Catégorie : Visiter

Le marché de la bière en Colombie

Le marché de la bière en Colombie

Les colombiens aiment la bière et en consomment beaucoup. Depuis des décennies, le marché est contrôlé et dominé par un seul groupe, Bavaria SA, qui produit 14 bières nationales et en importe 6 de plus. Il détient de ce fait 98% du marché.

En 1992 est apparu la première microbrasserie. Par la suite, la Bogotá Beer Company (BBC) est devenu un producteur incontournable avec ses bières raffinées vendues dans ses propres bars. Elle a ouvert la voie à de nombreux artisans qui s’y mettent aussi avec plus ou moins de succès.

Voilà un résumé de l’histoire de la bière en Colombie, les grandes marques, les bières artisanales et la consommation moyenne.

 

Petite histoire de la bière en Colombie

La source principale pour la rédaction de cet article vient d’un excellent article, très complet, en espagnol intitulé Historia de la cerveza en Colombia. J’en fais ici la synthèse.

 

Les débuts

L’orge est arrivée en Colombie en 1539, peu de temps en somme après le début de la colonisation, et laisse penser que c’était déjà dans le but de produire de la bière. Le tout premier registre officiel d’une brasserie date de 1826 à Bogotá avec la Cervecería Meyer. Les décennies suivantes ont vues l’apparition de plusieurs basseries dans différentes régions du pays. En 1889, les frères Leo Siegfried et Emile Kopp, immigrés allemands, s’associent aux frères Santiago et Carlos Arturo Castello pour acheter un terrain, construire une brasserie moderne appelée Bavaria Kopp’s Deustche Brauerei qui, au fil du temps et de nombreux changements deviendra Bavaria SA.  C’est d’ailleurs à cette époque que l’industrialisation avec l’importation de machineries importées d’Europe, permet de meilleures productions et garantir la stabilité du produit. En 1900, le pays comptait officiellement une centaine de brasseries.

Brasserie Kopp Bavaria bogota 1900

L’industrialisation

La famille Kopp développe une réelle industrie brassicole en promouvant la culture de l’orge auprès des agriculteurs locaux tout en garantissant un bon prix d’achat pour ne plus dépendre des importations. Ils obtiennent peu à peu une fabrique de verre, des mines de charbons, leurs propres cultures d’orge, agrandissent la brasserie et commence même à acquérir d’autres brasseries plus modestes.

Les grandes brasseries industrielles reçurent même de l’aide du gouvernement qui cherchait à lutter contre la chicha, boisson fermentée de maïs. La chicha, boisson ancestrale andine, était très populaire auprès de la classe ouvrière et paysanne qui la produisait artisanalement. Officiellement, la propagande à son encontre stigmatisait le manque d’hygiène mais dans les faits, le gouvernement n’appréciait pas cette boisson produite localement à bas coût, qui ne générait pas de revenus par impôts. La production de chicha était même largement supérieure à celle de la bière. En 1910, la production à Bogotá représentait 1’000’000 de litres par mois alors que celle de la bière était de seulement 180’000 litres.

Bière « plus de Chicha »

La crise mondiale

Les petites et moyennes brasseries ont de la peine à suivre le rythme face aux brasseries industrielles qui grandissent de plus en plus. La crise économique mondiale de 1929 accélère la chute des petites brasseries et obligent les grandes à former des alliances ou fusions pour subsister. Les deux plus grands brasseurs s’unissent pour devenir le Consorcio de Cervecerías Bavaria S.A., acquièrent plusieurs brasseries dans plusieurs villes jusqu’à devenir l’entreprise la plus grande de Colombie en seulement 3 ans.

Les brasseries « indépendantes » qui survivent la crise ou celles qui apparaissent par la suite tiennent le coup tant qu’elles sont en dehors des zones de concurrences avec le groupe Bavaria.

Les brasseries de Barranquilla, qui produisent la fameuse bière Águila ne résistent pas et passent en main de Julio Mario Santo Domingo.

Fin de l’influence allemande

Les immigrés et investisseurs allemands ont beaucoup participé au développement de l’industrie brassicole colombienne. Bavaria était toujours en mains allemandes et aussi hollandaises quand la 2ème guerre mondiale éclate. Avec l’entrée des États-Unis dans le conflit, le gouvernement colombien s’est vu obliger de brider l’influence des ressortissants de pays européens passés sous contrôle nazi. Les dirigeants, ingénieurs et travailleurs d’origine allemande durent s’en aller et les actions ont été revendues à bas prix. Bavaria devient 100% colombienne et les nouveaux actionnaires démarrent une campagne économique agressive du marché jusqu’à détenir 19 brasseries dans 18 villes à l’année 1959.

Le monopole

Au début des années 1960, les affaires de Bavaria sont tellement florissantes que le groupe diversifie ses activités, investis à l’étranger et cherchent à exporter ses produits, en commençant avec la bière Club Colombia aux États-Unis. La direction se fixe comme objectif la domination totale du marché national de la bière en rachetant ses 3 derniers concurrents à n’importe quel prix. Julio Mario Santo Domingo, propriétaires des brasseries de Barranquilla, négocia de manière très habile en vendant non-pas pour de l’argent mais contre 20% des actions de Bavaria. En rachetant en sous-main les parts de milliers d’actionnaires de Bavaria il réussit à en devenir l’actionnaire majoritaire et, de ce fait, le nouveau propriétaire. Le petit poisson a mangé le gros.

En 1975, Santo Domingo et Bavaria rachète le dernier concurrent pour s’approprier quasiment le 100% du marché national colombien de la bière.

Par la suite, il y aura des tentatives d’incursion du marché, notamment en 1992 quand Ardila Lülle, propriétaire de Postobon, construit la brasserie Cervecería Leona S.A.. L’essai sera infructueux puisque qu’elle n’aura pas le succès escompté et passera dans le groupe Bavaria en 2000.

En 2004, Bavaria détient le marché colombien, panaméen, équatorien et péruvien. C’est le 2ème plus grand producteur d’Amérique du Sud et le 10ème au niveau mondial. En 2005, elle fusionne avec SABMiller, groupe Anglo-sud-africain et en 2016 entre dans le groupe AB InBev, premier groupe mondiale de la bière.

La fin du monopole ?

Ardila Lülle n’a pas dit son dernier mot et refait une tentative d’entrée sur le marché. Cette fois il n’est plus tout seul et s’est associé en 2014 aux marques Heineken, CoorsLight, Tecate et Sol, tout d’abord pour distribuer les bières mais surtout pour les produire dès 2018 dans une brasserie spécialement construite à ce but. À l’heure actuelle les ventes représentent 2% du marché national et sont tablées pour s’emparer du 15%.

 

Les micro-brasseries

Les débuts

Après des décennies de lutte entre brasseries industrielles pour dominer le marché, les micro-brasseries ont fait leur apparition de manière très discrète dès 1992. Elles ont commencé en proposant leur produit en vente directe, dans leurs propres bars ou restaurants, en fûts ou en bouteille qu’elles pouvaient facilement récupérer. La toute première fut la Cerveza de la Casa à Guarne Antioquia.

À fin 2017, 242 micro-brasseries avaient été fondées et 195 étaient encore en fonctionnement.

BBC Chapinero Porter

L’épopée BBC Bogotá Beer Company

Le colombien Berny Silberwasser a eu une grande influence sur le développement des micro-brasseries. Après un voyage aux États-Unis en formation, il monte Palos de Moguer en 1998 à Cali puis Bogotá. En désaccord avec ses associés, il quitte l’entreprise, s’en va à Bogotá et monte BBC en 2002. Ses bières de qualité, produites avec de l’orge et du malt importés du Chili et Argentine, et du houblon d’Allemagne et États-Unis, ont gagné de nombreux prix. En plus de la vente en directe dans ses bars, elles sont aussi distribuées par les supermarchés Éxito, ce qui a permis une diffusion dans tout le pays.

En 2017 la production totale était de 6 millions de litres par an. Bien loin malgré tous des 2’300 millions de litres de Bavaria.

Bar BBC à Bogotá

L’histoire se répète

Maintenant que les micro-brasseries prennent de l’ampleur et des parts de marché, les grands groupes industriels s’y intéressent et leurs font les yeux doux. BBC est passée en main de Ab InBev pendant qu’Ardila Lülle s’emparait de la seconde plus grande micro-brasserie; 3 Cordilleras.

 

Heureusement le goût reste et de nombreuses autres micro-brasseries suivent la voie en produisant d’excellentes bières. Il est plus que jamais accessible de boire une bière artisanale et de faire partie du 0.3% de consommateurs indépendants.

 

Lire aussi : Comment ouvrir un restaurant en Colombie

Lire aussi : La société colombienne en plein changement

 

Les principales bières

Dans l’ordre décroissant, la Poker est la plus consommée avec 32.5% du marché, ce qui représente une production de 748 millions de litres par an. Suivent Águila avec 29.8% (685 millions de litres),  Águila Light 11.8% (271 millions), Pilsen 10.9% (251 millions), Club Colombia 6.2% (143 millions), Costeña, Poker Light, l’ensemble des bières BBC, Reed’s, Cola y Pola, Heineken, Corona Extra, Budweiser, Miller Geniune Draft, Peroni Nastro Azzuro.

Brasserie Bavaria Cali

Les marques nationales les plus anciennes encore produites sont Pilsen depuis 1904, puis Águila depuis 1913, Poker depuis 1929 et Club Colombia depuis 1949.

 

Mes préférences personnelles

Après avoir froidement décrit l’histoire et la situation actuelle de la production brassicole en Colombie, je me permets une petite note personnelle.

J’adore les bières fortes avec du corps et connaitre la noire BBC Chapinero a été mon salut. Elle fut ma préférée jusqu’à découvrir la micro-brasserie Holy Water Ale à Buga. La Negra et surtout la India Pale Ale IPA sont délicieuses, stables et savoureuses. L’expérience du maître brasseur Allemand y est pour beaucoup et c’est maintenant ma bière colombienne préférée.

 

Lire aussi: Le tabac en Colombie

Le tabagisme en Colombie

Le tabagisme en Colombie

Les colombiens fument relativement peu. C’est une bonne nouvelle, déjà pour les non-fumeurs, mais aussi au niveau sanitaire et économique pour le pays.

Comme dans le reste du monde, la consommation est à la baisse et les mesures de prévention se révèlent efficace. Mais en chiffres, cela donne quoi? Et en comparaison avec les pays Européens ?

 

La consommation de cigarettes

 

La consommation mondiale a atteint un pic en 2009 avec 5’884 milliards de cigarettes fumées dans le monde par an. En 2015 elle atteignait tout de même encore 4’015 milliards.

Les statistiques indiquent que 20% de la population mondiales fument quotidiennement. Les pays d’Europe occidentale sont en dessus avec par exemple 29.8% pour la France, 31.3% l’Espagne, 26.9% la Suisse et 26.5% la Belgique. C’est encore bien loin de l’Indonésie avec ses 76.2% mais quand même largement supérieur à la Colombie qui se situe en-dessous de la moyenne mondiale avec ses 16%. (Voir la carte interactive de l’OMS Organisation Mondiale de la Santé).

Une autre statistique intéressante est la consommation par habitant. Là aussi la Colombie s’en sort plutôt bien. Pendant qu’un Belge fume 2’353 cigarettes par an, un Suisse 1’634 et un Français 993, un Colombien en fumera 359.

 

Législation et prévention

 

Alors que l’interdiction de fumer dans les lieux publiques date des années 1990 déjà et s’est durcit au fur et à mesure pour inclure les gares, centres commerciaux, places de travails, l’interdiction dans les restaurants et cafés est une affaire encore relativement récente. L’Irlande a été pionnière en 2004 et la France s’y est mise en 2008. La Colombie a quant à elle interdit la fumée dans tous les lieux fermés depuis 2009 avec sa loi 1335. Cela a inclut les bars et discothèques en empêchant également l’installation de fumoirs, même équipés de ventilation. Les fumeurs sont donc priés de fumer à l’air libre uniquement.

Cette loi 1335 a aussi mis fin à la publicité et le sponsoring. Après un délai de deux ans, il est interdit depuis 2011 de faire de la publicité pour les cigarettes dans n’importe quels médias écrits, visuels, auditifs ou lieux ouverts au public comme les écoles, théâtres, cinémas ou salle de concerts. Les marques, leurs entreprises affiliées ou partenaires ne peuvent pas non-plus sponsoriser des évènements culturels ou sportifs.

En 2017, l’OMS a d’ailleurs remis un prix à la Colombie pour les efforts de lutte anti-tabac.

 

Points négatifs

 

La Colombie n’est pas exemplaire sur tous les points non-plus. Les marques trouvent le moyen de contourner les lois pour quand même faire leur publicité. Elles sont présentes dans les évènements culturels comme points de ventes ambulants. En fait, ce sont des jeunes vêtus d’un uniforme de la marque avec une haute tige visible malgré la foule et abordant directement les personnes du public.

La loi 1335 interdit la vente à la pièce, le minimum étant de 10 cigarettes. Les marques se sont adaptées en proposant des demi-paquets mais le problème réside dans son application. Les vendeurs ambulants continuent de vendre les cigarettes à la pièce et bon nombres d’épiceries également.

Les prix sont aussi économiques, parmi les plus bas en comparaison avec les voisins Latino-Américains. En 2017, le paquet de 20 cigarettes coûtait environ 4’200 pesos (1.30 Euros) ou 2’700 (0.80 Euros) le paquet de 10. Les prix avaient pourtant augmentés cette même année avec un impôt supplémentaire et devraient faire de même en 2018. Cela s’inscrit autant dans un effort de lutte que de recherche de revenus additionnels.

 

Les choses les plus surprenantes pour un Français en Colombie

Les choses les plus surprenantes pour un Français en Colombie

Pour un Européen vivant en Colombie, ou même de passage, il y a plusieurs choses qui peuvent surprendre sur la mentalité colombienne ou la vie quotidienne. Voilà les choses auxquels on se confronte régulièrement, certains aspects sont amusants, d’autres plus difficiles.

Sur le même sujet, lisez mon expérience du choc culturel.

 

L’amabilité

On pourrait penser que des décennies de violence rendraient les colombiens durs et froids, mais c’est en fait tout le contraire. Ils sont très aimables et courtois, les formes de politesse sont très importantes au moment de saluer ou dire au revoir. Les colombiens peuvent très facilement tutoyer une personne qu’ils viennent de connaître par sympathie et vouvoyer un proche comme marque de respect et d’affection.

Je trouve très amusante leur manière de demander plusieurs fois aux amis qu’ils rencontrent comment ils vont. Hola ¿Cómo vas? ¿Qué más? ¿Y cómo va todo? ¿Todo bien?

Même au téléphone et même pour des raisons professionnels, ils ne vont pas droit au but, les formes de politesse sont importantes.

 

Appeler ou demander pour obtenir une information

Le réflexe des colombiens est de demander. Pour trouver leur chemin ou les horaires d’ouverture ils vont demander à un passant ou appeler le magasin. C’est finalement plutôt logique, au lieu de perdre son temps mieux vaut se renseigner auprès de ceux qui savent. De plus, les informations écrites ne sont pas forcément fiables parce que pas mises à jour régulièrement.

Même si j’ai pris l’habitude de vérifier avant de me rendre à quelque part, c’est un point qui me pose encore problème. En tant que Suisse, j’ai été éduqué à chercher par moi-même et ne pas faire perdre le temps des autres. Demander alors que l’information est disponible quelque part donne l’impression d’être paresseux ou incapable de se débrouiller. C’est toujours un petit conflit personnel quand ma conjointe colombienne ou un ami me dit de demander avant même d’avoir eu le temps de commencer à chercher. Quand malgré tout je me mets à chercher d’abord, je fais face à une incompréhension voire raillerie.

 

Pas d’alcool avec le repas

Les colombiens sont fêtards et lèvent le coude facilement. Mais pas à table.

Ils n’ont pas la culture du vin et vont préférer un jus de fruits, une aguapanela (eau de canne à sucre avec citron), une boisson gazeuse ou juste de l’eau pour accompagner leurs repas. Les choses changent, les vins argentins et chiliens deviennent accessibles et le choix augmente. De plus en plus de gens y prennent goût, aiment déguster et découvrir leurs préférences.

Sachez cependant que si vous offrez une bouteille à vos hôtes lors d’une invitation à dîner, ils vont très probablement la ranger et ne l’ouvriront pas pour cette occasion, simplement car ils auront déjà prévu les boissons. Pour ne pas être frustré de boire du Coca-Cola alors que vous avez amené une bonne bouteille de vin, prévenez vos hôtes lors de l’invitation ou à votre arrivée. Dites-leurs que vous aimeriez partager cette « tradition française » d’assortir le repas avec du vin.

 

Tout peut changer à la dernière minute

Organiser et anticiper n’ont pas la même signification. Les colombiens n’aiment pas décevoir et voient comme très impolis de refuser une invitation. Ils préféreront inventer une excuse de dernière minute pour justifier un retard ou une annulation pour rester en bons termes.

Plutôt que de voir cela comme seulement négatif il faut aussi voir les avantages. Les Européens, nous aimons tout prévoir et mettre les petits plats dans les grands, mais cela limite toute flexibilité. Une fête, un repas ou un voyage, même familial, même pour Noël, laisse la place ouverte à quiconque jusqu’à la dernière minute. Les plans ne seront pas bousculés et la spontanéité est appréciée.

 

La musique

Depuis l’Europe on pourrait penser que la musique en Colombie se limite à la Salsa et la Pop tropical de Shakira. C’est en connaissant les différentes régions du pays qu’on en découvre l’incroyable diversité. Le Vallenato et la Champeta sur la côte Caraïbe, avec aussi ses variantes de danse que sont le Mapalé et Bullerengue. Aussi bien sûr, la Cumbia. Le Reggaetón avec ses artistes de reconnaissance mondiale. Le Tango très présent à Medellín, à côté du Punk depuis les années 1990. La musique du Pacifique, qui trouve peu à peu un écho dans le reste du continent et même en Europe, a son festival spécialement dédié, le Petronio Álvarez. La musique Andine a aussi son festival, le Mono Nuñez. Les ensembles d’instruments à cordes ont leur capitale à Ibagué et présentent de nombreux concerts toute l’année.

Lire les liens utiles pour plus d’artistes colombiens.

 

La pauvreté

Les inégalités sont tellement grandes qu’il est fréquent de voir des gens dormant dans la rue ou des mendiants espérant recevoir quelques pièces des clients d’un café.

Il y a aussi beaucoup de travaux informels, pas déclarés et sans protection sociale. Recycleurs faisant les poubelles en recherche de verre, aluminium, papier, etc. Gardiens surveillant les véhicules garés à l’extérieur. Personnes annotant les temps de passage des bus de transport privés pour indiquer l’écart entre deux bus de la même ligne. Vendeurs de timbres administratifs pour éviter les files d’attentes. Vendeurs de fruits et légumes dans la rue. Tout peut s’acheter dans la rue en fait ; articles ménagers, électronique, mirroirs

Malgré la difficulté, ce ne sont pas ces gens-là qui génèrent de l’insécurité. Lire aussi La violence et l’insécurité en Colombie

 

Les motels

Ce sont des hôtels qu’on loue à l’heure pour les couples. La Colombie est un pays traditionnel et religieux, les parents n’acceptent pas que le copain ou la copine de leur enfant dorme à la maison. Les couples vont donc dans ces hôtels spécialement aménagé pour eux et il y en a pour tous les styles et thématiques.

Mais le nombre particulièrement élevé de ces motels démontre surtout l’infidélité des colombien(ne)s. Les aventures extraconjugales sont plutôt communes et les motels sont les refuges de ces rencontres interdites. D’ailleurs, les entrées des motels sont des garages pour ne pas laisser la voiture a la vue de tous ou ne pas risquer de se faire voir en attendant le taxi.

 

Le transport

C’est un point problématique, a tous les niveaux. Alors que les colombiens prennent leur temps pour tout, sur la route c’est exactement le contraire. Ils n’ont aucune patience, changent constamment de voies et ne se soucient que de ce qu’il y a en face d’eux. Il y a quoi donner des sueurs froides et encore plus avec l’augmentation exponentielle des motos qui se faufilent partout.

Les piétons doivent être prudents pour traverser une rue. Déjà, les passages zébrés ne sont pas respectés et une moto peut surgir entre deux voitures. Ne soyez pas surpris de voir les voitures se coller pare-choque contre pare-choque dans les bouchons, ne laissant pas le passage piétons libre.

La Colombie est un des rares pays au monde à ne pas avoir de voies ferrées. À part deux ou trois lignes encore en fonctionnement, toutes les marchandises transitent par camions ce qui surcharge un réseau routier encore sous-développé. Attendez-vous à trainer derrière eux dans les côtes, aucun ne se déportera sur une aire de repos pour laisser passer les voitures.

Mais ce qui peut surprendre le plus, c’est le droit de griller les feux après 23h. Même si il y a une caméra, elle ne prendra pas de photo car ce n’est plus une infraction. La raison est plutôt triste car c’est en fait une mesure de sécurité de ne pas s’immobiliser au milieu de la nuit.

 

Les journées

Comme la Colombie est proche de l’Équateur, il n’y a pas de saison. Du coup il n’y a pas (ou disons très peu) de variation des horaires de lever et coucher du soleil. Toute l’année le jour se lève à 6 heures et se couche à 18 heures.

Les saisons rythment la vie et les journées qui s’allongent favorisent les activités en plein air. Ce n’est plus le cas ici et facilement on ne prête plus attention au temps qui passe parce que la nature ne meurt et ne renaît pas.

 

Les marchés

Mais comme il n’y a justement pas de « saison morte » la nature est très généreuse toute l’année. Les marchés sont remplis d’une très grande variété de fruits et légumes. De tous les goûts et toutes les couleurs, ils sont généralement économiques.

 

Livraison

Tout est livrable à domicile. Que ce soit par les livreurs de l’établissement, les taxis ou les services professionnels comme Domicilios.com, Rappi ou Mensajeros Urbanos tout arrive en moins de 40 minutes (normalement). Les restaurants bien entendu, mais aussi les pharmacies et supermarchés offrent ce service.

 

PVT – Programme Vacances Travail

PVT – Programme Vacances Travail

PVT, le Programme Vacances-Travail ou Permis Vacances-Travail offre aux Français la possibilité unique et très avantageuse de partir à l’étranger et rester jusqu’à 1 an dans un des 13 pays qui font partie de cet accord. Il permet de profiter d’un séjour plus long que les 3 ou 6 mois généralement accordé aux touristes et même de pouvoir gagner un peu d’argent pour subvenir aux besoins sur place. Lisez ici les astuces pour gagner de l’argent en Colombie.

Ce sont quand même 40’000 Français qui en profitent chaque année. Chaque pays pose des conditions différentes sur l’âge, la durée, le coût administratif et surtout les quotas d’admission.

 

Conditions de l’accord avec la Colombie

 

La Colombie a des accords PVT seulement avec la France (depuis 2015), le Chili, le Mexique et le Pérou. Les Français doivent être âgés entre 18 et 30 ans. Le visa est gratuit, valable 1 an, peut être obtenu une seule fois et n’est pas prolongeable non-plus.

Il y a un quota de 300 personnes par an qui n’est pas atteint, mais vu l’attrait grandissant cela va peut-être arriver ces prochaines années.

 

Documents à fournir

 

Passeport Français valide et une copie de la page principale.

Copie des tampons d’entrée et sortie de Colombie si un voyage y a déjà eu lieu.

Photo d’identité, 3×4 cms, couleur sur fond blanc

Lettre de bonne foi, disponible sur la page du Ministère : Formato Vacaciones Trabajo

Lettre de motivation indiquant l’itinéraire détaillé avec dates et lieux prévus pendant le séjour ainsi que la description des activités.

Extraits bancaires des 3 derniers mois indiquant un solde supérieur à 5 salaires minimaux colombiens. En 2017, il se situe à 737’717 pesos, ce qui représente 3’688’585 pesos ou environ 1’100 Euros.

Un titre de transport aller-retour. La durée dans le pays devra donc être inférieure à un an.

Une assurance maladie et accident pour la durée complète du séjour.

 

Comment faire la demande

 

Le système et la classification des visas colombiens ont changé en Décembre 2017. Avant cela le PVT correspondait au visa TP-16 mais depuis est entré dans la catégorie Visiteurs (V).

Les demandes se font auprès du consulat colombien à Paris ou en ligne sur la page du Ministère des Affaires Étrangères à Bogotá avec le lien : Visa Cancillería.

C’est efficace et rapide même si la plateforme est contraignante. La photo doit être en format JPG de 300kb maximum et les documents en format PDF de 3Mb maximum. Le nombre de fichiers est limité, essayez de regrouper des pages dans le même document.

Remplissez le formulaire en ligne et joignez les copies de tous les documents cités plus haut. Vous recevrez un numéro de dossier en retour.

Contactez le consulat directement en communicant le numéro de dossier pour prendre rendez-vous pour un entretien. Vous pouvez écrire à visas@consulatcolombie.com (email à vérifier) ou appeler au +33 0153939191.

Lors de l’étude ou de l’entretien, le consulat se réserve le droit de demander des documents supplémentaires et peut même refuser l’octroi du visa sans justification, sous principe de souveraineté nationale.

L’étude et l’obtention du visa sont gratuites et prend une dizaine de jours maximum. Prévoyez de faire la demande entre 20 et 30 jours avant la date de voyage.

 

Après approbation du visa

 

Le Ministère délivre un e-visa qu’il faut présenter à une autorité colombienne compétente avant 30 jours. Le visa sera imprimé et collé dans le passeport. À l’extérieur du pays, c’est le consulat qui s’en charge, tandis qu’à l’intérieur c’est auprès du Ministère à Bogotá à la Torre 100 (Avenida 19 # 98-03).

Ensuite, il faut faire enregistrer le visa auprès de Migración Colombia avant 15 jours pour recevoir  la carte d’identité (cédula de extranjería), contre frais supplémentaires d’environ 160’000 pesos bien évidemment. Attention, ne pas respecter cette règle entraine une amende et peut-être l’annulation du visa.

 

Si vous désirez savoir combien coûterait un séjour en Colombie pour un étudiant, lisez l’article « Budget Colombie » de colombianito.fr. Si vous pensez avoir besoin de travailler sur place pour gagner un peu d’argent, lisez mon article sur les petits boulots en Colombie.

Envoyer de l’argent en Colombie

Envoyer de l’argent en Colombie

Il existe différentes manières d’envoyer de l’argent en Colombie et le choix va surtout dépendre du montant. Il y a le virement bancaire, le virement via les sociétés de transferts internationaux et les services en ligne.

Les banques ont des frais variables et mettent au mieux entre 2 à 4 jours pour le transfert. Les sociétés internationales prennent une commission d’environ 3 à 6 % et le transfert est quasiment instantané. Les services en ligne ont les commissions les plus basses, environ 0.5%, et sont aussi instantanés pour les retraits en espèce.

Pour aider à faire un choix, utilisez le comparateur Moneytis pour connaître les commissions des différents opérateurs selon la somme.

Vous pouvez envoyer librement une somme inférieure à USD 10’000. Au-delà, il faudra fournir les justificatifs de destination de la somme totale. Renseignez-vous bien auprès de l’entité financière du destinataire et la vôtre quels documents vous devrez fournir pour anticiper un quelconque problème.

 

Virement bancaire

Avant toute chose, il faut savoir que la Colombie a des règles très strictes et les banques n’hésiteront pas à retourner un transfert en cas de doutes, d’irrégularité, de documents insuffisants ou de justificatifs pas assez convaincants. Autant les banques colombiennes qu’européennes peuvent bloquer l’argent, ce qui peut devenir un réel problème si vous êtes tenu contractuellement à un payement avec date limite, pour un achat immobilier par exemple.

Parfois les projets tombent à l’eau ou changent en cours de route. Cependant le gouvernement colombien n’aime pas ça, se méfie et va automatiquement suspecter une activité illicite si l’argent n’a pas été dépensé comme annoncé. Ne laissez rien au hasard et assurez-vous d’arriver à vos fins. N’essayez pas non-plus d’envoyer l’argent en avance, en anticipant un achat alors que le contrat n’est pas signé. Le transfert sera bloqué.

 

Les banques prennent une commission de 1 à 2% sur le taux de change et appliquent des frais opérationnels. La banque émettrice va appliquer des frais tout comme la banque réceptrice, aux alentours de 25 Euros chacune. Le gouvernement prélève aussi une taxe de 4‰ sur tous les mouvements bancaires.

Les banques sont la seule solution pour les sommes élevées, au-delà de 10’000 USD.

Demandez précisément les modalités de transfert à votre banque et celle du destinataire. Les banques colombiennes travaillent avec d’autres banques à l’extérieur, en général à New York, Londres et Frankfort, comme par exemple la CitiBank ou Deutsche Bank qui serviront d’intermédiaires. Cela signifie que la banque colombienne a un compte auprès de ces banques pour recevoir des US Dollars et informera le destinataire pour procéder à la conversion en COP Pesos et les déposer sur le compte en Colombie. Même si la banque dispose de comptes en différentes devises, l’argent sera comptabilisé en US Dollars, c’est obligatoire. L’argent peut rester indéfiniment sur le compte intermédiaire ce qui permet de « négocier » le taux de change. Le destinataire peut indiquer un taux souhaité et la banque attendra le moment qu’il l’atteigne pour ordonner la conversion. À noter que ce compte intermédiaire n’offre pas d’intérêts.

Les entrées d’argents doivent être déclarées auprès de la banque nationale (Banco de la República) au moyen d’un formulaire. La banque se chargera de le faire mais demandera d’indiquer un code correspondant à l’activité ; immobilier, rénovation, investissement,… Ce formulaire vous sera utile pour la déclaration d’impôt ou pour rapatrier l’argent par la suite.

Seuls les détenteurs de la cédula de extranjería, donc d’un visa valide, peuvent ouvrir un compte et les banques imposent un délai variable, jusqu’à 6 mois, avant de pouvoir recevoir ou envoyer des virements internationaux. Posez la question avant d’ouvrir le compte.

Comme vu en introduction, les banques prennent énormément de précautions avec les transferts internationaux. Si le montant est inférieur à 10’000 USD et que vous ne pouvez pas vous permettre d’attendre trop longtemps, évitez les banques et préférez une des deux solutions suivantes.

 

 

Virement par société internationale

De nombreuses entreprises avec agences se chargent de transferts de fonds internationaux. Les plus connues et efficaces en Colombie depuis la France sont Western Union et MoneyGram. Les transferts sont limités à 3’000 ou 5’000 USD en ligne mais pas en agences. Le destinataire reçoit l’argent quasiment immédiatement en espèce. L’inconvénient est le manque de traçabilité en cas de rapatriement de cet argent par la suite et les coûts plus élevés.

Western Union a une commission sur le taux de change d’environ 2.6% plus des frais variables selon la somme, de 5 à 25 Euros. MoneyGram a une commission sur le taux de change d’environ 5.2% plus des frais variables selon la somme, de 14 à 50 Euros.

Le comparateur Moneytis peut vous aider à trouver d’autres sociétés au moment de vouloir faire le transfert.

 

Virement en ligne

Les principales pages et applications de transferts en ligne sont efficaces, sûres et meilleur marché. Elles travaillent avec les plus grandes banques, Visa, Mastercard, sont vérifiées et certifiées par l’Autorité de Conduite Financière (FCA).

Vous faites un débit bancaire ou par carte de crédit, vous indiquez le nom du bénéficiaire et son compte bancaire à moins qu’il reçoive l’argent en espèce. L’argent arrive le jour même, les points de retrait en espèce sont Bancolombia, Davivienda et Financiera Pagos Internacionales. Sur un compte d’une banque non partenaire, le transfert peut prendre par contre quelques jours.

 

Azimo prend une commission de 0.6% sur le taux de change et 2.99 Euros de frais. Utilisez ce code de promotion pour recevoir un bon de 10 USD : SEBASTIENC24. S’inscrire. Le primer transfert en gratuit.

WorldRemit prend une commission de 0.5% sur le taux de change et 3.99 Euros de frais. Le montant maximum en espèce et de 4’100’000 COP (1’180 EUR) et 20’400’000 (env. 5’850 EUR) sur compte bancaire.

 

Il existe d’autres plateformes mais qui n’offrent pas encore de transferts pour la Colombie.

 

Précisions sur les distributeurs automatiques

Vous pouvez retirer de l’argent liquide dans n’importe quel distributeur (ATM, cajero) compatible Maestro ou Visa. Il n’y a pas de commission sur le taux de change mais environ 2 Euros de frais d’utilisation du distributeur plus les frais de retrait appliqué par votre banque.

Chaque banque fixe ses propres limites de retraits qui vont de 300’000 (85 EUR) à 800’000 pesos (225 EUR). Banco de Pichincha a la limite la plus élevée tandis que Bancolombia, très présent dans tout le pays, a une limite de 600’000.

 

Les visas pour la Colombie

Les visas pour la Colombie

Pendant longtemps les visas étaient regroupés en 3 groupes et différents types ; Affaires (Negocios NE1 – NE4), Temporaires (Temporales TP1 – TP16) et Résidents (Residente RE).

Tout cela a changé le 15 Décembre 2017 avec la résolution 6045. Il y a toujours 3 groupes mais sans distinction de type. Les visas sont :

– Visiteurs (Visitante V)

– Migrants (Migrante M)

– Résidents (Residente R)

Il ne reste donc plus que 3 visas différents mais les manières de les obtenir sont tout autant variées, pour ne pas dire compliquées, qu’avant. Selon la situation personnelle, les motivations d’application et le type de visa désiré, les documents à fournir changent.

 

Je précise tout de suite que je laisse de côté certains détails pour ne pas charger l’article. Je me focalise sur les informations utiles aux européens et laisse donc de côté les conditions pour les citoyens de pays membres du Mercosur, les réfugiés politiques ou les bénéficiaires de bourse éducatives du système colombien. Les mineurs aussi feront partie d’un autre article.

À noter que le capital d’investissement est calculé en salaires minimaux et qu’en 2017, il se situe à 737’717 pesos.

 

Explications des différences entre les 3 visas

 

Visitante (V) : Cette catégorie concerne les étrangers qui désirent entrer et sortir du pays sans s’y établir formellement. Il permet de faire des études de marché, créer une entreprise, gérer la succursale d’une entreprise étrangère, travailler pour une ONG, comme stagiaire, correspondant journaliste ou artiste par exemple.

La durée est variable, jusqu’à 2 ans maximum.

Cette catégorie inclue également les touristes. Les européens peuvent entrer dans le pays sur seule présentation du passeport valide et recevoir une autorisation de 90 jours. En ressortant du pays au moins un jour, cette autorisation peut être prolongée de 90 jours supplémentaires. Ce total de 180 jours est le maximum permis pour un touriste par an, le compteur repartant à zéro le 1er Janvier. À noter que les visas PIP n’existent plus et que les PEP ne concernent que les Vénézuéliens.

Quant au PVT, le Programme Vacances Travail, également appelé Permis Vacances-Travail, permet à un certain nombre de français, chiliens, mexicains et péruviens d’y appliquer.

 

– Migrante (M) : Concerne les étrangers qui désirent s’établir dans le pays mais qui ne peuvent pas encore prétendre à la résidence permanente (R). Il faut avoir un emploi fixe, être conjoint de national colombien, être parent adoptif de national colombien, propriétaire immobilier, associé-investisseur dans une entreprise, être professionnel qualifié indépendant, être admis en étude scolaire ou retraité par exemple.

La durée est variable, selon le temps d’étude scolaire par exemple, et jusqu’à 3 ans maximum.

 

– Residente (R) : Concerne les étrangers qui désirent s’établir dans le pays et bénéficie de raisons légitimes pour y vivre indéfiniment. Il faut être parent biologique d’un enfant colombien, être titulaire d’un visa (M) en tant que conjoint ou parent adoptif et vivre pendant 2 années ininterrompues, être titulaire d’un visa (M) pour d’autres raisons et vivre pendant 5 années ininterrompues ou investir un capital étranger.

La durée est indéfinie mais le « tampon » est valide 5 ans.

 

Conditions d’applications et documents à fournir

 

La demande de visa se fait uniquement de manière électronique, sur la page du Ministère des Affaires Étrangères à Bogotá avec le lien : Visa Cancillería.

C’est efficace et rapide même si la plateforme est contraignante. La photo doit être en format JPG de 300kb maximum et les documents en format PDF de 3Mb maximum. Le nombre de fichiers est limité, essayez de regrouper des pages dans le même document.

Il faut payer en ligne l’étude du dossier qui coûte 52 USD. L’étude prend 5 jours ouvrables maximum. En cas de réponse positive, il faut payer dans les 30 jours pour recevoir par email un e-visa. Le prix dépend de la catégorie, 170 USD pour le visa (V), 230 USD pour le visa (M) ou 391 USD pour la résidence (R).

 

Vous pouvez vérifier quels documents sont requis selon votre nationalité, le type de passeport (ordinaire, spécial, diplomatique) et le motif de l’arrivée dans le pays en suivant ce lien. Plus d’explications de chaque motif en lisant la suite de cet article.

 

 

Documents obligatoires pour chaque catégorie

 

– Remplir le formulaire en ligne

– Copie de la page principale du passeport

– Copie du tampon de la dernière entrée en Colombie

– Photo d’identité (3×4 cms, format .jpg, max 300kb, couleur sur fond blanc)

 

Documents pour le visa (V)

 

– Description de l’activité que la personne va réaliser. Que ce soit pour une étude marché, implantation d’entreprise, tournage de film ou documentaire, travail humanitaire ou autres activités, il faut expliquer le but, indiquer les personnes impliquées, la durée, le lieu et la structure.

– Extraits bancaires des 6 derniers mois avant la sollicitude.

– Si le demandeur a le soutien financier d’une personne, celle-ci doit fournir une lettre indiquant son identité, les liens l’unissant au demandeur, la description de l’activité qu’ils vont réaliser et une déclaration de prise en charge économique durant tout le séjour du demandeur. De plus, les extraits bancaires des 6 derniers mois prouvant la capacité économique pour subvenir au besoin du demandeur.

– Si le demandeur a le soutien financier d’une entreprise, le représentant légal de celle-ci doit fournir une lettre indiquant son identité, le nom et Nit de l’entreprise, les liens l’unissant au demandeur, la description de l’activité qu’ils vont réaliser et une déclaration de prise en charge économique durant tout le séjour du demandeur. De plus, les extraits bancaires des 6 derniers mois prouvant la capacité économique pour subvenir au besoin du demandeur.

– En cas de tourisme médical, il faut présenter un certificat de l’établissement médical.

En cas de PVT, anciennement visa TP-16, les candidats doivent correspondre au profil suivant ; être français, âgé entre 18 et 30 ans, voyageant seul, désirant gagner de l’argent seulement pour subvenir à ses besoins. LE PVT est valable un an et ne pourra pas être renouvelé ou prolongé. Les conditions d’obtention sont un peu différentes. Regardez ici comment l’obtenir.

 

Documents pour le visa (M)

 

– Comme conjoint. Présenter une copie de l’acte d’union certifiée par le registre civil colombien. Si la demande se fait à l’étranger auprès d’une ambassade, la copie de l’acte d’union certifiée par le registre civil de ce pays est acceptée. De plus, une lettre du conjoint colombien avec copie de la carte d’identité (cédula) et procuration de celui-ci (poder especial) pour autoriser la demande en son nom.

– Comme parent adoptif de national colombien. Présenter une lettre de sollicitude avec copie de l’acte de naissance de l’enfant certifiée par le registre civil colombien.

– Comme employé. Présenter une copie du contrat de travail. Remplir le formulaire résumant les termes du contrat. Présenter une lettre de motivation de l’employeur. Extraits bancaires de l’entreprise des 6 derniers mois avant la sollicitude, démontrant un revenu mensuel supérieur à 100 salaires minimaux. Si l’employeur est indépendant, extraits bancaires personnel des 6 derniers mois avant la sollicitude, démontrant un revenu mensuel supérieur à 10 salaires minimaux.

– Comme entrepreneur. Présenter une lettre et copie de contrat ou certificat de constitution de l’entreprise avec nom, adresse, Nit, indiquant un capital supérieur à 100 salaires minimaux. Si l’entreprise est une SAS, joindre le document de composition actionnariale, indiquant que la part du capital du demandeur est supérieur à 100 salaires minimaux.

– Comme professionnel indépendant. Présenter une lettre avec 3 certificats d’expérience dans le domaine professionnel du demandeur. Extraits bancaires personnel des 6 derniers mois avant la sollicitude, démontrant un revenu mensuel supérieur à 10 salaires minimaux.

– Comme étudiant. Présenter le certificat d’admission de l’établissement scolaire. Tous documents pouvant démontrer les moyens économiques suffisants pour la durée complète des études, comme extraits bancaires, bourse d’étude, apport de tierces personnes.

– Comme propriétaire immobilier. Démontrer un investissement supérieur à 350 salaires minimaux, avec apport de capital depuis l’étranger certifié par la Banque de la République. Présenter le certificado de tradición qui atteste la propriété.

– Comme rentier. Démontrer une rente mensuelle supérieure à 10 salaires minimaux. Présenter le certificat de l’entité privée ou publique.

 

Documents pour le visa (R)

 

– Comme parent de national colombien. Présenter l’acte de naissance certifié par le Registre Civil. Si l’enfant est mineur, l’autre parent de nationalité colombienne présente une lettre certifiant que le demandeur remplit toutes ses obligations parentales. Si l’enfant est majeur, il présente lui-même la lettre de demande en joignant une copie de sa carte d’identité (cédula).

– Parent d’enfant né en Colombie. Présenter l’acte de naissance certifié par le Registre Civil. Présenter la preuve que le parent était légalement domicilié sur territoire national lors de la naissance.

– Titulaire de visa (M). Après 2 ou 5 ans, selon le statut indiqué précédemment, présenter les copies des visas reçus, le certificat de mouvements migratoires délivré par Migración Colombia qui certifie que le demandeur n’est pas sorti du territoire pour une durée supérieur à 180 jours, document attestant l’activité professionnelle et/ou les revenus, documents qui ont permis l’obtention du précédent visa.

– Investisseur. Démontrer un investissement supérieur à 650 salaires minimaux, avec apport de capital depuis l’étranger certifié par la Banque de la République.

 

 

Après approbation du visa

 

Les demandes se font maintenant uniquement en ligne et le Ministère délivre un e-visa.

Si la validité est inférieure à 3 mois, il peut être présenté sous cette forme électronique.

Si la validité est supérieure à 3 mois il faut le présenter à une autorité colombienne compétente avant 30 jours qui va l’imprimer et le coller dans le passeport. À l’extérieur du pays, c’est l’ambassade colombienne qui s’en charge, tandis qu’à l’intérieur c’est auprès du Ministère à Bogotá à la Torre 100 (Avenida 19 # 98-03). Ensuite, il faut faire enregistrer le visa auprès de Migración Colombia avant 15 jours pour recevoir la carte d’identité (cédula de extranjería), contre frais supplémentaires d’environ 160’000 pesos bien évidemment. Attention, ne pas respecter cette règle entraine une amende et peut-être l’annulation du visa. Pour être tranquille, je vous recommande plutôt de chercher le visa au Ministère et le présenter à Migración, le tout avant les 15 jours.

 

Bon courage dans vos démarches

La société colombienne en plein changement

La société colombienne en plein changement

La Colombie a une histoire singulière et les nombreux changements qu’opère le pays influence sa population. Depuis ma première visite en 2003 et encore plus depuis que j’y vis, je remarque peu à peu des changements majeurs de la société et une évolution des préoccupations. Le pays est passé en quelques années seulement de destination pas recommandable à destination immanquable, et suscite une grande curiosité. Le monde semble à peine découvrir les colombiens, ceux du peuple et pas ceux qui font les grands titres des journaux. Je voulais donc partager mes observations sur de récents évènements qui démontrent ce changement de la société et qui est très encourageant pour le futur.

Pendant quelques décennies la Colombie était repliée sur elle-même à cause de tous ses problèmes de violence et d’inégalités. Mais au fur et à mesure que la violence baisse, qu’il est plus accessible de voyager à l’intérieur du pays mais aussi à l’extérieur, que la classe moyenne augmente, la population se soucie et milite pour son bien-être. La grande différence est que maintenant la population ose se faire entendre et s’en donne les moyens.

 

Cause animale

Le premier changement que j’ai observé est la cause animale. Avant 2010 on entendait peu de gens se plaindre des corridas qui étaient très populaires. Nombres de ferias taurines avaient lieu et les meilleurs toreros du monde se présentaient à Bogotá, Cali, Medellín ou Manizales entre autres. On voyait même des arènes de combats de coqs où pariaient les gens. Cependant, peu à peu des manifestations contre les corridas s’organisaient pour en démontrer la honte et la cruauté. Il y a des appels à interdire l’organisation de tels évènements. Les réactions furent par exemple plutôt violentes à Bogotá en début d’année 2017 suite à la reprise de la feria, qui avait été interdite depuis 2012 par l’ancien maire. Ceux qui brandissent l’argument de la tradition culturelle sont vus comme dépassés et les ferias peinent maintenant à attirer des spectateurs.

Je remarque aussi l’augmentation constante de gens qui adoptent des chats ou chiens de la rue, envoie des messages sur les réseaux sociaux pour encourager d’autres à le faire ou donner de la nourriture. Les cas de violence contre les animaux sont dénoncés, comme par exemple le cas d’une famille ayant publié des photos sur Facebook maltraitant un chien des buissons. La nouvelle loi 1774 de Janvier 2016 reconnait enfin les animaux comme êtres vivants et sanctionnent les mauvais traitements d’amendes et jusqu’à 3 ans de prison.

 

Écologie

Un sujet qui tient beaucoup à cœur à de nombreux colombiens est la préservation de la nature. Avec la deuxième biodiversité la plus grande au monde, après le Brésil, nombreux sites exceptionnels sont malheureusement régulièrement menacés par l’exploitation minière et autres intérêts économiques. Le premier cas que j’ai pu observer, en 2011, fut une mobilisation sur internet contre le projet de construction d’un complexe écotouristique de luxe dans le parc naturel de Tayrona. Le projet du groupe thaïlandais Six Senses avait même été annoncé par le président Santos mais suite à l’intervention du ministère de l’environnement et des tribus indigènes, le projet a été suspendu. Le projet, nommé depuis Los Ciruelos, a été grandement modifié et pourrait peut-être quand même se faire mais sans l’ampleur et l’ambition originales. Affaire à suivre.

Caño Cristales

Un cas similaire a eu lieu en Avril 2016 pour une concession minière délivrée à une entreprise américaine, très proche du site exceptionnel de Caño Cristales, la rivière au sept couleurs. Suite à une forte mobilisation sur internet et de journalistes, la concession attribuée par l’agence nationale des permis environnementaux (ANLA) a été retirée par décision du président Santos. La société américaine cherche maintenant à porter l’affaire aux tribunaux pour obtenir des compensations financières.

Jusqu’il y a peu, le déboisement n’attirait pas trop l’attention du grand public. C’est pourtant un des nouveaux défis majeurs de la Colombie. Les départements d’Amazonie sont les plus touchés parmi les 6.5 millions d’hectares déboisés dans tout le pays durant ces 26 dernières années au profit d’espace pour le bétail, l’agriculture ou juste pour s’approprier des terres. Cependant les informations sur le réchauffement climatique et les drames liés aux éboulements, notamment à Mocoa, font prendre conscience de l’importance des arbres. De plus en plus, les colombiens cherchent à éviter des coupes d’arbres qu’ils n’estiment pas nécessaire. La mairie de Cali par exemple a dû renoncer à couper 43 arbres pour augmenter l’espace disponible à l’installation de gradins supplémentaires pour la feria de Cali. Des citoyens s’étaient même enchaînés aux arbres arguant que la ville en manque déjà trop par rapport à son nombre d’habitants.

Foto: El Tiempo

Bien sûr, les réseaux sociaux et les mobilisations populaires ne réussissent pas à elles-seules à inverser les tendances, il faut l’intervention de journalistes, politiciens, ONG, activistes et défenseurs sociaux pour obtenir un vrai résultat. Mais ces actions démontrent que les simples citoyens se sentent concernés, ils cherchent de plus en plus à faire entendre leurs droits et prendre le destin de leurs villes et leur pays en main.

 

Impunité

L’époque où l’argent achetait tout même la justice semble se terminer. Un cas très marquant fut l’enlèvement, viol et assassinat de Yuliana Samboni, âgée de 7 ans, par Rafael Uribe Noguera en Décembre 2016. La police a rapidement repéré le principal suspect et retrouvé le corps après que les parents ont déclaré la disparition. Dès le lendemain que l’affaire est sortie dans les journaux, la population est descendue dans la rue pour réclamer justice, d’autant plus que les frères et sœur du suspect étaient impliqués en tentant de faire disparaître les traces du crime. Bien que la famille fasse partie de la haute société de Bogotá, le coupable a été condamné à 51 ans de prison. La grande mobilisation a permis d’attirer l’attention sur tous les cas de violence envers les enfants et plus généralement sur la population défavorisée.

#OjosEnTodasPartes

Un très grand nombre de cas restent encore impunis malheureusement et ne sortent pas à la lumière. Le travail est encore grand mais au moins le message est passé que personne ne peut se soustraire à la justice grâce à son seul nom ou relation. Dans un pays avec des écarts d’égalité tellement grand, beaucoup pensent pouvoir s’en sortir d’une phrase magique ¿Usted no sabe quién soy yo? (Vous ne savez pas qui je suis?). Mais les cas de plus en plus souvent enregistrés par caméras de la police ou téléphones de citoyen pointent le doigt sur ce problème de société que la population ne tolère plus.

 

Le machisme et le féminicide

Le machisme en Colombie a encore de beaux jours devant lui, avec tout ce qui entraîne de valorisation de l’infidélité, de sorties entre copains pendant que la femme reste à la maison avec les enfants, de commentaires déplacés et d’inégalités de salaires.

Cependant nombreux cas de féminicide sont relayés par la population et appellent à la justice. Toutes les classes de la société sont touchées, comme par exemple une jeune avocate à Popayán brutalisée sans raison par son copain, et encouragent d’autres victimes de cas similaires à ne pas se taire. Les autorités prennent ce problème très au sérieux et ont durcis les peines reconnue comme féminicide avec sa loi 1761 de Juillet 2015.

La Colombie a aussi le triste record du plus grand nombres d’attaques d’acide, seulement derrière le Pakistan et le Bangladesh. Les attaques longtemps passées sous silence, le cas très médiatisé de Natalia Ponce de León en Mars 2014 a alerté la population et les autorités sur ce problème qui touche principalement les femmes. Une nouvelle loi 1773 de Janvier 2016 condamne jusqu’à 30 ans de prison le coupable et jusqu’à 50 ans si l’attaque est contre une femme ou un enfant.

Malgré le machisme et les difficultés auxquels les homosexuels se confrontent, la Colombie reconnait le mariage homosexuel depuis Avril 2016. Une union donnant certains droits était déjà reconnue depuis 2007 mais laissait un vide juridique. Fait historique, en Juin 2017, la Colombie a même reconnu légalement le mariage de trois hommes, inventant un nouveau mot au passage; trieja.

 

Épilogue

Cet article ne cite finalement que des évènements et faits divers pour essayer de valider mon point de vue, celui que la Colombie progresse a tous niveaux. Je pourrais développer encore d’autres thèmes, comme quand les colombiens défient la religion, critique la doble moral, s’insurgent contre la glorification de Pablo Escobar ou Popeye, ancien capo de cartel, et encouragent plutôt à connaître les scientifiques et inventeurs nationaux comme vrais héros.

On remarque cependant que le pays avait un retard au niveau juridique et tente maintenant de le combler. De nombreuses lois sont actualisées ou crées pour répondre aux besoins de la société, comme encore les lois 1409 de 2012 et 1111 de 2017 pour la protection des employés en terme de sécurité physique.

Le travail est encore énorme, le chemin encore long, la vie est très dure pour une grande partie de la population. Il faudra encore beaucoup de ténacité pour arriver à une qualité de vie suffisamment bonne pour l’ensemble de la population, surtout quand une partie de la classe aisée cherche à maintenir une population malléable et corvéable à souhait. Cependant beaucoup de gens travaillent à rendre leur pays meilleur et au milieu de la morosité que traverse le monde occidental, c’est finalement très excitant et encourageant de voir l’évolution positive de la Colombie.

Choc culturel en Colombie

Choc culturel en Colombie

Presque obligatoirement en allant s’établir dans un autre continent, on expérimente un choc culturel. Que l’expatriation soit temporaire ou définitive, en vivant au même rythme que la population d’un autre pays, nous passons par 3 phases ; l’émerveillement de découvrir une autre culture avec d’autres richesses, la frustration de ne pas être en accord avec certains aspects du nouveau mode de vie et l’adaptation qui nous amène à accepter un nouveau style et nous entraine à réfléchir comme les locaux.

Chaque phase a une durée variable, tout dépend de la sensibilité, capacité d’adaptation et expérience de vie propre à chacun. D’ailleurs le processus peut aussi être interrompu dans le cas d’un retour anticipé.

 

Généralement on s’attend à un choc culturel en arrivant en Colombie depuis l’Europe mais sans pouvoir en anticiper les raisons. En surface beaucoup de choses sont communes ; une langue latine comme le français, une même religion catholique, une cuisine très accessible avec des ingrédients connus, une constitution inspirée de la constitution française, des musiques largement diffusées internationalement, mais dans le fond les différences existent. Personnellement la deuxième phase m’est arrivée presque 3 ans seulement après mon installation et a duré un peu plus d’une année avant de m’adapter pleinement.

 

1ère phase

En fait, je connaissais déjà bien la Colombie pour y avoir passé 4 mois en 2003, puis y être revenu de nombreuses fois avant de m’y établir. J’avais donc déjà des amis, je parlais suffisamment bien la langue, je dansais également la salsa et avais déjà plutôt l’habitude de me débrouiller à l’étranger. J’ai pu profiter assez longuement de ma phase d’émerveillement. Pour la premièrement fois je devenais entrepreneur indépendant, je n’avais plus de patron ni d’horaires. J’appréciais de vivre l’été toute l’année, avec les fenêtres grandes ouvertes jour et nuit. Des produits frais toute l’année également, notamment des fruits chaque jour. Des plats du jour bon marché dans mon quartier. Les gens chaleureux et enthousiastes.

Certaines personnes sont rapidement affectées et déstabilisées par la pauvreté visible, les indigentes qui dorment dans la rue, les recycleurs qui fouillent les poubelles, les mendiants qui accostent les clients des restaurants. Le bruit de la circulation ou la musique trop forte peuvent devenir vite pesants aussi. L’effort de parler une autre langue plus longtemps que juste pendant les vacances peut devenir frustrant, à devoir se répéter constamment ou à l’inverse faire répéter, ne pas comprendre les blagues. Ces tracas du quotidien peuvent déjà provoquer un choc, encore plus en arrivant seul. Ce n’était donc pas mon cas, j’étais déjà préparé à cette facette du pays.

 

Je travaillais dans le tourisme médical et mes clients étaient occidentaux, donc là aussi je n’étais pas spécialement confronté aux aspects plus pénibles du monde professionnel. Par exemple le manque de ponctualité, recevoir une réponse positive alors que réellement elle est négative, se confronter aux exigences d’un marché aux règles différentes. Je profitais aux contraire de l’enthousiasme des colombiens pour l’entrepreneuriat, d’autant plus que je promouvais un secteur qui est source de fierté pour le pays.

Le travail peut déclencher un choc culturel, par rapport aux conditions bien différentes. Il y a peu de protection sociale, souvent les contrats sont à durée limitée, même pour les professeurs d’universités à un semestre ou une année, les heures de présence avec des semaines à 48 heures et seulement 2 semaines de vacances par an. Le monde professionnel colombien a plutôt tendance à favoriser la présence à la productivité, qui est exactement la logique inverse de l’Europe. La France octroie le droit à la déconnexion, un employé n’est pas obligé de consulter ses emails ou répondre à une sollicitude en dehors des heures de bureau, ce qui est mal perçu ici.

 

2ème phase

En fait, mon choc culturel est arrivé à la suite de plusieurs changements. J’étais redevenu célibataire après un an et demi d’une relation très compliquée et souvent irrationnelle. Je plafonnais avec le tourisme médical et avais décidé de passer à autre chose. J’avais lancé un agenda culturel et avais des difficultés à le faire connaître et trouver des clients.

Bref, le choc est arrivé en me rendant compte que ma méthode n’était pas efficace et que je devais me remettre en question, tant sur le plan privé que professionnel. En faisant cette démarche, en cherchant à comprendre mes erreurs, j’ai aussi été confronté à ma méconnaissance de la société colombienne. Il y a des règles de langage, d’apparence, de projection que je ne maitrisais pas et l’enthousiasme des colombiens masquait surtout une gêne de m’expliquer que je me trompais. Il me semblait alors que la forme primait sur le fond, que le superficiel comptait plus que la valeur réelle, que la confiance est un luxe qui ne se donne pas et que l’hypocrisie passe avant tout.

 

Il m’a fallu bien une année pour connaître les nouvelles règles et m’adapter. Par exemple, je visitais les hôtels de la ville pour leurs laisser de la publicité et je faisais la tournée à vélo. Ce qui pour un européen donnerait une image sportive, dynamique, saine, écologique mais surtout efficace et économique est vue comme pauvre et déstructuré par un colombien. Il aurait fallu aller en voiture habillé en businessman, quitte à prendre le double du temps et dépenser de l’argent en stationnement, pour projeter une image de grande entreprise. C’est aussi une manière de démontrer une plus grande stabilité, face aux petits entrepreneurs qui apparaissent et disparaissent. Mais ça, personne n’avait osé me le dire avant, seulement après avoir arrêté de le faire. J’ai aussi fait lire des emails et demandé si la forme était correcte, pour finalement apprendre que certaines tournures de phrase n’étaient pas appropriées, qu’elles semblaient froides, autoritaires, trop directes. Ce n’était évidemment pas le but et un colombien, même mis en copie, ne va pas spontanément le signaler par crainte d’offenser.

Au niveau personnel, je me suis même remis en couple plus tard avec la personne pour malheureusement voir que les beaux discours ne changent rien et qu’il faut accepter de voir les gens comme ils sont réellement pour pouvoir tourner définitivement la page.

 

3ème phase

Encore maintenant je peux commettre des erreurs mais au moins cette période de doute, d’incompréhension et de frustration est passée et j‘ai pu entrer dans la troisième phase. J’ai accepté que tout ne va pas fonctionner à ma manière et que je doive m’adapter.

 

Le terme choc culturel englobe finalement beaucoup d’aspects, de causes et de raisons. C’est important de savoir qu’il peut arriver très tôt ou très tard, je crois même qu’il peut arriver plusieurs fois, et qu’il est bon de ne pas s’isoler et de le partager avec son entourage. Le plus probable est que d’autres expatriés aient leurs expériences à partager.

 

Coût de la vie en Colombie

Coût de la vie en Colombie

La Colombie est un pays très inégalitaire et les prix varient énormément. Il est donc parfois difficile de faire un budget et imaginer les dépenses mensuelles d’un ménage à l’heure de venir s’établir.

Les prix changent d’une zone à l’autre, d’une ville à une autre et même d’un quartier à un autre. Je vais essayer ici de faire un tour de dépenses les plus communes pour pouvoir se faire une idée.

Je me base sur ma connaissance des prix à Cali, de l’expérience lors de mes voyages dans le reste du pays et aussi sur la page Numbeo, qui compile les informations données par de nombreux contributeurs. Regardez les prix détaillés pour Bogotá, Medellín, Cali et Barranquilla.

Le but ici est de pouvoir calculer un budget par mois, pour savoir si un salaire serait suffisant ou si les économies d’un entrepreneur lui suffiraient pour tenir le temps de monter son entreprise.

 

La première chose à savoir est que les quartiers sont divisés en « couches sociales » appelées estratos numérotées de 1 à 6. Les classes 1 et 2 sont très modestes, voire défavorisés, et les services d’eau et électricité sont subventionnés. Les classes 3 et 4 sont populaires, en général dans les centres-ville. Les classes 5 et 6 sont huppés, les services de bonnes qualités et bien plus chers.

 

Le lieu de vie va donc influencer en grande partie les dépenses et ce à tous les niveaux ; sur le loyer, l’eau, l’électricité, le plat du jour au restaurant, le verre au bar du coin et même les produits en épicerie.

Pour ce budget, je vise donc plutôt les quartiers 3 et 4. Si vous comptez vous installer dans un quartier 5 ou 6 vous pouvez facilement rajouter 40 à 50%. Il y aura toujours le moyen de dépenser moins ou beaucoup plus, mais c’est pour donner un ordre d’idée.

 

Buget minimum

Logement. Comptez entre 700’000 et 1’500’000 pour un appartement d’une ou deux chambres. Si l’appartement est dans un immeuble avec conciergerie il faudra rajouter aux alentours de 350’000 de frais communs (Administración). Les services d’eau, électricité et gaz coûtent 80’000 par mois.

 

Nourriture. En moyenne un kilo de fruits ou de légumes coûte entre 2’500 et 5’000 pesos. Un kilo de poitrine de poulet environ 10’000 et un kilo de viande de bœuf dans les 18’000. 500gr de pâtes coûtent 5’000. Un œuf 300 pesos. Le pain entre 500 et 1500 pesos. Une boisson gazeuse ou eau en bouteille 2’200. Par jour et par personne, en cuisinant soi-même avec les produits locaux classiques, il faut compter une dépense de 15’000 pesos par personne.

 

Transport. Le transport public en moyenne coûte 2’000 pesos par trajet. Les systèmes municipaux ont des stations qui permettent de changer de bus sans payer de trajet supplémentaire mais ce n’est pas le cas des bus privés (busetas, coletivos). Un trajet moyen d’une vingtaine de minutes en taxi coûte dans les 7’000 pesos.

 

Voiture privée. Avoir une voiture coûte assez cher. Déjà à l’achat il faut compter dans les 40 millions pour la gamme basse. Ensuite l’essence coûte 8’500 le galon (3,79 litres) c’est-à-dire 2’250 pesos le litre. Une place de parc vaut facilement 100’000 par mois et régulièrement il faut donner 1’000 ou 2’000 pesos au gardien (vigilante) où on se gare pour faire des courses ou boire un café.

 

Communications. Il y a différents plan de consommation pour internet, téléphonie fixe, téléphonie mobile et télévision. En limitant les minutes de téléphonie et navigation mobile sauf whatsapp illimité, avec télévision et internet 4Mbs on peut raisonnablement s’en sortir à 120’000 pesos par mois.

 

Sorties. Là aussi les variations sont énormes. Un club à la mode peut fixer 30’000 pesos d’entrée et vendre ses bières à 10’000 alors qu’un autre aura entrée libre et la bière à 5’000 pesos. La même bouteille de rhum peut passer de 45’000 à 120’000. Disons que le plus courant est une bouteille à 70’000 plus 10’000 de limonade ce qui ferait 20’000 par personne. À compter aussi le transport en taxi d’environ 14’000 pesos.

 

À ce niveau-là, avec un style vie sans excès, les dépenses par mois se chiffrent à :

 

Total:

Pour une personne seule: 700’000 (logement) + 80’000 (services) + 450’000 (nourriture 15’000 x 30 jours) + 80’000 (transport 2’000 x 2 trajets x 20 jours) + 120’000 (communications) + 136’000 (sorties 34’000 x 4 par mois) = 1’566’000 pesos

 

Pour deux personnes le logement, les services et communications augmentent mais pas du double non-plus : 900’000 (logement) + 120’000 (services) + 900’000 (nourriture 15’000 x 30 jours x 2 personnes) + 160’000 (transport 2’000 x 2 trajets x 20 jours x 2 personnes) + 150’000 (communications) + 216’000 (sorties 20’000 x 2 personnes + 14’000 taxi x 4 par mois) = 2’446’000 pesos

 

 

Pour vivre de manière plus confortable sans être luxueuse il y a des frais à rajouter.

 

Buget moyen

Restaurant. Un plat du jour coûte entre 6’000 et 12’000. Un repas à la carte entre 20’000 et 40’000. Un dessert entre 7’000 et 15’000. Une boisson non alcoolisée entre 5’000 et 8’000. Un verre de vin entre 8’000 et 15’000. Un repas complet pour deux personnes coutera donc entre 60’000 et 120’000.

 

Divertissement. Une entrée de cinéma coûte environ 12’000 pesos. Le théâtre entre 15’000 et 25’000. Un concert aussi entre 15’000 et 25’000.

 

Sport. Un abonnement au fitness varie selon que l’on paye par mois, trimestre, semestre ou année et forcément l’endroit en tant que tel. Disons que par mois il faut compter entre 50’000 et 120’000.

 

Assurances. Un indépendant devra aussi penser à payer chaque mois son assurance maladie (EPS), accident (ARL) et retraite (Pensión) qui peut se monter à 200’000 pesos.

 

Total

Pour une personne qui peut se permettre de vivre sans trop regarder les dépenses, je rajoute quelques sorties au restaurant et aux spectacles avec les trajets en taxi correspondant, un budget plus élevé de nourriture et l’abonnement fitness.

Une personne : 1’566’000 (dépenses sans excès) + 90’000 (plat du jour 9’000 x 10 jours) + 216’000 (restaurant 40’000 + taxi 14’000 x 4 par mois) + 26’000 (1 x ciné + taxi) + 34’000 (1 x théâtre ou concert + taxi) + 80’000 (fitness) + 200’000 (assurances) + 200’000 (nourritures plus raffinées) = 2’412’000 pesos

 

Deux personnes : 2’446’000 (dépenses sans excès) + 180’000 (plat du jour 9’000 x 10 jours x 2 personnes) + 376’000 (restaurant 40’000 x 2p + taxi 14’000 x 4 par mois) + 40’000 (1 x ciné x 2p + taxi) + 54’000 (1 x théâtre ou concert x 2p + taxi) + 160’000 (fitness x 2p) + 400’000 (assurances x 2p) + 400’000 (nourritures plus raffinées x 2p) = 4’056’000 pesos

 

Buget familial

Voyons maintenant pour une famille. Prenons le cas de deux parents avec deux enfants scolarisés. Le logement sera plus grand, possiblement dans un immeuble avec conciergerie et place de parc, les déplacements en voiture privée, quelques sorties au restaurant et cinéma, abonnements de sport pour chacun. À cela il faut rajouter les frais de scolarité qui peuvent facilement coûter 1 million de pesos par mois par enfant.

1’800’000 (appartement 1’400’000 + administración 400’000) + 260’000 (services) + 2’400’000 (nourriture 20’000 x 30 jours x 4 personnes) + 240’000 (frais voiture privée) + 140’000 (taxi comme transport additionnel 7’000 x 20 trajets) + 160’000 (transport 2’000 x 2 trajets x 20 jours x 2e) + 180’000 (communications) + 180’000 (plats du jour 9’000 x 10 jours x 2p) + 560’000 (sorties restaurant 40’000 x 2p + 30’000 x 2e x 4 par mois) + 48’000 (ciné x 4p) + 320’000 (sport x 4p) + 400’000 (assurances x 2p) + 2’000’000 (scolarité x 2e) = 8’688’000 pesos

 

Remarques:

Ces chiffres permettent de se faire une idée du coût de la vie en Colombie. Cependant il est possible de vivre en dépensant beaucoup moins. Je me base plutôt sur un style de vie confortable, peut-être similaire à un style de vie à l’européenne, sans les produits importés bien sûr mais sans manger que du riz tous les jours non-plus. Manger à la maison et boire une bière juste au bar de quartier réduira forcément les frais. Le logement influera aussi beaucoup sur le budget tout comme, rappelez-vous, la classification. Dans un estrato 5 ou 6 la plupart des coûts augmentent encore d’environ 50%.

Bogotá est la ville la plus cher, cela se remarque principalement aux prix de l’immobilier, des restaurants et du transport dû à la taille de la ville et son manque de système de transport public efficace. Medellín a un coût de la vie inférieur d’environ 20% et Cali inférieur de 30%.

La violence et la sécurité en Colombie

La violence et la sécurité en Colombie

Sujet compliqué, vaste, qui tire ses racines quelques décennies en arrière, je vais essayer de dresser un portrait le plus exacte possible. Le but est d’informer les visiteurs et nouveaux arrivants sur la situation actuelle et du coup de pouvoir adopter la bonne attitude pour ne pas se confronter à de mauvaises expériences.

Après un peu d’histoire et géopolitique pour une mise en contexte je donnerai surtout quelques conseils et mesures à adopter. Je vous encourage à lire plus en détail l’histoire du pays pour en comprendre les multiples facettes.

 

Pour résumer, la Colombie est un pays violent mais qui s’améliore chaque année. Les statistiques font froid dans le dos mais la fin progressive des grands groupes armés promet des jours meilleurs. L’époque des enlèvements et attentats est terminée, de même que les grands cartels qui avaient le pouvoir de placer des politiciens et même jusqu’à un président. Mais comme toujours, faire tomber des têtes ou même des groupes entiers laisse la place à d’autres.

 

Un gouvernement absent

La situation actuelle du pays tient ses racines de la période communément appelée de La Violencia qui a débuté en 1946 avec l’assassinat du candidat présidentiel Jorge Eliécer Gaitán qui a causé le Bogotazo et a duré jusqu’en 1953. Ce fut une crise politique qui est devenue sociale pour devenir une guerre civile. C’est pendant cette période que les premières guérillas apparaitront pour essayer de défendre le peuple. Quand les militaires prennent le pouvoir, les guérillas posent les armes pour contribuer à la paix nationale mais la plupart des leaders guérilleros finiront assassinés par le pouvoir militaire. Après 1960, les partis politiques se remettent en place, toujours selon le modèle hérité des espagnols ce qui déplait fortement au peuple. Les guérillas historiques qui ont tenu jusqu’à présent (FARC, ELN) commencent dans les années 60 en opposition au gouvernement qui ne s’occupe guère de la population, notamment rurale.

La confiance dans le gouvernement est rompue.

 

La corruption

Dans les années 70 et 80 la demande en cocaïne devient très importante. Apparaissent les cartels et l’économie parallèle. Des énormes quantités d’argent qui échappent à tout contrôle et finissent dans les mains de toutes les couches de la société. Tous les secteurs publics sont touchés par la corruption et les secteurs privés ne refusent pas cette manne, même illégale.

Mis à part certaines guérillas avec de fortes convictions sociales, comme par exemple le M-19, les autres se laissent tenter par ce commerce pour financer leurs activités et jouent le même jeu.

La seule autorité est celle de l’argent.

 

Des inégalités très marquées

Les groupes de guérilla, forts de dizaines de milliers d’hommes, contrôle une grande partie du pays. Des milices armées se forment, cherchant à lutter contre ces guérillas qui pratiquent également les séquestrations et extorsions des grands propriétaires terriens. Ces milices sont parfois financées par les cartels et deviennent ce qu’on appelle les paramilitaires. Les forces militaires du gouvernement sont à ce moment mal équipées pour lutter contre la guérilla et font parfois appel aux paramilitaires pour faire le sale boulot, surtout en violation des droits de l’homme. Ces 4 forces (militaires, guérillas, paramilitaires et cartels) s’allient et se trahissent selon les occasions mais surtout paralyse complètement le pays. Des départements entiers sont abandonnés à leur sort (Chocó, Nariño, Caqueta, Meta, entre autres) et subissent la violence de plein front ce qui provoque de tragiques déplacements de population. Les inégalités se creusent, la pauvreté atteint jusqu’à 50% de la population et même 80% dans certaines régions. Les centres urbains se développent pendant que le reste du pays est à l’arrêt. Encore à l’heure actuelle les infrastructures nécessaires et de qualité se limitent au centre du pays, connectant les principales villes avec les ports de la cote caraïbe, alors que la moitié du territoire manque de bons hôpitaux, universités, routes, connexions internet, …

Sans argent, pas d’éducation, pas de perspectives, pas de futur.

 

La prolifération des bacrim

Avec le Plan Colombia et ses milliards de dollars, le gouvernement a pu moderniser son armée et lutter de manière efficaces contre ces groupes criminels. La plupart ont disparu ou se sont fractionnés. Les têtes dirigeantes sont tombées et beaucoup de « lieutenants » ont repris des parts de marché. Après la crise des années 90, l’économie colombienne est devenue plus florissante dans les années 2000 et 2010. La classe moyenne augmente, la pauvreté et les inégalités diminuent, un marché local pour la cocaïne se développe, des zones du pays deviennent plus accessibles et sont donc apparus les bacrim (bandes criminelles). C’est une délinquance commune, basée sur la vente de drogues et le vol en zones urbaines, racket d’entreprise et mines illégales en zones retirées.

Quiconque peut se faire de l’argent rapidement.

 

La justice par soi-même

La population qui a vécu des décennies sans l’aide des autorités a une forte tendance à faire justice elle-même. D’ailleurs, un délinquant ou criminel peut échapper à la prison s’il a de bonnes connections ou assez d’argent. Dans ces conditions beaucoup préfèrent punir le coupable pris la main dans le sac plutôt que de le remettre à la police. C’est courant de voir des voisins ou même des passants battre violemment un voleur pris sur le fait.

Les gens honnêtes sont quand même majoritaires.

 

Les efforts récompensés

Malgré tout, la situation s’améliore et la Colombie règle peu à peu ses problèmes. Les FARC ont déposé les armes cette année 2017. Les négociations avec le ELN, dernière guérilla en activité, ont démarré. Les militaires peuvent donc s’attaquer aux bacrim et le plus grand groupe criminel, le Clan del Golfo (auparavant appelé Clan Úsuga ou Los Urabeños), a déjà accepté de se rendre pour être jugé, suite aux succès des opérations qui ont éliminé ses principaux dirigeants. Le groupe comptait encore 2’000 hommes en 2016.

Depuis une décennie, les assassinats baissent chaque année. Medellín qui trônait aux premières places des villes les plus dangereuses au monde, n’apparait même plus dans le classement.

La population qui est mieux informée se bat et exige plus de justice. La haute société et classe politique risque de plus en plus de finir derrière les barreaux suite aux mobilisations de l’opinion public contre l’impunité. Maintenant que la guérilla n’est plus le centre des préoccupations, le peuple se mobilise aussi pour lutter contre la corruption.

 

La situation actuelle

Comme vous le voyez, ce n’est pas parce que les FARC ont déposé les armes que tous les problèmes ont été résolus. Le manque de coordination et la corruption des autorités laissent un vide qui profite aux délinquants. Beaucoup de crimes restent sans suite, sans investigation, même si la victime est étrangère et encore plus si elle est de classe sociale basse.

Exemple étonnant en 2015 à Cali. Lors de la sècheresse causée par El Niño, le niveau des rivières était inexplicablement bas, même en tenant compte du phénomène climatique. Après recherches, les autorités ont découvert qu’un affluent d’une rivière avait disparu, détourné de son lit pour une mine illégale. La mine utilisait entièrement les 800 litres d’eau par seconde de la rivière au travers d’un tunnel long de 30 mètres, pourtant situé dans un parc naturel.

 

Pendant que le taux d’homicides continue de baisser, les vols augmentent chaque année de manière préoccupante. Téléphones portables, véhicules, commerces et ménages ont montré une augmentation des vols de 11% entre 2015 et 2016 et pour ce qu’il va de l’année 2017 l’augmentation est encore de 6% par rapport à l’année précédente. La plupart des gens possèdent un smart phone, qui est très facile de remettre à neuf et de revendre sur le marché noir. Un téléphone peut rapporter 200’000 à 300’000 pesos au voleur, pendant qu’un spécialiste changera le software, les pièces abimées et le revendra dans les 700’000 pesos. Il y a environ 100’000 agressions à personnes pour vol par an dans tout le pays justement dans le but de soutirer les téléphones. En additionnant les pickpockets, ce sont plus d’un million de smart phones volés chaque année. Les zones les plus exposées sont Bogotá, Medellín et Cali. L’augmentation du tourisme, qui attire maintenant près de 6 millions de visiteurs par an, n’arrange pas les choses et certaines zones sont devenues des cibles à cause du nombre d’hôtels et de sites d’intérêts culturels.

 

Quant aux homicides, la situation s’est grandement améliorée. La Colombie figurait parmi les pays les plus dangereux au monde dans les années 1990 avec un taux de 81 meurtres pour 100’000 habitants. Certaines villes comme Medellín comptait presque le quadruple de la moyenne nationale avec 380 meurtres pour 100’000. Actuellement la moyenne nationale est de 25, ce qui place la Colombie au même niveau que le Brésil et bien en dessous de pays comme le Venezuela, le Salvador et Honduras. Les villes de Medellín et Bogotá sont maintenant même en dessous de la moyenne avec 22 et 16 respectivement.

Malheureusement ce n’est pas le cas partout. Cali est la ville la plus dangereuse du pays avec 54 meurtres pour 100’000 habitants, Cúcuta 40 et Barranquilla 32. Au niveau du pays entier, cela représente encore 12’000 morts violente par an pour une population de 48 millions et c’est pourtant le chiffre le plus bas depuis 32 ans. Cependant, les statistiques ne peuvent pas non-plus être prises comme vérité absolue, de plus pas tous les vols sont déclarés à la police. Aussi, certains quartiers défavorisés souffrent plus que les autres et concentrent la plupart des cas.

 

 

Que faire ? Conseils de sécurité

 

Le grand problème est le vol. Essayez donc de ne pas vous retrouver en situation défavorable en marchant seul la nuit. Certains quartiers comme San Antonio à Cali sont « vides » entre 13h et 16h à cause de la chaleur, les habitants restent au frais dans leurs maisons et les voleurs peuvent en profiter pour s’attaquer aux touristes sans être remarqués.

À la Candelaria de Bogotá, les voleurs vont plutôt profiter de l’inattention des touristes qui laissent leurs affaires au sol, hors de vue.

En cas de vol, ne cherchez pas à résister et tendez vos affaires ou laissez-vous faire les poches. Dans certains cas un voleur seul peut essayer l’intimidation en misant sur la peur de la victime, repoussez-le fermement et partez en courant sans vous retourner. Mais si le voleur porte une arme à feu ou un couteau, ne vous défendez pas.

On remarque généralement une augmentation des vols en fin d’année, pendant les mois de Novembre et Décembre. Soyez donc encore un peu plus vigilant à cette période.

En vous promenant, évitez de sortir le téléphone portable, qui attire l’attention mais vous rend aussi moins attentif à votre entourage. Pareil avec les appareils photos, il est préférable de le ranger dans un sac à dos ou à bandoulière commun plutôt que dans sa sacoche professionnelle.

Les étrangers sont en général facilement identifiables par le physique, la tenue vestimentaire ou l’accent donc évitez de « donner des occasions aux voleurs » (dar papaya) en vous filmant pour votre vlog sur YouTube ou Facetime par exemple.

 

Le but de voyager est de découvrir un nouveau monde, une nouvelle culture, de partager un nouveau mode de vie et de nouvelles expériences. La grande majorité des gens sont bons et ne cherchent en aucun cas à nuire. Cependant pas tous ne le sont et peuvent chercher à profiter des autres, surtout s’ils sont étrangers. Certains vont penser que l’argent coule à flot en Europe et que ça ne seraient que justice que d’en profiter. Faites donc un peu attention aux gens que vous rencontrez, essayez de les « sentir » par leurs attitudes, leur discours. Certains peuvent avoir des intentions cachées, déguisées sous de beaux discours. Ne vous laissez pas emmener comme ça facilement à une autre fête, chez un ami, ou n’importe où ailleurs avec la promesse de bien vous amuser. Il est toujours préférable de savoir où vous allez, avec qui et comment vous pouvez rentrer par vos propres moyens. Les colombiens sont fêtards et il y a toujours l’occasion d’un bon remate (after party) mais ne suivez pas n’importe qui n’importe où n’importe comment, vols et viols malheureusement arrivent.

 

Beaucoup de cas de violence sont classés dans ce que les colombiens appellent « d’intolérance ». C’est-à-dire un acte d’agression démesurée par rapport à la situation, dû peut-être à un désaccord, une discussion qui dégénère et une consommation d’alcool qui chauffe les esprits. Les préjugés sont nombreux et tenaces, tant des colombiens envers les occidentaux qu’à l’inverse. Beaucoup d’étrangers pensent comprendre la Colombie et ses gens après seulement quelques semaines ou mois et se plaisent à faire des commentaires qui seront reçus de manières offensantes. Certains sujets doivent être abordés avec prudence et grande connaissance, comme la cocaïne, les cartels, la guérilla, la corruption et la politique. Ce ne sont pas des sujets tabous mais plutôt très complexes qui demandent du tact.

Pour illustrer ce problème d’intolérance, le pays compte chaque année un pic de violence à Noel et pendant la fête des mères, ce qui semblerait paradoxal. C’est simplement que des membres de familles se retrouvent autour de la table, boivent et laissent éclater des dissensions qui n’avaient jamais été résolues. De même avec le voisinage, des tensions éclatent alors que tout le monde célèbre une date spéciale et l’alcool envenime les discussions.

 

Gota a gota

Attention maintenant pour ceux qui veulent investir dans le pays. L’économie grandit, il y a beaucoup d’opportunités, mais il y a aussi des histoires qui terminent mal. La situation précaire de certaines personnes peut amener à des actes extrêmement radicaux comme l’assassinat. Les colombiens n’ont pas pour habitude de faire des économies et garder un « matelas » de sécurité en cas de coup dur. C’est d’ailleurs impressionnant le nombre de prêteurs sur gage appelés gota a gota auprès desquels les gens se tournent pour faire un emprunt à court terme, avec des intérêts très élevés. Le niveau de confiance étant tellement bas dans le pays que rares sont les particuliers qui se prêtent entre eux et il est très difficile d’obtenir un emprunt d’une banque. Seulement, les gota a gota sont bien souvent des criminels qui recourent aux méthodes les plus extrêmes pour se faire payer, et cela jusqu’au meurtre pour passer le message à quiconque n’aurait pas l’intention de rembourser ses dettes.

Dans ce cas, un soudain besoin d’argent peut amener à des situations désespérées qui peuvent se retourner contre n’importe qui assez proche. Si vous faite donc affaire, soyez prudent sur la personne et sa situation financière. Pour essayer de donner quelques exemples il y aurait la personne qui vend un bien immobilier trop bon marché, prise par l’urgence. Cette personne pourrait par la suite tenter d’obtenir une rallonge, arguant que le prix n’était pas correct, voire d’éliminer purement et simplement l’acheteur pour annuler la vente. Un architecte ou maître d’œuvre pourrait gonfler les prix du matériel de construction, pris sur le fait et sommé de rendre l’argent (qu’il a déjà dépensé) la situation pourrait mal tourner.

Ce sont des cas extrêmes et peu courants, bien entendu, mais c’est aussi une réalité du pays. Un assassin professionnel ne coûte pas cher et les autorités n’ont pas forcément les moyens, le temps ou l’envie d’enquêter.

 

Mon expérience personnelle

En aucun cas mon but est de décourager à venir découvrir ce merveilleux pays. Je crois qu’il faut juste être conscient des problèmes pour adopter les bons réflexes. Depuis 2012 que je vis à Cali, je n’ai été agressé qu’une seule fois, alors que je marchais seul à 1h30 du matin dans le quartier touristique de San Antonio, j’ai clairement « donné de la papaye ». Malgré ça, je continue à marcher régulièrement, de jour comme de nuit. Je sors faire la fête, je vais à des remates (after party) avec des amis, je bois des verres avec mes voisins assis sur le trottoir, je voyage dans le pays en bus ou en voiture, je me promène à vélo, j’emporte mon laptop pour travailler à un café de mon quartier, j’aborde toutes sortes de sujets de conversations avec toutes sortes de gens. Cependant, il y a certaines zones que j’évite, des fois je prends un taxi pour faire quelques rues, des fois je laisse mon téléphone portable à la maison.

Certaines personnes de mon entourage qui vivent dans le pays depuis plusieurs années ont connu de petits soucis, comme de se faire voler le téléphone, mais dans l’ensemble tous vivent sans trop de préoccuper et tout se passe bien. Eux aussi sortent, se promènent, se baladent et vivent normalement.

Je remarque qu’il y aussi des petites différences entre Européens et Colombiens à l’heure de sortir et s’organiser pour la fête et que j’ai moi-même changé quelques habitudes. Il s’instaure une solidarité qui participe à la sécurité de chacun. On se donne rendez-vous pour aller ensemble à un lieu plutôt que de nous rencontrer sur place et on ne laisse personne s’en aller seul ou du moins sans s’assurer qu’il rentre avec un moyen de transport sûr. Finalement il est préférable et plus agréable d’être tous ensemble que d’arriver à l’heure, repartir plus rapidement ou vouloir faire un maximum d’activités.

Je constate aussi que la grande majorité des colombiens sont bienveillants, protecteurs entre eux mais aussi pour les étrangers et visiteurs. Mes voisins sont solidaires, m’ont très bien accepté dès le début et se soucient toujours qu’il ne m’arrive rien. S’ils remarquent une situation potentiellement dangereuse, même pour un passant, ils n’hésitent pas à intervenir.

 

Applications utiles

Chaque quartier compte sur des patrouilles motorisées de la police. Pour entrer en contact avec elles, où que vous vous trouviez, installer l’application du « Cuadrante amigo » (AndroidiOS) . L’application détermine votre localisation géographique et appelle automatiquement la patrouille la plus proche.

 

Utilisez une application pour appeler un transport sûr : Easytaxi (Android / iOS), Tappsi (Android  / iOS), Uber Android / iOS), Cabify (Android / iOS).

 

Pour déclarer un vol, ce qui pourrait être utile pour l’assurance, remplissez la déclaration en ligne.

 

J’espère que cet article vous aide à comprendre la situation actuelle et peut-être vous prépare à avoir la bonne attitude pour passer un séjour en toute sécurité. N’hésitez pas à partager votre expérience personnelle et conseils.

La prochaine fois que serez sur la route et verrez un militaire, levez le pouce pour le remercier de pouvoir voyager en toute sécurité (Viaje seguro)