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Les choses les plus surprenantes pour un Français en Colombie

Les choses les plus surprenantes pour un Français en Colombie

Pour un Européen vivant en Colombie, ou même de passage, il y a plusieurs choses qui peuvent surprendre sur la mentalité colombienne ou la vie quotidienne. Voilà les choses auxquels on se confronte régulièrement, certains aspects sont amusants, d’autres plus difficiles.

Sur le même sujet, lisez mon expérience du choc culturel.

 

L’amabilité

On pourrait penser que des décennies de violence rendraient les colombiens durs et froids, mais c’est en fait tout le contraire. Ils sont très aimables et courtois, les formes de politesse sont très importantes au moment de saluer ou dire au revoir. Les colombiens peuvent très facilement tutoyer une personne qu’ils viennent de connaître par sympathie et vouvoyer un proche comme marque de respect et d’affection.

Je trouve très amusante leur manière de demander plusieurs fois aux amis qu’ils rencontrent comment ils vont. Hola ¿Cómo vas? ¿Qué más? ¿Y cómo va todo? ¿Todo bien?

Même au téléphone et même pour des raisons professionnels, ils ne vont pas droit au but, les formes de politesse sont importantes.

 

Appeler ou demander pour obtenir une information

Le réflexe des colombiens est de demander. Pour trouver leur chemin ou les horaires d’ouverture ils vont demander à un passant ou appeler le magasin. C’est finalement plutôt logique, au lieu de perdre son temps mieux vaut se renseigner auprès de ceux qui savent. De plus, les informations écrites ne sont pas forcément fiables parce que pas mises à jour régulièrement.

Même si j’ai pris l’habitude de vérifier avant de me rendre à quelque part, c’est un point qui me pose encore problème. En tant que Suisse, j’ai été éduqué à chercher par moi-même et ne pas faire perdre le temps des autres. Demander alors que l’information est disponible quelque part donne l’impression d’être paresseux ou incapable de se débrouiller. C’est toujours un petit conflit personnel quand ma conjointe colombienne ou un ami me dit de demander avant même d’avoir eu le temps de commencer à chercher. Quand malgré tout je me mets à chercher d’abord, je fais face à une incompréhension voire raillerie.

 

Pas d’alcool avec le repas

Les colombiens sont fêtards et lèvent le coude facilement. Mais pas à table.

Ils n’ont pas la culture du vin et vont préférer un jus de fruits, une aguapanela (eau de canne à sucre avec citron), une boisson gazeuse ou juste de l’eau pour accompagner leurs repas. Les choses changent, les vins argentins et chiliens deviennent accessibles et le choix augmente. De plus en plus de gens y prennent goût, aiment déguster et découvrir leurs préférences.

Sachez cependant que si vous offrez une bouteille à vos hôtes lors d’une invitation à dîner, ils vont très probablement la ranger et ne l’ouvriront pas pour cette occasion, simplement car ils auront déjà prévu les boissons. Pour ne pas être frustré de boire du Coca-Cola alors que vous avez amené une bonne bouteille de vin, prévenez vos hôtes lors de l’invitation ou à votre arrivée. Dites-leurs que vous aimeriez partager cette « tradition française » d’assortir le repas avec du vin.

 

Tout peut changer à la dernière minute

Organiser et anticiper n’ont pas la même signification. Les colombiens n’aiment pas décevoir et voient comme très impolis de refuser une invitation. Ils préféreront inventer une excuse de dernière minute pour justifier un retard ou une annulation pour rester en bons termes.

Plutôt que de voir cela comme seulement négatif il faut aussi voir les avantages. Les Européens, nous aimons tout prévoir et mettre les petits plats dans les grands, mais cela limite toute flexibilité. Une fête, un repas ou un voyage, même familial, même pour Noël, laisse la place ouverte à quiconque jusqu’à la dernière minute. Les plans ne seront pas bousculés et la spontanéité est appréciée.

 

La musique

Depuis l’Europe on pourrait penser que la musique en Colombie se limite à la Salsa et la Pop tropical de Shakira. C’est en connaissant les différentes régions du pays qu’on en découvre l’incroyable diversité. Le Vallenato et la Champeta sur la côte Caraïbe, avec aussi ses variantes de danse que sont le Mapalé et Bullerengue. Aussi bien sûr, la Cumbia. Le Reggaetón avec ses artistes de reconnaissance mondiale. Le Tango très présent à Medellín, à côté du Punk depuis les années 1990. La musique du Pacifique, qui trouve peu à peu un écho dans le reste du continent et même en Europe, a son festival spécialement dédié, le Petronio Álvarez. La musique Andine a aussi son festival, le Mono Nuñez. Les ensembles d’instruments à cordes ont leur capitale à Ibagué et présentent de nombreux concerts toute l’année.

Lire les liens utiles pour plus d’artistes colombiens.

 

La pauvreté

Les inégalités sont tellement grandes qu’il est fréquent de voir des gens dormant dans la rue ou des mendiants espérant recevoir quelques pièces des clients d’un café.

Il y a aussi beaucoup de travaux informels, pas déclarés et sans protection sociale. Recycleurs faisant les poubelles en recherche de verre, aluminium, papier, etc. Gardiens surveillant les véhicules garés à l’extérieur. Personnes annotant les temps de passage des bus de transport privés pour indiquer l’écart entre deux bus de la même ligne. Vendeurs de timbres administratifs pour éviter les files d’attentes. Vendeurs de fruits et légumes dans la rue. Tout peut s’acheter dans la rue en fait ; articles ménagers, électronique, mirroirs

Malgré la difficulté, ce ne sont pas ces gens-là qui génèrent de l’insécurité. Lire aussi La violence et l’insécurité en Colombie

 

Les motels

Ce sont des hôtels qu’on loue à l’heure pour les couples. La Colombie est un pays traditionnel et religieux, les parents n’acceptent pas que le copain ou la copine de leur enfant dorme à la maison. Les couples vont donc dans ces hôtels spécialement aménagé pour eux et il y en a pour tous les styles et thématiques.

Mais le nombre particulièrement élevé de ces motels démontre surtout l’infidélité des colombien(ne)s. Les aventures extraconjugales sont plutôt communes et les motels sont les refuges de ces rencontres interdites. D’ailleurs, les entrées des motels sont des garages pour ne pas laisser la voiture a la vue de tous ou ne pas risquer de se faire voir en attendant le taxi.

 

Le transport

C’est un point problématique, a tous les niveaux. Alors que les colombiens prennent leur temps pour tout, sur la route c’est exactement le contraire. Ils n’ont aucune patience, changent constamment de voies et ne se soucient que de ce qu’il y a en face d’eux. Il y a quoi donner des sueurs froides et encore plus avec l’augmentation exponentielle des motos qui se faufilent partout.

Les piétons doivent être prudents pour traverser une rue. Déjà, les passages zébrés ne sont pas respectés et une moto peut surgir entre deux voitures. Ne soyez pas surpris de voir les voitures se coller pare-choque contre pare-choque dans les bouchons, ne laissant pas le passage piétons libre.

La Colombie est un des rares pays au monde à ne pas avoir de voies ferrées. À part deux ou trois lignes encore en fonctionnement, toutes les marchandises transitent par camions ce qui surcharge un réseau routier encore sous-développé. Attendez-vous à trainer derrière eux dans les côtes, aucun ne se déportera sur une aire de repos pour laisser passer les voitures.

Mais ce qui peut surprendre le plus, c’est le droit de griller les feux après 23h. Même si il y a une caméra, elle ne prendra pas de photo car ce n’est plus une infraction. La raison est plutôt triste car c’est en fait une mesure de sécurité de ne pas s’immobiliser au milieu de la nuit.

 

Les journées

Comme la Colombie est proche de l’Équateur, il n’y a pas de saison. Du coup il n’y a pas (ou disons très peu) de variation des horaires de lever et coucher du soleil. Toute l’année le jour se lève à 6 heures et se couche à 18 heures.

Les saisons rythment la vie et les journées qui s’allongent favorisent les activités en plein air. Ce n’est plus le cas ici et facilement on ne prête plus attention au temps qui passe parce que la nature ne meurt et ne renaît pas.

 

Les marchés

Mais comme il n’y a justement pas de « saison morte » la nature est très généreuse toute l’année. Les marchés sont remplis d’une très grande variété de fruits et légumes. De tous les goûts et toutes les couleurs, ils sont généralement économiques.

 

Livraison

Tout est livrable à domicile. Que ce soit par les livreurs de l’établissement, les taxis ou les services professionnels comme Domicilios.com, Rappi ou Mensajeros Urbanos tout arrive en moins de 40 minutes (normalement). Les restaurants bien entendu, mais aussi les pharmacies et supermarchés offrent ce service.

 

Où rencontrer des francophones en Colombie?

Où rencontrer des francophones en Colombie?

Cette question peut sembler absurde pour certains car en s’expatriant on cherche plutôt à connaître les gens du pays pour s’immerger complétement. Cependant, dans de nombreux cas, on peut avoir envie de se rapprocher de ses compatriotes. Celui qui ne maitrise pas l’espagnol appréciera de pouvoir parler sa langue maternelle et comme l’expatriation entraine bien souvent un choc culturel, seule une personne dans la même situation comprendra et pourra donner du réconfort.

Cependant, je crois que la meilleure raison est l’entraide. Trouver un travail, un logement ou démarrer une entreprise est difficile quand on ne connait pas encore le système. De plus, la Colombie fonctionne par réseau de connaissances et il est donc très important de construire le sien.

 

Donc voilà, l’idée est ici d’indiquer les lieux où rencontrer plus facilement des francophones, classé par villes. Forcément, la liste va grandement ressembler à un guide touristique pour cafés et restaurants français, mais c’est pour la simple raison qu’il n’existe pas de « clubs sociaux » en tant que tels. Ceci dit, il ne suffit pas d’être français et d’avoir un restaurant pour que cela devienne un point de rencontre de la communauté, cela dépend surtout à quel niveau la personne est intégrée.

Je commence par Cali, où je vis, mais aurai besoin d’aide pour les autres villes. Faites-moi part dans les commentaires de vos recommandations.

 

Français à Cali

Tostaky : cet hôtel de backpackers, le premier à San Antonio, a été fondé par Vincent, un français très intégré dans la communauté francophone qui profite de s’y réunir fréquemment, dans le café de l’hôtel.

Ouvert tous les jours. Carrera 10 # 1-76

Biscuit : une crêperie traditionnelle tenue par un couple franco-colombien. Bien que situé dans le quartier hype de Granada, les prix sont abordables et ont l’avantage d’avoir une terrasse très agréable. Avant de vous y rendre, faites connaissance avec Laurence en visitant son blog « Une parisienne à Cali ».

Ouvert de Lundi à Samedi. Avenida 9A # 14N-73

– À noter aussi La Cocotte de Remi et Carolina et La Table Des Vins de Mickaël.

Quartier La Flora : Le lycée français Paul Valery se situe dans le quartier de La Flora, beaucoup de professeurs ont donc choisi de s’y établir.

 

Français à Bogotá

A Seis Manos : Au centre-ville, dans le quartier de Santa Fé, se trouve ce restaurant et centre culturel tenu par 2 français et un colombien. Très populaire auprès de la communauté française pour se rencontrer, prendre un verre et profiter de concerts, expos, échanges linguistiques, ateliers, …

Ouvert de Lundi à Samedi. Calle 22 # 8-60

Bogotá Accueil : Une association fondée en 1989 déjà par un groupe de françaises expatriées à une époque tendue et dangereuse, voulant offrir aide et soutien pour une meilleure intégration. L’association compte de nombreux membres et organise régulièrement des activités. Elle a aussi mis en place un accueil spécialisé pour les familles adoptantes.

Ouvert le Lundi de 10h à 12h (calendrier scolaire) à l’Ambassade de France. Carrera 11 # 93-12

Quartiers Chicó Norte et Retiro : Proche du lycée français Louis Pasteur, au Nord de la ville, c’est une zone très vivante et très agréable.

 

Français à Medellín

Café Cliché : se décrit lui-même comme un « coin français ». Café-restaurant à Laureles proposant des plats français et internationaux ainsi qu’un centre culturel pour assister à des séances de ciné, expos, ateliers et échanges linguistiques. La communauté française s’y rend fréquemment.

Ouvert de Mardi à Samedi. Carrera 76 # 41-41

El Alternativo : un hôtel dans le quartier de Manila tenu par Fabrice et Nina, un couple franco-colombien. C’est le café de l’hôtel qui attire la communauté.

Ouvert tous les jours. Carrera 43E # 11A-13

– À noter aussi Monsieur Burger de Nicolas.

 

Lycées et Alliances Françaises

Forcément, les lieux d’enseignements permettent de rencontrer d’autres francophones. De plus, ils organisent régulièrement des événements culturels. Cherchez celui de votre ville et suivez leurs activités.

Il y a des lycées à Bogotá, Cali, Pereira et Medellín. Les Alliances se trouvent à Armenia, Barranquilla, Bogotá, Bucaramanga, Cali, Carthagène, Cúcuta, Manizales, Medellín, Pereira, Popyán, Santa Marta et Tunja.

 

Sur internet

Rejoignez des groupes sur Facebook pour communiquer directement avec toute la communauté.

La France en Colombie compte près de 9’000 membres. Francais à Bogotá avec 1’200 membres. Francais et Francophones de Cali avec près de 200 membres. Francais et Francophones de Medellín avec 900 membres. Francais et Francophones de Barranquilla avec 300 membres.

 

Partagez vos informations pour les autres ville; Barranquilla, Carthagène, Santa Marta, … et pour celles déjà citées, il doit en manquer beaucoup pour Bogotá.

Choc culturel en Colombie

Choc culturel en Colombie

Presque obligatoirement en allant s’établir dans un autre continent, on expérimente un choc culturel. Que l’expatriation soit temporaire ou définitive, en vivant au même rythme que la population d’un autre pays, nous passons par 3 phases ; l’émerveillement de découvrir une autre culture avec d’autres richesses, la frustration de ne pas être en accord avec certains aspects du nouveau mode de vie et l’adaptation qui nous amène à accepter un nouveau style et nous entraine à réfléchir comme les locaux.

Chaque phase a une durée variable, tout dépend de la sensibilité, capacité d’adaptation et expérience de vie propre à chacun. D’ailleurs le processus peut aussi être interrompu dans le cas d’un retour anticipé.

 

Généralement on s’attend à un choc culturel en arrivant en Colombie depuis l’Europe mais sans pouvoir en anticiper les raisons. En surface beaucoup de choses sont communes ; une langue latine comme le français, une même religion catholique, une cuisine très accessible avec des ingrédients connus, une constitution inspirée de la constitution française, des musiques largement diffusées internationalement, mais dans le fond les différences existent. Personnellement la deuxième phase m’est arrivée presque 3 ans seulement après mon installation et a duré un peu plus d’une année avant de m’adapter pleinement.

 

1ère phase

En fait, je connaissais déjà bien la Colombie pour y avoir passé 4 mois en 2003, puis y être revenu de nombreuses fois avant de m’y établir. J’avais donc déjà des amis, je parlais suffisamment bien la langue, je dansais également la salsa et avais déjà plutôt l’habitude de me débrouiller à l’étranger. J’ai pu profiter assez longuement de ma phase d’émerveillement. Pour la premièrement fois je devenais entrepreneur indépendant, je n’avais plus de patron ni d’horaires. J’appréciais de vivre l’été toute l’année, avec les fenêtres grandes ouvertes jour et nuit. Des produits frais toute l’année également, notamment des fruits chaque jour. Des plats du jour bon marché dans mon quartier. Les gens chaleureux et enthousiastes.

Certaines personnes sont rapidement affectées et déstabilisées par la pauvreté visible, les indigentes qui dorment dans la rue, les recycleurs qui fouillent les poubelles, les mendiants qui accostent les clients des restaurants. Le bruit de la circulation ou la musique trop forte peuvent devenir vite pesants aussi. L’effort de parler une autre langue plus longtemps que juste pendant les vacances peut devenir frustrant, à devoir se répéter constamment ou à l’inverse faire répéter, ne pas comprendre les blagues. Ces tracas du quotidien peuvent déjà provoquer un choc, encore plus en arrivant seul. Ce n’était donc pas mon cas, j’étais déjà préparé à cette facette du pays.

 

Je travaillais dans le tourisme médical et mes clients étaient occidentaux, donc là aussi je n’étais pas spécialement confronté aux aspects plus pénibles du monde professionnel. Par exemple le manque de ponctualité, recevoir une réponse positive alors que réellement elle est négative, se confronter aux exigences d’un marché aux règles différentes. Je profitais aux contraire de l’enthousiasme des colombiens pour l’entrepreneuriat, d’autant plus que je promouvais un secteur qui est source de fierté pour le pays.

Le travail peut déclencher un choc culturel, par rapport aux conditions bien différentes. Il y a peu de protection sociale, souvent les contrats sont à durée limitée, même pour les professeurs d’universités à un semestre ou une année, les heures de présence avec des semaines à 48 heures et seulement 2 semaines de vacances par an. Le monde professionnel colombien a plutôt tendance à favoriser la présence à la productivité, qui est exactement la logique inverse de l’Europe. La France octroie le droit à la déconnexion, un employé n’est pas obligé de consulter ses emails ou répondre à une sollicitude en dehors des heures de bureau, ce qui est mal perçu ici.

 

2ème phase

En fait, mon choc culturel est arrivé à la suite de plusieurs changements. J’étais redevenu célibataire après un an et demi d’une relation très compliquée et souvent irrationnelle. Je plafonnais avec le tourisme médical et avais décidé de passer à autre chose. J’avais lancé un agenda culturel et avais des difficultés à le faire connaître et trouver des clients.

Bref, le choc est arrivé en me rendant compte que ma méthode n’était pas efficace et que je devais me remettre en question, tant sur le plan privé que professionnel. En faisant cette démarche, en cherchant à comprendre mes erreurs, j’ai aussi été confronté à ma méconnaissance de la société colombienne. Il y a des règles de langage, d’apparence, de projection que je ne maitrisais pas et l’enthousiasme des colombiens masquait surtout une gêne de m’expliquer que je me trompais. Il me semblait alors que la forme primait sur le fond, que le superficiel comptait plus que la valeur réelle, que la confiance est un luxe qui ne se donne pas et que l’hypocrisie passe avant tout.

 

Il m’a fallu bien une année pour connaître les nouvelles règles et m’adapter. Par exemple, je visitais les hôtels de la ville pour leurs laisser de la publicité et je faisais la tournée à vélo. Ce qui pour un européen donnerait une image sportive, dynamique, saine, écologique mais surtout efficace et économique est vue comme pauvre et déstructuré par un colombien. Il aurait fallu aller en voiture habillé en businessman, quitte à prendre le double du temps et dépenser de l’argent en stationnement, pour projeter une image de grande entreprise. C’est aussi une manière de démontrer une plus grande stabilité, face aux petits entrepreneurs qui apparaissent et disparaissent. Mais ça, personne n’avait osé me le dire avant, seulement après avoir arrêté de le faire. J’ai aussi fait lire des emails et demandé si la forme était correcte, pour finalement apprendre que certaines tournures de phrase n’étaient pas appropriées, qu’elles semblaient froides, autoritaires, trop directes. Ce n’était évidemment pas le but et un colombien, même mis en copie, ne va pas spontanément le signaler par crainte d’offenser.

Au niveau personnel, je me suis même remis en couple plus tard avec la personne pour malheureusement voir que les beaux discours ne changent rien et qu’il faut accepter de voir les gens comme ils sont réellement pour pouvoir tourner définitivement la page.

 

3ème phase

Encore maintenant je peux commettre des erreurs mais au moins cette période de doute, d’incompréhension et de frustration est passée et j‘ai pu entrer dans la troisième phase. J’ai accepté que tout ne va pas fonctionner à ma manière et que je doive m’adapter.

 

Le terme choc culturel englobe finalement beaucoup d’aspects, de causes et de raisons. C’est important de savoir qu’il peut arriver très tôt ou très tard, je crois même qu’il peut arriver plusieurs fois, et qu’il est bon de ne pas s’isoler et de le partager avec son entourage. Le plus probable est que d’autres expatriés aient leurs expériences à partager.

 

Le tourisme en Colombie – Passer par une agence de voyage

Le tourisme en Colombie – Passer par une agence de voyage

Comme vu précédemment, le tourisme est en plein boom en Colombie. Il y a encore seulement quelques années auparavant, rares étaient les agences touristiques européennes à proposer cette destination dans leurs catalogues. À l’heure actuelle, aucune ne veut s’en passer.

On voit une multiplication des agences et de l’offre thématique. Certaines agences se spécialisent dans une région, d’autres dans une activité (plongée, trekking), un thème (archéologie, culture indigène, salsa, café,…) ou alors proposent du sur-mesure, adapté à chaque visiteur.

Cet article fait partie d’une petite série qui vise à conseiller les voyageurs selon les différents modes du tourisme en Colombie; le Backpacker qui voyage en prenant son temps, le touriste qui passe par une agence, le colombien en vacances dans son pays et le tourisme médical.

 

Auparavant, pour préparer un voyage il fallait trouver une agence colombienne sur les guides du Lonely Planet ou du Petit Futé et les contacter directement. Maintenant, les agences européennes vendent des tours avec dates de départ préétablies pour groupes ou même couple. Mais les dérives ne se sont pas fait attendre très longtemps et nous pouvons déjà voir les abus. Dans un cas extrême la situation est la suivante; un couple paye un tour à une agence en France qui s’occupera de réserver les billets d’avion intercontinentaux et contacter l’agence partenaire en Colombie. Le partenaire réserve les hôtels, billets d’avions internes et contacte ses partenaires régionaux. Les partenaires engagent les guides pour la durée déterminée du séjour.

A priori il n’y a rien d’anormal là-dedans, juste une longue chaine de fournisseurs et organisateurs. Sauf qu’en réalité cela signifie payer très cher un tour à une agence pour se retrouver avec un guide peu qualifié et payé au lance-pierres. D’ailleurs, bien souvent avec ce système, les guides s’en sortent grâce au pourboire laissé en plus par les clients. Je précise que pas toutes les agences sont peu regardantes ou scrupuleuses mais c’est la tendance, chaque intermédiaire prend une commission et celui sur le terrain fait ce qu’il peut avec ce qu’il reste.

 

Malgré tout, les avantages de passer par une agence sont nombreux. Voyager en Colombie reste une aventure surtout si on ne maitrise pas l’espagnol et que le temps est compté. Une bonne agence vous fera découvrir les meilleurs endroits avec explications dans votre langue, choisiront des hôtels qu’ils connaissent et offrent un bon service et s’assureront qu’il n’y ait aucun contretemps. Ce service a forcément un prix.

 

Comment voyager dans le pays en passant par une agence de voyage

Pour éviter de mal tomber et s’assurer de passer par une bonne agence, voilà quelques conseils. Je laisse le soin à Alexis et Emilie, un couple de français, de nous aiguiller. Ils ont monté leur propre agence Couleurs Colombia et offre de séjours personnalisés, entièrement sur-mesure. Ils s’entretiennent par Skype avec les visiteurs pour les connaitre et pouvoir proposer un itinéraire correspondant aux attentes directes de ces derniers, en mettant à profit leur expérience et leurs connaissances du terrain. L’accompagnement est optionnel, toutes les réservations sont effectuées auprès des hôtels qu’ils connaissent, les guides attendent sur place et toutes les informations sont fournies pour se déplacer et visiter en toute liberté et simplicité. Bien sûr, Alexis et Emilie sont toujours disponibles pour offrir leur assistance sur place.

Couleur Colombia est unique en étant à mi-chemin entre l’agence de voyage et le backpacker. Ils ont des contacts dans tout le pays et ont bien vu comment fonctionne le tourisme actuellement. Je leur laisse donc donner leurs recommandations.

Les conseils d’Alexis et Emilie

Avant tout, il est important de prendre conscience que la Colombie est un pays très vaste, environ 2 fois la taille de la France, et dont la qualité et l’étendue du réseau routier sont très loin de celles rencontrées habituellement en Europe, les 3 cordillères traversant le pays n’apportant aucune facilité dans les connexions routières entre les différentes villes.

Bien souvent, des agences de voyages proposent donc des circuits incroyables de 2 semaines proposant un tour quasi-intégral de la Colombie, en ne tenant compte que des distances kilométriques. Il est important de savoir que dans certaines parties du pays, un tronçon de route de seulement 130km, selon l’état de la route et la météo du jour, peut représenter un trajet d’une durée de 5h, en général très agité car sur de la piste. Heureusement, d’autres parties du pays présentent de longues routes très convenables.

Les nombreux aéroports que compte la Colombie résolvent en général le problème des connexions, sans être une solution à tout. Certaines destinations voient leur offre aérienne très limitée (1 ou 2 vols par semaine), certains aéroports restent très éloignés des sites d’intérêts (souvent à 1 ou 2h de route) et dans certaines régions où les conditions météo sont souvent capricieuses, on voit décoller ou atterrir les avions au compte-goutte, avec beaucoup d’annulations.

Notre conseil le plus important serait donc d’apprendre à lire entre les lignes d’un programme mettant en avant la multitude et la diversité des régions promises. Ce genre de programme est bien entendu réalisable, mais sera destiné au voyageur privilégiant la quantité de photos qu’il va prendre sur la qualité de la découverte de la destination. Ce dernier passera la majeure partie de son temps dans les transports, là ou d’autres voyageurs peut-être moins gourmands auront diverses occasions de découvrir un peu plus des différentes facettes de la culture colombienne, propre à chaque région, en prenant le temps d’observer ou de participer à des scènes de vie. On ne peut pas visiter toute la Colombie en un seul voyage, autant donc prendre le temps de se laisser séduire par sa culture et ses habitants, ce sont d’ailleurs eux qui rendent ce pays si particulier et différent des autres. Une moyenne de 5 jours par région en comprenant les temps de trajet, visites et temps libres est selon nous un bon rapport qualité-temps pour ceux qui chercheront à associer vacances et découverte.

Concernant la qualité de vos visites, hébergements et guides, il est également important de se mettre dans le contexte touristique du pays. Le tourisme est relativement nouveau en Colombie, les visiteurs actuels (à part les backpackers qui y voyagent depuis bien longtemps avec leurs sac-à-dos) sont encore en quelque sorte des pionniers découvrant un pays encore non-touché par le tourisme de masse (qui ne tardera pas à arriver), les professionnels du tourisme ici sont encore dans une phase d’apprentissage de l’accueil touristique.

Ceci inclut que, parfois, les hébergements proposés ne seront pas forcément de première fraîcheur, l’offre hôtelière peut même se montrer très pauvre dans certaines régions, les petit-déjeuners seront plus souvent locaux que réellement continentaux (on proposera plus facilement des œufs brouillés-jambon que des croissants-confiture). Ne vous attendez pas à avoir automatiquement une carafe d’eau au restaurant ou du vin sur la carte, les colombiens sont surtout habitués à boire des jus de fruit frais durant les repas, ou des sodas. En revanche, un des côtés les plus positifs de la Colombie est que c’est vraiment le pays du service, et les gens que vous rencontrerez feront toujours tout leur possible pour répondre à votre demande (surtout si elle est faite avec le sourire) et vous rendre service, sans attente pécuniaire particulière. Par contre, laisser un pourboire est de rigueur en Colombie, surtout dans les restaurants. On laisse en général 10% de la valeur totale de la note au serveur. Ici les gens sont souvent payés au salaire minimum (environ 250€) qui est loin d’être suffisant pour vivre décemment, les pourboires ont donc une importance toute particulière et ne sont pas uniquement vus comme un « bonus ».

Les guides locaux ne sont pas toujours réellement formés ni professionnels, et ne parlent que rarement le français ou l’anglais, ce qui fera évidement une différence sur la facture des agences embauchant au moins cher pour mieux vendre. Il arrive même qu’un voyageur qui s’est personnellement bien informé en sache finalement plus sur la destination que le guide local engagé par l’agence, qui se montre finalement plus « local » que « guide ». Cependant nous vous rassurons, la majorité des colombiens que vous rencontrerez aiment leur pays et vous parleront de son histoire et sa culture avec une grande passion.

Sachez qu’aujourd’hui, le ministère du tourisme colombien demande à tous les professionnels du tourisme de s’inscrire dans un processus de certification qui implique de ne travailler qu’avec des guides inscrits eux-mêmes au Registre National du Tourisme (RNT). C’est un document ressemblant à un diplôme, délivré chaque année, que vous pouvez demander à consulter à chaque guide ou prestataire de service engagé par l’agence vous ayant vendu votre voyage.

De nombreuses personnes pensent encore qu’étant un pays d’Amérique Latine, la Colombie doit être un pays pauvre, et que l’on peut y voyager dans le confort le plus absolu sans que cela ne coûte cher. C’est faux. La Colombie ne fait pas partie du tiers-monde, c’est même la 4ème puissance économique latino-américaine. Alors oui, la vie y coûte relativement moins cher qu’en Europe, mais ne pensez pas voyager dans le luxe sans que cela ne se ressente sur le portefeuille, surtout sur des destinations comme Carthagène où les tarifs pratiqués sont parfois plus cher qu’en Europe.

 

Concernant la question de la « meilleure saison pour visiter la Colombie », la diversité de reliefs, d’écosystèmes et de latitudes que présente le pays fait que l’on peut rencontrer tout type de climats, et qu’à n’importe quel moment de l’année, il fait très chaud par endroits, il pleut dans d’autres, et de nombreuses régions montagneuses sont très tempérées par des altitudes raisonnables. Il n’y a donc pas une saison mieux qu’une autre pour venir, tout dépend dans quelles régions vous comptez vous rendre. Notamment, certaines périodes seront associées à des pics touristiques faisant monter les tarifs des hébergements, en général la semaine sainte (entre mars et avril), les mois de juillet-aout, et la fin du mois de décembre.

 

Si vous souhaitez découvrir la Colombie en passant par l’intermédiaire d’une agence, deux options s’offrent à vous :

 

  • Contacter une agence de voyage traditionnelle, que vous trouverez près de chez vous, ou une grande enseigne que vous trouverez facilement sur internet. L’avantage est que ces dernières vous proposeront des « packs » tout compris, éventuellement adaptables, billet d’avion et assurances inclus. En revanche, il est peu probable que la personne vous conseillant connaisse personnellement le terrain où elle s’apprête à vous envoyer et passera donc par une chaine d’agences intermédiaires pour rechercher les informations qui vous intéressent. L’inconvénient principal ici est que plus cette chaine sera longue, plus les informations risqueront de s’égarer ou de se déformer. C’est comme ça que certains voyagistes vous rassureront avec de simples trajets de seulement 150km qui en réalité se transformeront en 5h de montagnes russes.

 

  • L’autre option est de contacter directement une agence réceptive locale, directement située en Colombie. C’est cette même agence qui est à la fin de la chaine d’intermédiaires que contacte l’agence de voyage traditionnelle, et c’est elle-même qui organisera la quasi-intégralité de votre séjour. Aujourd’hui grâce à Internet, il est beaucoup plus facile de les trouver. L’avantage ici est que la personne vous conseillant vit directement sur le terrain, et c’est en général la personne la mieux placée pour vous aider à organiser votre séjour et répondre directement à vos questions. Avec un peu de chance, c’est même elle qui viendra vous accueillir à l’aéroport lors de votre arrivée, et elle vous aidera à préparer un vrai séjour sur-mesure. L’inconvénient ici est que toute l’organisation doit se faire à distance, ce qui requiert une certaine confiance de chaque côté, et vous devrez acheter votre billet d’avion et assurances de votre côté (pour les assurances annulation-perte de bagage-rapatriement, les cartes bancaires Visa Premier et MasterCard Gold incluent normalement automatiquement ces services).

 

Pour récapituler, que vous contactiez un type d’agence ou l’autre (aucun style n’est meilleur que l’autre), n’oubliez pas :

  • Il n’y a pas de questions idiotes, posez-en un maximum, c’est votre voyage qui se prépare. Un bon conseiller voyage saura se montrer patient et disponible.
  • Ne soyez pas trop gourmands sur le programme, ou vous risquez de passer la majeure partie de votre voyage dans les transports et chambres d’hôtels. la Colombie est un pays offrant une multitude de richesses géographiques et culturelles, mais la plus grande est dans le cœur de ses habitants.
  • La différence culturelle inclut une différence alimentaire, la gastronomie est différente de l’Europe mais présente ses propres richesses. N’ayez pas peur de goûter et de changer vos habitudes le temps d’un voyage
  • C’est le pays du service, les gens n’hésiteront pas à vous rendre service si vous le demandez gentiment, ce qui peut vite gommer certaines imperfections dans les infrastructures.
  • Ne vous attendez pas à voyager dans le luxe si vous n’y consacrez pas le budget correspondant. Ce n’est pas non plus une raison pour payer hors de prix un voyage dont les services ne sont pas à la hauteur.

 

N’hésitez pas à faire part de votre expérience et propres conseils. J’y répondrai avec plaisir dans la mesure du possible, sinon je laisserai le soin aux professionnels de le faire, d’ailleurs un grand merci à Alexis et Emilie de Couleurs Colombia d’avoir contribué à la rédaction de cet article.