semaines de vacances par an. Le monde professionnel colombien a plutôt tendance à favoriser la présence à la productivité, qui est exactement la logique inverse de l’Europe. La France octroie le droit à la déconnexion, un employé n’est pas obligé de consulter ses emails ou répondre à une sollicitude en dehors des heures de bureau, ce qui est mal perçu ici.

 

2ème phase

En fait, mon choc culturel est arrivé à la suite de plusieurs changements. J’étais redevenu célibataire après un an et demi d’une relation très compliquée et souvent irrationnelle. Je plafonnais avec le tourisme médical et avais décidé de passer à autre chose. J’avais lancé un agenda culturel et avais des difficultés à le faire connaître et trouver des clients.

Bref, le choc est arrivé en me rendant compte que ma méthode n’était pas efficace et que je devais me remettre en question, tant sur le plan privé que professionnel. En faisant cette démarche, en cherchant à comprendre mes erreurs, j’ai aussi été confronté à ma méconnaissance de la société colombienne. Il y a des règles de langage, d’apparence, de projection que je ne maitrisais pas et l’enthousiasme des colombiens masquait surtout une gêne de m’expliquer que je me trompais. Il me semblait alors que la forme primait sur le fond, que le superficiel comptait plus que la valeur réelle, que la confiance est un luxe qui ne se donne pas et que l’hypocrisie passe avant tout.

 

Il m’a fallu bien une année pour connaître les nouvelles règles et m’adapter. Par exemple, je visitais les hôtels de la ville pour leurs laisser de la publicité et je faisais la tournée à vélo. Ce qui pour un européen donnerait une image sportive, dynamique, saine, écologique mais surtout efficace et économique est vue comme pauvre et déstructuré par un colombien. Il aurait fallu aller en voiture habillé en businessman, quitte à prendre le double du temps et dépenser de l’argent en stationnement, pour projeter une image de grande entreprise. C’est aussi une manière de démontrer une plus grande stabilité, face aux petits entrepreneurs qui apparaissent et disparaissent. Mais ça, personne n’avait osé me le dire avant, seulement après avoir arrêté de le faire. J’ai aussi fait lire des emails et demandé si la forme était correcte, pour finalement apprendre que certaines tournures de phrase n’étaient pas appropriées, qu’elles semblaient froides, autoritaires, trop directes. Ce n’était évidemment pas le but et un colombien, même mis en copie, ne va pas spontanément le signaler par crainte d’offenser.

Au niveau personnel, je me suis même remis en couple plus tard avec la personne pour malheureusement voir que les beaux discours ne changent rien et qu’il faut accepter de voir les gens comme ils sont réellement pour pouvoir tourner définitivement la page.

 

3ème phase

Encore maintenant je peux commettre des erreurs mais au moins cette période de doute, d’incompréhension et de frustration est passée et j‘ai pu entrer dans la troisième phase. J’ai accepté que tout ne va pas fonctionner à ma manière et que je doive m’adapter.

 

Le terme choc culturel englobe finalement beaucoup d’aspects, de causes et de raisons. C’est important de savoir qu’il peut arriver très tôt ou très tard, je crois même qu’il peut arriver plusieurs fois, et qu’il est bon de ne pas s’isoler et de le partager avec son entourage. Le plus probable est que d’autres expatriés aient leurs expériences à partager.

 

La violence et la sécurité en Colombie

La violence et la sécurité en Colombie

Sujet compliqué, vaste, qui tire ses racines quelques décennies en arrière, je vais essayer de dresser un portrait le plus exacte possible. Le but est d’informer les visiteurs et nouveaux arrivants sur la situation actuelle et du coup de pouvoir adopter la bonne attitude pour ne pas se confronter à de mauvaises expériences.

Après un peu d’histoire et géopolitique pour une mise en contexte je donnerai surtout quelques conseils et mesures à adopter. Je vous encourage à lire plus en détail l’histoire du pays pour en comprendre les multiples facettes.

 

Pour résumer, la Colombie est un pays violent mais qui s’améliore chaque année. Les statistiques font froid dans le dos mais la fin progressive des grands groupes armés promet des jours meilleurs. L’époque des enlèvements et attentats est terminée, de même que les grands cartels qui avaient le pouvoir de placer des politiciens et même jusqu’à un président. Mais comme toujours, faire tomber des têtes ou même des groupes entiers laisse la place à d’autres.

 

Un gouvernement absent

La situation actuelle du pays tient ses racines de la période communément appelée de La Violencia qui a débuté en 1946 avec l’assassinat du candidat présidentiel Jorge Eliécer Gaitán qui a causé le Bogotazo et a duré jusqu’en 1953. Ce fut une crise politique qui est devenue sociale pour devenir une guerre civile. C’est pendant cette période que les premières guérillas apparaitront pour essayer de défendre le peuple. Quand les militaires prennent le pouvoir, les guérillas posent les armes pour contribuer à la paix nationale mais la plupart des leaders guérilleros finiront assassinés par le pouvoir militaire. Après 1960, les partis politiques se remettent en place, toujours selon le modèle hérité des espagnols ce qui déplait fortement au peuple. Les guérillas historiques qui ont tenu jusqu’à présent (FARC, ELN) commencent dans les années 60 en opposition au gouvernement qui ne s’occupe guère de la population, notamment rurale.

La confiance dans le gouvernement est rompue.

 

La corruption

Dans les années 70 et 80 la demande en cocaïne devient très importante. Apparaissent les cartels et l’économie parallèle. Des énormes quantités d’argent qui échappent à tout contrôle et finissent dans les mains de toutes les couches de la société. Tous les secteurs publics sont touchés par la corruption et les secteurs privés ne refusent pas cette manne, même illégale.

Mis à part certaines guérillas avec de fortes convictions sociales, comme par exemple le M-19, les autres se laissent tenter par ce commerce pour financer leurs activités et jouent le même jeu.

La seule autorité est celle de l’argent.

 

Des inégalités très marquées

Les groupes de guérilla, forts de dizaines de milliers d’hommes, contrôle une grande partie du pays. Des milices armées se forment, cherchant à lutter contre ces guérillas qui pratiquent également les séquestrations et extorsions des grands propriétaires terriens. Ces milices sont parfois financées par les cartels et deviennent ce qu’on appelle les paramilitaires. Les forces militaires du gouvernement sont à ce moment mal équipées pour lutter contre la guérilla et font parfois appel aux paramilitaires pour faire le sale boulot, surtout en violation des droits de l’homme. Ces 4 forces (militaires, guérillas, paramilitaires et cartels) s’allient et se trahissent selon les occasions mais surtout paralyse complètement le pays. Des départements entiers sont abandonnés à leur sort (Chocó, Nariño, Caqueta, Meta, entre autres) et subissent la violence de plein front ce qui provoque de tragiques déplacements de population. Les inégalités se creusent, la pauvreté atteint jusqu’à 50% de la population et même 80% dans certaines régions. Les centres urbains se développent pendant que le reste du pays est à l’arrêt. Encore à l’heure actuelle les infrastructures nécessaires et de qualité se limitent au centre du pays, connectant les principales villes avec les ports de la cote caraïbe, alors que la moitié du territoire manque de bons hôpitaux, universités, routes, connexions internet, …

Sans argent, pas d’éducation, pas de perspectives, pas de futur.

 

La prolifération des bacrim

Avec le Plan Colombia et ses milliards de dollars, le gouvernement a pu moderniser son armée et lutter de manière efficaces contre ces groupes criminels. La plupart ont disparu ou se sont fractionnés. Les têtes dirigeantes sont tombées et beaucoup de « lieutenants » ont repris des parts de marché. Après la crise des années 90, l’économie colombienne est devenue plus florissante dans les années 2000 et 2010. La classe moyenne augmente, la pauvreté et les inégalités diminuent, un marché local pour la cocaïne se développe, des zones du pays deviennent plus accessibles et sont donc apparus les bacrim (bandes criminelles). C’est une délinquance commune, basée sur la vente de drogues et le vol en zones urbaines, racket d’entreprise et mines illégales en zones retirées.

Quiconque peut se faire de l’argent rapidement.

 

La justice par soi-même

La population qui a vécu des décennies sans l’aide des autorités a une forte tendance à faire justice elle-même. D’ailleurs, un délinquant ou criminel peut échapper à la prison s’il a de bonnes connections ou assez d’argent. Dans ces conditions beaucoup préfèrent punir le coupable pris la main dans le sac plutôt que de le remettre à la police. C’est courant de voir des voisins ou même des passants battre violemment un voleur pris sur le fait.

Les gens honnêtes sont quand même majoritaires.

 

Les efforts récompensés

Malgré tout, la situation s’améliore et la Colombie règle peu à peu ses problèmes. Les FARC ont déposé les armes cette année 2017. Les négociations avec le ELN, dernière guérilla en activité, ont démarré. Les militaires peuvent donc s’attaquer aux bacrim et le plus grand groupe criminel, le Clan del Golfo (auparavant appelé Clan Úsuga ou Los Urabeños), a déjà accepté de se rendre pour être jugé, suite aux succès des opérations qui ont éliminé ses principaux dirigeants. Le groupe comptait encore 2’000 hommes en 2016.

Depuis une décennie, les assassinats baissent chaque année. Medellín qui trônait aux premières places des villes les plus dangereuses au monde, n’apparait même plus dans le classement.

La population qui est mieux informée se bat et exige plus de justice. La haute société et classe politique risque de plus en plus de finir derrière les barreaux suite aux mobilisations de l’opinion public contre l’impunité. Maintenant que la guérilla n’est plus le centre des préoccupations, le peuple se mobilise aussi pour lutter contre la corruption.

 

La situation actuelle

Comme vous le voyez, ce n’est pas parce que les FARC ont déposé les armes que tous les problèmes ont été résolus. Le manque de coordination et la corruption des autorités laissent un vide qui profite aux délinquants. Beaucoup de crimes restent sans suite, sans investigation, même si la victime est étrangère et encore plus si elle est de classe sociale basse.

Exemple étonnant en 2015 à Cali. Lors de la sècheresse causée par El Niño, le niveau des rivières était inexplicablement bas, même en tenant compte du phénomène climatique. Après recherches, les autorités ont découvert qu’un affluent d’une rivière avait disparu, détourné de son lit pour une mine illégale. La mine utilisait entièrement les 800 litres d’eau par seconde de la rivière au travers d’un tunnel long de 30 mètres, pourtant situé dans un parc naturel.

 

Pendant que le taux d’homicides continue de baisser, les vols augmentent chaque année de manière préoccupante. Téléphones portables, véhicules, commerces et ménages ont montré une augmentation des vols de 11% entre 2015 et 2016 et pour ce qu’il va de l’année 2017 l’augmentation est encore de 6% par rapport à l’année précédente. La plupart des gens possèdent un smart phone, qui est très facile de remettre à neuf et de revendre sur le marché noir. Un téléphone peut rapporter 200’000 à 300’000 pesos au voleur, pendant qu’un spécialiste changera le software, les pièces abimées et le revendra dans les 700’000 pesos. Il y a environ 100’000 agressions à personnes pour vol par an dans tout le pays justement dans le but de soutirer les téléphones. En additionnant les pickpockets, ce sont plus d’un million de smart phones volés chaque année. Les zones les plus exposées sont Bogotá, Medellín et Cali. L’augmentation du tourisme, qui attire maintenant près de 6 millions de visiteurs par an, n’arrange pas les choses et certaines zones sont devenues des cibles à cause du nombre d’hôtels et de sites d’intérêts culturels.

 

Quant aux homicides, la situation s’est grandement améliorée. La Colombie figurait parmi les pays les plus dangereux au monde dans les années 1990 avec un taux de 81 meurtres pour 100’000 habitants. Certaines villes comme Medellín comptait presque le quadruple de la moyenne nationale avec 380 meurtres pour 100’000. Actuellement la moyenne nationale est de 25, ce qui place la Colombie au même niveau que le Brésil et bien en dessous de pays comme le Venezuela, le Salvador et Honduras. Les villes de Medellín et Bogotá sont maintenant même en dessous de la moyenne avec 22 et 16 respectivement.

Malheureusement ce n’est pas le cas partout. Cali est la ville la plus dangereuse du pays avec 54 meurtres pour 100’000 habitants, Cúcuta 40 et Barranquilla 32. Au niveau du pays entier, cela représente encore 12’000 morts violente par an pour une population de 48 millions et c’est pourtant le chiffre le plus bas depuis 32 ans. Cependant, les statistiques ne peuvent pas non-plus être prises comme vérité absolue, de plus pas tous les vols sont déclarés à la police. Aussi, certains quartiers défavorisés souffrent plus que les autres et concentrent la plupart des cas.

 

 

Que faire ? Conseils de sécurité

 

Le grand problème est le vol. Essayez donc de ne pas vous retrouver en situation défavorable en marchant seul la nuit. Certains quartiers comme San Antonio à Cali sont « vides » entre 13h et 16h à cause de la chaleur, les habitants restent au frais dans leurs maisons et les voleurs peuvent en profiter pour s’attaquer aux touristes sans être remarqués.

À la Candelaria de Bogotá, les voleurs vont plutôt profiter de l’inattention des touristes qui laissent leurs affaires au sol, hors de vue.

En cas de vol, ne cherchez pas à résister et tendez vos affaires ou laissez-vous faire les poches. Dans certains cas un voleur seul peut essayer l’intimidation en misant sur la peur de la victime, repoussez-le fermement et partez en courant sans vous retourner. Mais si le voleur porte une arme à feu ou un couteau, ne vous défendez pas.

On remarque généralement une augmentation des vols en fin d’année, pendant les mois de Novembre et Décembre. Soyez donc encore un peu plus vigilant à cette période.

En vous promenant, évitez de sortir le téléphone portable, qui attire l’attention mais vous rend aussi moins attentif à votre entourage. Pareil avec les appareils photos, il est préférable de le ranger dans un sac à dos ou à bandoulière commun plutôt que dans sa sacoche professionnelle.

Les étrangers sont en général facilement identifiables par le physique, la tenue vestimentaire ou l’accent donc évitez de « donner des occasions aux voleurs » (dar papaya) en vous filmant pour votre vlog sur YouTube ou Facetime par exemple.

 

Le but de voyager est de découvrir un nouveau monde, une nouvelle culture, de partager un nouveau mode de vie et de nouvelles expériences. La grande majorité des gens sont bons et ne cherchent en aucun cas à nuire. Cependant pas tous ne le sont et peuvent chercher à profiter des autres, surtout s’ils sont étrangers. Certains vont penser que l’argent coule à flot en Europe et que ça ne seraient que justice que d’en profiter. Faites donc un peu attention aux gens que vous rencontrez, essayez de les « sentir » par leurs attitudes, leur discours. Certains peuvent avoir des intentions cachées, déguisées sous de beaux discours. Ne vous laissez pas emmener comme ça facilement à une autre fête, chez un ami, ou n’importe où ailleurs avec la promesse de bien vous amuser. Il est toujours préférable de savoir où vous allez, avec qui et comment vous pouvez rentrer par vos propres moyens. Les colombiens sont fêtards et il y a toujours l’occasion d’un bon remate (after party) mais ne suivez pas n’importe qui n’importe où n’importe comment, vols et viols malheureusement arrivent.

 

Beaucoup de cas de violence sont classés dans ce que les colombiens appellent « d’intolérance ». C’est-à-dire un acte d’agression démesurée par rapport à la situation, dû peut-être à un désaccord, une discussion qui dégénère et une consommation d’alcool qui chauffe les esprits. Les préjugés sont nombreux et tenaces, tant des colombiens envers les occidentaux qu’à l’inverse. Beaucoup d’étrangers pensent comprendre la Colombie et ses gens après seulement quelques semaines ou mois et se plaisent à faire des commentaires qui seront reçus de manières offensantes. Certains sujets doivent être abordés avec prudence et grande connaissance, comme la cocaïne, les cartels, la guérilla, la corruption et la politique. Ce ne sont pas des sujets tabous mais plutôt très complexes qui demandent du tact.

Pour illustrer ce problème d’intolérance, le pays compte chaque année un pic de violence à Noel et pendant la fête des mères, ce qui semblerait paradoxal. C’est simplement que des membres de familles se retrouvent autour de la table, boivent et laissent éclater des dissensions qui n’avaient jamais été résolues. De même avec le voisinage, des tensions éclatent alors que tout le monde célèbre une date spéciale et l’alcool envenime les discussions.

 

Gota a gota

Attention maintenant pour ceux qui veulent investir dans le pays. L’économie grandit, il y a beaucoup d’opportunités, mais il y a aussi des histoires qui terminent mal. La situation précaire de certaines personnes peut amener à des actes extrêmement radicaux comme l’assassinat. Les colombiens n’ont pas pour habitude de faire des économies et garder un « matelas » de sécurité en cas de coup dur. C’est d’ailleurs impressionnant le nombre de prêteurs sur gage appelés gota a gota auprès desquels les gens se tournent pour faire un emprunt à court terme, avec des intérêts très élevés. Le niveau de confiance étant tellement bas dans le pays que rares sont les particuliers qui se prêtent entre eux et il est très difficile d’obtenir un emprunt d’une banque. Seulement, les gota a gota sont bien souvent des criminels qui recourent aux méthodes les plus extrêmes pour se faire payer, et cela jusqu’au meurtre pour passer le message à quiconque n’aurait pas l’intention de rembourser ses dettes.

Dans ce cas, un soudain besoin d’argent peut amener à des situations désespérées qui peuvent se retourner contre n’importe qui assez proche. Si vous faite donc affaire, soyez prudent sur la personne et sa situation financière. Pour essayer de donner quelques exemples il y aurait la personne qui vend un bien immobilier trop bon marché, prise par l’urgence. Cette personne pourrait par la suite tenter d’obtenir une rallonge, arguant que le prix n’était pas correct, voire d’éliminer purement et simplement l’acheteur pour annuler la vente. Un architecte ou maître d’œuvre pourrait gonfler les prix du matériel de construction, pris sur le fait et sommé de rendre l’argent (qu’il a déjà dépensé) la situation pourrait mal tourner.

Ce sont des cas extrêmes et peu courants, bien entendu, mais c’est aussi une réalité du pays. Un assassin professionnel ne coûte pas cher et les autorités n’ont pas forcément les moyens, le temps ou l’envie d’enquêter.

 

Mon expérience personnelle

En aucun cas mon but est de décourager à venir découvrir ce merveilleux pays. Je crois qu’il faut juste être conscient des problèmes pour adopter les bons réflexes. Depuis 2012 que je vis à Cali, je n’ai été agressé qu’une seule fois, alors que je marchais seul à 1h30 du matin dans le quartier touristique de San Antonio, j’ai clairement « donné de la papaye ». Malgré ça, je continue à marcher régulièrement, de jour comme de nuit. Je sors faire la fête, je vais à des remates (after party) avec des amis, je bois des verres avec mes voisins assis sur le trottoir, je voyage dans le pays en bus ou en voiture, je me promène à vélo, j’emporte mon laptop pour travailler à un café de mon quartier, j’aborde toutes sortes de sujets de conversations avec toutes sortes de gens. Cependant, il y a certaines zones que j’évite, des fois je prends un taxi pour faire quelques rues, des fois je laisse mon téléphone portable à la maison.

Certaines personnes de mon entourage qui vivent dans le pays depuis plusieurs années ont connu de petits soucis, comme de se faire voler le téléphone, mais dans l’ensemble tous vivent sans trop de préoccuper et tout se passe bien. Eux aussi sortent, se promènent, se baladent et vivent normalement.

Je remarque qu’il y aussi des petites différences entre Européens et Colombiens à l’heure de sortir et s’organiser pour la fête et que j’ai moi-même changé quelques habitudes. Il s’instaure une solidarité qui participe à la sécurité de chacun. On se donne rendez-vous pour aller ensemble à un lieu plutôt que de nous rencontrer sur place et on ne laisse personne s’en aller seul ou du moins sans s’assurer qu’il rentre avec un moyen de transport sûr. Finalement il est préférable et plus agréable d’être tous ensemble que d’arriver à l’heure, repartir plus rapidement ou vouloir faire un maximum d’activités.

Je constate aussi que la grande majorité des colombiens sont bienveillants, protecteurs entre eux mais aussi pour les étrangers et visiteurs. Mes voisins sont solidaires, m’ont très bien accepté dès le début et se soucient toujours qu’il ne m’arrive rien. S’ils remarquent une situation potentiellement dangereuse, même pour un passant, ils n’hésitent pas à intervenir.

 

Applications utiles

Chaque quartier compte sur des patrouilles motorisées de la police. Pour entrer en contact avec elles, où que vous vous trouviez, installer l’application du « Cuadrante amigo » (AndroidiOS) . L’application détermine votre localisation géographique et appelle automatiquement la patrouille la plus proche.

 

Utilisez une application pour appeler un transport sûr : Easytaxi (Android / iOS), Tappsi (Android  / iOS), Uber Android / iOS), Cabify (Android / iOS).

 

Pour déclarer un vol, ce qui pourrait être utile pour l’assurance, remplissez la déclaration en ligne.

 

J’espère que cet article vous aide à comprendre la situation actuelle et peut-être vous prépare à avoir la bonne attitude pour passer un séjour en toute sécurité. N’hésitez pas à partager votre expérience personnelle et conseils.

La prochaine fois que serez sur la route et verrez un militaire, levez le pouce pour le remercier de pouvoir voyager en toute sécurité (Viaje seguro)

Le tourisme en Colombie – Comment voyagent les colombiens

Le tourisme en Colombie – Comment voyagent les colombiens

Le tourisme a bien changé ces dernières années, non pas seulement pour les étrangers mais aussi pour les colombiens. Pendant longtemps il était risqué de voyager sur les routes et nombres d’entre eux ne se risquaient même plus à aller à leurs maisons de campagne (finca) à cause du risque d’enlèvement.

En 2003, un de mes élèves de l’alliance française à Cali m’a gentiment proposé de loger dans sa finca après avoir exprimé mon souhait de visiter Silvia, un village dans le Cauca. Personne de sa famille ne s’y était rendu depuis 3 ans mais ils avaient un gardien qui y logeait et en prenait soin. J’ai donc pu en profiter tranquillement pendant tout un week-end. 3 jours après mon retour à Cali j’apprenais aux nouvelles télévisées que les FARC avaient pris le contrôle de Silvia…

 

Cet article fait partie d’une petite série qui vise à conseiller les voyageurs selon les différents modes du tourisme en Colombie; Le Backpacker qui voyage en prenant son temps, le touriste qui passe par une agence, le colombien en vacances dans son pays et le tourisme médical.

 

Les routes sont maintenant beaucoup plus sûres, les compagnies aériennes proposent des vols bon marché et l’offre hôtelière a explosé. De plus, le pouvoir d’achat a augmenté tout comme la classe moyenne qui peut maintenant se permettre de voyager à l’extérieur du pays et aussi passer ses courtes vacances à la plage.

Certaines destinations ont toujours été à la mode, principalement celles à l’écart du conflit comme Carthagène, Santa Marta et l’île de San Andrés.

Suite à la dévaluation du peso (COP) qui a perdu 50% de sa valeur en un an, entre Août 2014 et Août 2015, les colombiens privilégient le tourisme national. Les hôtels voyaient justement une augmentation de leurs revenus de 8.8% cette année là. Le secteur touristique continue toujours à augmenter chaque année d’environ 4.5%, voir les statistiques ici. Aux destinations nationales toujours à la mode, ils ont rajoutés les villes de Bogotá, Medellín et Cali, notamment pour les nombreux évènements culturels, festivals de musique, danse et théâtre.

 

Les colombiens ne restent bien sûr pas seulement dans leur pays et profitent quand même de voyager à l’extérieur, d’autant plus que les restrictions sur leur passeport tombent peu à peu. Une heureuse conséquence des nombreux accords commerciaux que la Colombie a conclus ces dernières années avec par exemple l’Union Européenne (TLC accords de libre-échange). À la Floride depuis longtemps populaire se sont rajoutés Barcelone, Paris et Rome. Cancun est aussi devenu très à la mode dernièrement. Ce sont maintenant 120 pays et territoires qui acceptent le passeport colombien sans visa pour entrer en tant que touriste.

 

On trouve difficilement de bonnes statistiques sur la consommation des colombiens pour leurs voyages. On sait qu’ils dépensent environ 91 USD par jour lors de leurs vacances à l’étranger mais il n’y a pas de chiffres pour leurs vacances à l’intérieur. Un sondage réalisé en ligne en Juillet 2017 par Ofertia, un site de promotion de produits de consommation courante, indique qu’en moyenne ils dépensent 1’100’000 pesos par personne par voyage, transport inclus.

La grande majorité des colombiens ne font pas ou très peu d’économie, ils épargnent moins de 10% de leurs revenus, et aiment se faire plaisir quand ils peuvent. Ils auront donc tendances à choisir des hôtels confortables, bien manger et sortir faire la fête en contraste avec le backpacker occidental qui cherchera plutôt à économiser sur l’hôtel pour pouvoir prolonger son séjour.

 

Avec seulement 2 semaines de vacances par an, ils sont nombreux à profiter des jours fériés pour partir en balade (paseo), d’autant plus que ces jours sont habilement placé les lundis généralement pour permettre un long week-end de 3 jours. Sans compter Noel et Nouvel-an, ce sont 16 jours fériés. Ce sont là les occasions parfaites pour partir en famille ou amis à la finca. Tous les colombiens en connaissent à louer et certaines pages en font leur spécialité, comme Colfincas et Fincas De Turismo.

Le tourisme en Colombie – Passer par une agence de voyage

Le tourisme en Colombie – Passer par une agence de voyage

Comme vu précédemment, le tourisme est en plein boom en Colombie. Il y a encore seulement quelques années auparavant, rares étaient les agences touristiques européennes à proposer cette destination dans leurs catalogues. À l’heure actuelle, aucune ne veut s’en passer.

On voit une multiplication des agences et de l’offre thématique. Certaines agences se spécialisent dans une région, d’autres dans une activité (plongée, trekking), un thème (archéologie, culture indigène, salsa, café,…) ou alors proposent du sur-mesure, adapté à chaque visiteur.

Cet article fait partie d’une petite série qui vise à conseiller les voyageurs selon les différents modes du tourisme en Colombie; le Backpacker qui voyage en prenant son temps, le touriste qui passe par une agence, le colombien en vacances dans son pays et le tourisme médical.

 

Auparavant, pour préparer un voyage il fallait trouver une agence colombienne sur les guides du Lonely Planet ou du Petit Futé et les contacter directement. Maintenant, les agences européennes vendent des tours avec dates de départ préétablies pour groupes ou même couple. Mais les dérives ne se sont pas fait attendre très longtemps et nous pouvons déjà voir les abus. Dans un cas extrême la situation est la suivante; un couple paye un tour à une agence en France qui s’occupera de réserver les billets d’avion intercontinentaux et contacter l’agence partenaire en Colombie. Le partenaire réserve les hôtels, billets d’avions internes et contacte ses partenaires régionaux. Les partenaires engagent les guides pour la durée déterminée du séjour.

A priori il n’y a rien d’anormal là-dedans, juste une longue chaine de fournisseurs et organisateurs. Sauf qu’en réalité cela signifie payer très cher un tour à une agence pour se retrouver avec un guide peu qualifié et payé au lance-pierres. D’ailleurs, bien souvent avec ce système, les guides s’en sortent grâce au pourboire laissé en plus par les clients. Je précise que pas toutes les agences sont peu regardantes ou scrupuleuses mais c’est la tendance, chaque intermédiaire prend une commission et celui sur le terrain fait ce qu’il peut avec ce qu’il reste.

 

Malgré tout, les avantages de passer par une agence sont nombreux. Voyager en Colombie reste une aventure surtout si on ne maitrise pas l’espagnol et que le temps est compté. Une bonne agence vous fera découvrir les meilleurs endroits avec explications dans votre langue, choisiront des hôtels qu’ils connaissent et offrent un bon service et s’assureront qu’il n’y ait aucun contretemps. Ce service a forcément un prix.

 

Comment voyager dans le pays en passant par une agence de voyage

Pour éviter de mal tomber et s’assurer de passer par une bonne agence, voilà quelques conseils. Je laisse le soin à Alexis et Emilie, un couple de français, de nous aiguiller. Ils ont monté leur propre agence Couleurs Colombia et offre de séjours personnalisés, entièrement sur-mesure. Ils s’entretiennent par Skype avec les visiteurs pour les connaitre et pouvoir proposer un itinéraire correspondant aux attentes directes de ces derniers, en mettant à profit leur expérience et leurs connaissances du terrain. L’accompagnement est optionnel, toutes les réservations sont effectuées auprès des hôtels qu’ils connaissent, les guides attendent sur place et toutes les informations sont fournies pour se déplacer et visiter en toute liberté et simplicité. Bien sûr, Alexis et Emilie sont toujours disponibles pour offrir leur assistance sur place.

Couleur Colombia est unique en étant à mi-chemin entre l’agence de voyage et le backpacker. Ils ont des contacts dans tout le pays et ont bien vu comment fonctionne le tourisme actuellement. Je leur laisse donc donner leurs recommandations.

Les conseils d’Alexis et Emilie

Avant tout, il est important de prendre conscience que la Colombie est un pays très vaste, environ 2 fois la taille de la France, et dont la qualité et l’étendue du réseau routier sont très loin de celles rencontrées habituellement en Europe, les 3 cordillères traversant le pays n’apportant aucune facilité dans les connexions routières entre les différentes villes.

Bien souvent, des agences de voyages proposent donc des circuits incroyables de 2 semaines proposant un tour quasi-intégral de la Colombie, en ne tenant compte que des distances kilométriques. Il est important de savoir que dans certaines parties du pays, un tronçon de route de seulement 130km, selon l’état de la route et la météo du jour, peut représenter un trajet d’une durée de 5h, en général très agité car sur de la piste. Heureusement, d’autres parties du pays présentent de longues routes très convenables.

Les nombreux aéroports que compte la Colombie résolvent en général le problème des connexions, sans être une solution à tout. Certaines destinations voient leur offre aérienne très limitée (1 ou 2 vols par semaine), certains aéroports restent très éloignés des sites d’intérêts (souvent à 1 ou 2h de route) et dans certaines régions où les conditions météo sont souvent capricieuses, on voit décoller ou atterrir les avions au compte-goutte, avec beaucoup d’annulations.

Notre conseil le plus important serait donc d’apprendre à lire entre les lignes d’un programme mettant en avant la multitude et la diversité des régions promises. Ce genre de programme est bien entendu réalisable, mais sera destiné au voyageur privilégiant la quantité de photos qu’il va prendre sur la qualité de la découverte de la destination. Ce dernier passera la majeure partie de son temps dans les transports, là ou d’autres voyageurs peut-être moins gourmands auront diverses occasions de découvrir un peu plus des différentes facettes de la culture colombienne, propre à chaque région, en prenant le temps d’observer ou de participer à des scènes de vie. On ne peut pas visiter toute la Colombie en un seul voyage, autant donc prendre le temps de se laisser séduire par sa culture et ses habitants, ce sont d’ailleurs eux qui rendent ce pays si particulier et différent des autres. Une moyenne de 5 jours par région en comprenant les temps de trajet, visites et temps libres est selon nous un bon rapport qualité-temps pour ceux qui chercheront à associer vacances et découverte.

Concernant la qualité de vos visites, hébergements et guides, il est également important de se mettre dans le contexte touristique du pays. Le tourisme est relativement nouveau en Colombie, les visiteurs actuels (à part les backpackers qui y voyagent depuis bien longtemps avec leurs sac-à-dos) sont encore en quelque sorte des pionniers découvrant un pays encore non-touché par le tourisme de masse (qui ne tardera pas à arriver), les professionnels du tourisme ici sont encore dans une phase d’apprentissage de l’accueil touristique.

Ceci inclut que, parfois, les hébergements proposés ne seront pas forcément de première fraîcheur, l’offre hôtelière peut même se montrer très pauvre dans certaines régions, les petit-déjeuners seront plus souvent locaux que réellement continentaux (on proposera plus facilement des œufs brouillés-jambon que des croissants-confiture). Ne vous attendez pas à avoir automatiquement une carafe d’eau au restaurant ou du vin sur la carte, les colombiens sont surtout habitués à boire des jus de fruit frais durant les repas, ou des sodas. En revanche, un des côtés les plus positifs de la Colombie est que c’est vraiment le pays du service, et les gens que vous rencontrerez feront toujours tout leur possible pour répondre à votre demande (surtout si elle est faite avec le sourire) et vous rendre service, sans attente pécuniaire particulière. Par contre, laisser un pourboire est de rigueur en Colombie, surtout dans les restaurants. On laisse en général 10% de la valeur totale de la note au serveur. Ici les gens sont souvent payés au salaire minimum (environ 250€) qui est loin d’être suffisant pour vivre décemment, les pourboires ont donc une importance toute particulière et ne sont pas uniquement vus comme un « bonus ».

Les guides locaux ne sont pas toujours réellement formés ni professionnels, et ne parlent que rarement le français ou l’anglais, ce qui fera évidement une différence sur la facture des agences embauchant au moins cher pour mieux vendre. Il arrive même qu’un voyageur qui s’est personnellement bien informé en sache finalement plus sur la destination que le guide local engagé par l’agence, qui se montre finalement plus « local » que « guide ». Cependant nous vous rassurons, la majorité des colombiens que vous rencontrerez aiment leur pays et vous parleront de son histoire et sa culture avec une grande passion.

Sachez qu’aujourd’hui, le ministère du tourisme colombien demande à tous les professionnels du tourisme de s’inscrire dans un processus de certification qui implique de ne travailler qu’avec des guides inscrits eux-mêmes au Registre National du Tourisme (RNT). C’est un document ressemblant à un diplôme, délivré chaque année, que vous pouvez demander à consulter à chaque guide ou prestataire de service engagé par l’agence vous ayant vendu votre voyage.

De nombreuses personnes pensent encore qu’étant un pays d’Amérique Latine, la Colombie doit être un pays pauvre, et que l’on peut y voyager dans le confort le plus absolu sans que cela ne coûte cher. C’est faux. La Colombie ne fait pas partie du tiers-monde, c’est même la 4ème puissance économique latino-américaine. Alors oui, la vie y coûte relativement moins cher qu’en Europe, mais ne pensez pas voyager dans le luxe sans que cela ne se ressente sur le portefeuille, surtout sur des destinations comme Carthagène où les tarifs pratiqués sont parfois plus cher qu’en Europe.

 

Concernant la question de la « meilleure saison pour visiter la Colombie », la diversité de reliefs, d’écosystèmes et de latitudes que présente le pays fait que l’on peut rencontrer tout type de climats, et qu’à n’importe quel moment de l’année, il fait très chaud par endroits, il pleut dans d’autres, et de nombreuses régions montagneuses sont très tempérées par des altitudes raisonnables. Il n’y a donc pas une saison mieux qu’une autre pour venir, tout dépend dans quelles régions vous comptez vous rendre. Notamment, certaines périodes seront associées à des pics touristiques faisant monter les tarifs des hébergements, en général la semaine sainte (entre mars et avril), les mois de juillet-aout, et la fin du mois de décembre.

 

Si vous souhaitez découvrir la Colombie en passant par l’intermédiaire d’une agence, deux options s’offrent à vous :

 

  • Contacter une agence de voyage traditionnelle, que vous trouverez près de chez vous, ou une grande enseigne que vous trouverez facilement sur internet. L’avantage est que ces dernières vous proposeront des « packs » tout compris, éventuellement adaptables, billet d’avion et assurances inclus. En revanche, il est peu probable que la personne vous conseillant connaisse personnellement le terrain où elle s’apprête à vous envoyer et passera donc par une chaine d’agences intermédiaires pour rechercher les informations qui vous intéressent. L’inconvénient principal ici est que plus cette chaine sera longue, plus les informations risqueront de s’égarer ou de se déformer. C’est comme ça que certains voyagistes vous rassureront avec de simples trajets de seulement 150km qui en réalité se transformeront en 5h de montagnes russes.

 

  • L’autre option est de contacter directement une agence réceptive locale, directement située en Colombie. C’est cette même agence qui est à la fin de la chaine d’intermédiaires que contacte l’agence de voyage traditionnelle, et c’est elle-même qui organisera la quasi-intégralité de votre séjour. Aujourd’hui grâce à Internet, il est beaucoup plus facile de les trouver. L’avantage ici est que la personne vous conseillant vit directement sur le terrain, et c’est en général la personne la mieux placée pour vous aider à organiser votre séjour et répondre directement à vos questions. Avec un peu de chance, c’est même elle qui viendra vous accueillir à l’aéroport lors de votre arrivée, et elle vous aidera à préparer un vrai séjour sur-mesure. L’inconvénient ici est que toute l’organisation doit se faire à distance, ce qui requiert une certaine confiance de chaque côté, et vous devrez acheter votre billet d’avion et assurances de votre côté (pour les assurances annulation-perte de bagage-rapatriement, les cartes bancaires Visa Premier et MasterCard Gold incluent normalement automatiquement ces services).

 

Pour récapituler, que vous contactiez un type d’agence ou l’autre (aucun style n’est meilleur que l’autre), n’oubliez pas :

  • Il n’y a pas de questions idiotes, posez-en un maximum, c’est votre voyage qui se prépare. Un bon conseiller voyage saura se montrer patient et disponible.
  • Ne soyez pas trop gourmands sur le programme, ou vous risquez de passer la majeure partie de votre voyage dans les transports et chambres d’hôtels. la Colombie est un pays offrant une multitude de richesses géographiques et culturelles, mais la plus grande est dans le cœur de ses habitants.
  • La différence culturelle inclut une différence alimentaire, la gastronomie est différente de l’Europe mais présente ses propres richesses. N’ayez pas peur de goûter et de changer vos habitudes le temps d’un voyage
  • C’est le pays du service, les gens n’hésiteront pas à vous rendre service si vous le demandez gentiment, ce qui peut vite gommer certaines imperfections dans les infrastructures.
  • Ne vous attendez pas à voyager dans le luxe si vous n’y consacrez pas le budget correspondant. Ce n’est pas non plus une raison pour payer hors de prix un voyage dont les services ne sont pas à la hauteur.

 

N’hésitez pas à faire part de votre expérience et propres conseils. J’y répondrai avec plaisir dans la mesure du possible, sinon je laisserai le soin aux professionnels de le faire, d’ailleurs un grand merci à Alexis et Emilie de Couleurs Colombia d’avoir contribué à la rédaction de cet article.

Le tourisme en Colombie – Voyager en sac à dos

Le tourisme en Colombie – Voyager en sac à dos

Le tourisme est en plein boom en Colombie. Alors que le pays a longtemps été réservé aux aventuriers ou étrangers qui savaient où ils mettaient les pieds car reçus par des amis locaux, on assiste depuis 3-4 ans à un changement de grande envergure.

Cet article fait partie d’une petite série qui vise à conseiller les voyageurs selon les différents modes du tourisme en Colombie; le Backpacker qui voyage en prenant son temps, le touriste qui passe par une agence, le colombien en vacances dans son pays et le tourisme médical.

 

En 2010 la Colombie ne recevait même pas 1.5 millions de visiteurs alors que 2016 en a enregistré plus de 5 millions. C’est même plus que le Pérou avec ses 3.5 millions. Quand j’ai visité la Colombie en 2003, j’y suis resté 4 mois pour travailler comme professeur et c’était l’époque où Cali ne comptait que 2 hôtels de backpackers et le président Uribe instaurait les « cordons » de sécurité pendant les fêtes pour permettre de voyager sur les routes sans crainte d’attaques. On voyait alors un militaire chaque 300 mètres le long des routes principales. C’était aussi l’époque où les touristes étrangers prenaient l’avion en Equateur pour se rendre directement au Venezuela alors très à la mode.

À l’heure actuelle Cali compterait environ 80 hôtels de backpackers ici appelés hostales ou de mochileros et le pays en général verrait une augmentation de plus de 40% de l’offre hôtelière chaque année. Autant dire que les lieux d’intérêts touristiques comme Bogotá, Carthagène, Medellín, Cali, Santa Marta, Taganga, Salento, San Agustín pour ne citer que ceux-là sont déjà saturés d’hôtels.

 

Comment voyager dans le pays comme backpackers

Voilà plusieurs conseils pour celles et ceux qui veulent venir avec leur sac à dos, le guide dans la poche et un itinéraire plutôt flexible.

 

Pour commencer, la sécurité. Ce n’est pas parce que les FARC ont déposé les armes que le pays a résolu plus de 50 ans de violence. Le problème actuellement est le crime organisé et la criminalité commune, notamment dû à une production encore très importante de cocaïne et des inégalités très marquées. Dans les grandes villes, principalement dans les quartiers touristiques, faites attention à vos valeurs. Évitez de laisser des sacs hors de vue, même s’il est posé contre la chaise. Soyez prudents aussi avec le téléphone portable qui attire l’attention des voleurs et à l’inverse vous fait perdre la vôtre sur ce qui vous entoure.

Mais ne devenez pas paranos non-plus, ayez simplement les bonnes habitudes comme dans le reste de l’Amérique latine. C’est-à-dire de ne pas exhiber ses valeurs, ne pas se promener dans les quartiers louches et préférer prendre le taxi le soir venu, même si ce n’est parfois que pour quelques rues. Le plus simple encore est de demander à la réception de l’hôtel, ils vous informeront des zones dangereuses et des horaires à éviter.

Une expression bien connue est de ne pas donner de papaye (no dar papaya) qui signifie de ne pas donner d’occasions ou de motifs aux voleurs.

Apprenez plus sur la situation actuelle de la violence et la sécurité en Colombie.

 

La tenue vestimentaire. A la plage et pendant la journée, forcement on préfèrera une tenue légère et des tongs, surtout sur la côte ou même à Cali. Cependant on évitera le soir venu si on compte sortir. Je vois de plus en plus de touristes en tenue plage qui espèrent entrer en salsotecas ou bars. Les colombiens sont très vaniteux et soignent leur apparence, ils s’attendent donc que les visiteurs fassent de même. Pas besoin d’être en costard, mais un pantalon long, une chemise et des chaussures fermées pour les hommes feront l’affaire. Pour les femmes c’est plus simple, il faut juste éviter les tongs.

Pensez à prendre au moins une tenue élégante, si vous êtes invités au restaurant ou chez une famille, l’effort sera très apprécié.

 

L’eau est potable dans la grande partie du pays, mis à part sur les côtes caraïbe et pacifique et en Amazonie. Dans certaines zones encore, voire même dans certains quartiers, il n’est pas recommandé d’en boire, mais dans les villes et les lieux relativement touristiques il n’y a pas de problème. En cas de doute, l’eau en bouteille est bon marché. L’idéal est d’acheter des bidons de 5 litres pour remplir une gourde ou petite bouteille. Une autre solution est de bouillir l’eau quelques minutes et faire des réserves. Personnellement je bois toujours l’eau du robinet et n’ai jamais eu de problème mais je peux comprendre qu’on n’ait pas envie de prendre de risque quand le temps de vacances est court.

 

Planifiez vos trajets. La cordillère des Andes se divisent en 3 en arrivant en Colombie, ce qui rend les temps de voyage plutôt longs si on doit les traverser. Achetez vos tickets de bus en avance si vous prévoyez de voyager de nuit ou révisez les prix des compagnies aériennes low cost comme Viva Colombia ou Wingo. La compagnie nationale Avianca offre de bons prix aussi sur certains vols. Si vous n’avez pas d’horaires précis pour voyager en bus vous pouvez aller à la gare routière (terminal de bus) et choisir sur place. Les compagnies de bus fonctionnent bien, sont ponctuelles sur l’heure de sortie, bon marchés et ont différentes flottes. En voyageant en groupe vous pouvez facilement négocier une petite réduction.

 

Apprenez quelques mots d’espagnol. Les colombiens sont très patients, aimables et ouverts, donc il n’y a aucun problème ou aucune honte à avoir à ne pas bien savoir parler leur langue et d’essayer de toute manière. Par contre ils peuvent se sentir offensés si vous les abordez en anglais. Il est préférable de saluer en espagnol, tenter trois autres mots et finir en faisant des gestes que de compter sur une réponse en anglais. Vous pourrez avoir la surprise de tomber sur un anglophone mais laissez-leur l’initiative. D’ailleurs, dans les villes principales, vous pouvez vous joindre à des échanges linguistiques pour pratiquer les langues tout en faisant la fête, révisez les agendas culturels.

 

Évitez les généralités. La Colombie est un pays de milles facettes. Chaque région a une histoire différente et la cuisine, la musique, l’architecture, les traditions, les célébrations et l’origine ethnique changent. Pas tous les colombiens dansent la salsa et tant qu’on y est ne vous imaginez pas que tous vendent ou consomment de la drogue. Renseignez-vous sur les spécialités locales et les coutumes.

Gérez votre budget judicieusement. À proprement parler, la Colombie n’est pas un pays bon marché, quand même pas au niveau du Brésil ou l’Argentine qui sont plus chers, mais quand même plus que les voisins comme l’Équateur ou le Pérou. On peut facilement se limiter à une dépense de 8 Euros pour un dortoir et 6 Euros pour manger par jour mais dès que l’on veut profiter plus que du strict minimum les dépenses augmentent rapidement. Comptez environ 8’000 pesos pour un trajet en taxi, 10’000 pour un bon plat du jour, 5’000 pour une bière dans un bar, 60’000 pour une bouteille de rhum dans un club, 80’000 pour un repas à la carte pour deux personnes dans un bon restaurant. Les prix varient forcément d’une région à l’autre et de la classe sociale du lieu.

Cependant, ne faites pas l’erreur d’être trop prêt de vos sous et de perdre l’opportunité d’aller dans des lieux exceptionnels, de goûter des spécialités culinaires ou de rencontrer des gens en ne faisant aucune activités. Il est préférable de réduire le temps de voyage et de profiter à 100% plutôt que réduire les dépenses mais en ne vivant aucune expérience. Offrir un verre peut être le début d’une soirée inoubliable.

(Comment envoyer de l’argent en Colombie)

 

Entrez en contact. Il est très facile de parler avec les colombiens qui sont très ouverts et aimables. Ils prendront le temps, facilement vous inviteront à connaître leurs amis et même proposer de vous revoir pour une activité ou un prochain évènement. Avoir une apparence soignée facilite forcement le contact ainsi qu’avoir une certaine connaissance du pays pour éviter des discours ou remarques qui pourraient offenser. Toutefois, une minorité de colombiens peut avoir des intentions malsaines, comme de soutirer de l’argent ou carrément voler, donc ayez un peu de prudence et ne faîtes pas confiance trop rapidement.

Pour ceux qui aimeraient emmener une colombienne à dîner ou danser, attendez-vous à payer entièrement la note, c’est la coutume. En couple, les femmes peuvent participer aux dépenses si la situation financière le permet mais ne le feront pas lors des premiers rendez-vous. C’est le « rôle » de l’homme de subvenir, peut-être aussi une manière de voir s’il a les moyens de le faire.

 

Attention aux profiteurs dans les hôtels. Il y a beaucoup de gens qui gravitent autour des hôtels de backpackers et leurs intentions ne sont pas toujours claires. Certains font la promotion de cours de danse, de langues, de tours en chivas, visites touristiques, et il n’y a absolument rien de mal à ça. Mais on voit aussi certains qui sont juste là pour rencontrer du monde et boire un verre. En général ils n’ont jamais d’argent sur eux et se laissent inviter à sortir. Là encore, si le deal est clair depuis le début et qu’ils peuvent vous faire connaître des endroits sympathiques il n’y a pas de mal, mais certains vont plus loin. Après établir la confiance, ils font part de difficultés familiales, de besoin d’argent pour payer des frais médicaux ou des factures d’électricité en retard, voire peut-être pour payer le visa pour l’Europe, etc… Vrai ou pas, bien souvent la personne voit une « bonne âme » et n’a aucun plan ou intention de rendre l’argent que vous lui donneriez ou prêteriez. Si cela vous arrive parlez-en aux administrateurs de l’hôtel, qui bien souvent ne s’en rendent pas compte.

 

Évitez les drogues. Relativement facile à obtenir, consommer de la cocaïne n’est pas anodin. Déjà c’est un produit artificiel et toxique mais surtout son commerce est la source des nombreux problèmes de violence dans le pays. Les bandes criminelles se partagent les zones de ventes et entrent facilement en conflit. Aussi, les bénéfices élevés financent les balles qui terminent dans la tête des syndicalistes, protecteurs environnementaux, défenseurs des droits de l’homme et journalistes. Donc, en achetant vous alimentez ce système.

 

Le temps de séjour. En arrivant sur le territoire vous recevez une autorisation de 90 jours, appelée Permiso de Ingreso y Permanencia (PIP). Vous pouvez prolonger cette période de 90 jours supplémentaires en demandant le Permiso Temporal de Permanencia (PTP) auprès du département de migration (Migración Colombia). La durée maximum en tant que touriste est de 180 jours (PIP + PTP) par an. Cependant le compteur repart à zéro le 1er Janvier, donc techniquement en arrivant dans le pays en Juillet un touriste pourrait rester un an continu, en sortant juste une fois pendant au moins 24 heures aux alentours de Nouvel-an.

Faites attention d’être en règle pour ne pas vous exposer à une amende de 400’000 pesos.

 

Profitez de consulter les liens utiles de ce blog. Bonne visite.