Mois : novembre 2017

Conseils pour ouvrir un restaurant en Colombie

Conseils pour ouvrir un restaurant en Colombie

Pour beaucoup, s’expatrier veut dire devenir indépendant et démarrer sa propre entreprise. Ouvrir un restaurant est très excitant, l’avantage de venir d’un autre pays offre des possibilités surtout en étant français, d’où la gastronomie est reconnue internationalement. Cependant il y a rapidement des difficultés auxquelles il faut faire face. Principalement les démarches administratives qu’on ne maîtrise pas en arrivant dans un nouveau pays, la difficulté ou carrément l’impossibilité d’obtenir certains ingrédients et une clientèle locale avec des goûts et coutumes différentes qu’il faudra connaître.

 

Cet article vous donne des conseils pour ouvrir et gérer un restaurant ainsi que des recommandations plus personnelles. Comme moi-même je n’ai jamais ouvert de restaurant, je me suis adressé à des professionnels pour recevoir leurs conseils et partager leur expérience. Laurence et Sebastián, couple franco-colombien qui tient la crêperie Biscuit à Cali depuis 2014, n’étant pas du métier à la base, ils ont dû tout apprendre sur la gestion. Ensuite Mickaël, un français avec 12 ans d’expérience dans la restauration à Londres qui tient le restaurant gastronomique La Table Des Vins. Voici leurs conseils :

 

On ne s’improvise pas restaurateur (on le devient)

 

Démarrer un restaurant demande beaucoup de temps, d’efforts et de caractère. Celui qui n’a pas d’expérience dans le domaine doit avoir à l’esprit que tout apprendre sur le tas est très épuisant. Il faudra être sur place dès l’ouverture et jusqu’à la fermeture, ce qui influe directement sur la vie sociale et familiale. Avec le temps, quand un bon roulement s’installe avec un staff fiable, on peut se permettre d’être moins présent mais si l’identité française du lieu est très marquée alors la clientèle espérera la voir en personne. Mickaël indique se faire appeler régulièrement à la table de clients alors qu’il est en cuisine, non pas pour signaler un problème mais juste pour saluer le patron français.

Photo: La Table Des Vins Cali

Il faut avoir en tête que ça sera très dur et qu’il faudra tenir pendant au moins un an avant de dégager un salaire. Généralement les nouveaux restaurants ne passent pas un semestre, ils tournent à perte pendant au moins 6 mois avant d’arriver à un point d’équilibre, quelques mois de plus pour se permettre un salaire et encore plus longtemps pour dégager un bénéfice. Il faut prévoir une marge financière, surtout si l’on contracte un emprunt bancaire avec des intérêts à payer chaque mois. Cependant, ayez à l’esprit qu’un étranger récemment arrivé dans le pays aura de grandes difficultés à obtenir un prêt d’une banque colombienne. Donc, prévoyez plutôt un an complet de réserve provisionnelle pour parer aux imprévus.

Un entrepreneur doit être honnête avec lui-même, se regarder en face et connaître ses points forts mais aussi ses points faibles. Par exemple, Sebastián est administrateur d’entreprise et travaillait dans la finance, il a pu déterminer les prix des plats selon le coût des ingrédients et de fonctionnement du restaurant. Laurence est journaliste, elle sait communiquer sur le restaurant, en faire la promotion et créer de bons contacts avec les clients. Bien qu’ils aient développé leurs recettes avant de démarrer et aient continué à parfaire leur technique par la suite, ils ont rapidement engagé une cuisinière car leurs points forts sont dans la gestion. Un chef cuisinier peut préparer les meilleurs plats mais cela ne fera pas de lui un restaurateur s’il ne maitrise pas la partie opérationnelle. Dans ce cas, mieux vaut avoir un associé ou engager un bon administrateur.

 

Études de marché

 

Le même restaurant peut réussir ou échouer s’il est mal situé. À moins de déjà très bien connaître la ville et les habitudes de ses habitants, il est préférable de payer une étude de marché. Le coût est d’environ 1.5 millions de pesos et peut éviter de gros soucis. Entretemps, contrebalancez l’étude, revérifiez les informations, demandez autour vous pour être sûr que les avis se rejoignent.

Le risque est d’investir tout le budget dans du matériel professionnel très cher et du mobilier élégant, mais sans connaître bien le quartier cela revient à jouer à la loterie.

À moins d’être lié à une ville pour raison familiale ou affinités personnels, l’étude peut être étendue au pays tout entier. Un restaurant gastronomique français aura forcément plus de succès dans une zone hautement touristique comme Carthagène ou Santa Marta. Bogotá compte aussi une grande clientèle fortunée qui voyage facilement en Europe et appréciera en retrouver les saveurs. Alors que Cali au contraire est déjà saturée avec seulement 3 restaurants.

Même si la cuisine française est reconnue, tous les colombiens n’y adhèrent pas. Il ne faut donc pas rester fixer là-dessus. Il y a d’autres cuisines, d’autres styles et les ingrédients locaux sont suffisamment riches et variés pour inventer toutes sortes de recettes. Turk House par exemple propose un kebab à la New-yorkaise, loin de ceux qu’on connaît en Europe, et connaît un succès fulgurant, tout en étant situé dans un quartier estrato 5.

Photo: Crêperie Biscuit Cali

 

Les lois et les normes

 

Le décret 3075 de 1997 régit les normes d’hygiène pour la production d’aliments et contient un chapitre pour les restaurants. L’antenne locale du département de santé procède régulièrement mais peu fréquemment à des contrôles. À moins de fautes graves ou dangereuses, l’inspecteur ne mettra pas d’amendes mais ordonnera les modifications nécessaires si l’établissement n’est pas aux normes. Avant d’ouvrir, il faudra toutefois obtenir le concepto sanitario, délivré par un inspecteur de la mairie. Faite la demande assez tôt, n’attendez pas d’être prêt à ouvrir car l’inspecteur peut prendre plusieurs semaines avant de venir.

Depuis 2014-15, le gouvernement procède régulièrement à l’implémentation de nouvelles règles. Dans l’ensemble cela participe à l’amélioration des conditions d’hygiène et de travail mais parfois ce sont des charges supplémentaires coûteuses et absurdes. Par exemple, un inspecteur pourrait vous obliger à analyser les eaux usées de votre établissement, à vos frais bien entendu. Il pourrait aussi vous obliger à vous équiper de poubelles de tri des déchets et vérifier le bon usage alors que le camion de la voirie mélange de toute façon tout dans la même broyeuse. D’une manière ou d’une autre il faudra se plier aux règles, mais prenez les choses calmement, ne vous précipitez pas et renseignez-vous sur les alternatives possibles.

Il n’y a pas de licence (3 ou 4 en France) à obtenir en Colombie, c’est le lieu même qui donne le droit d’opérer et s’appelle uso de suelo. C’est un permis que délivre la mairie, qui détermine la nature de l’établissement et le droit de vendre nourriture et alcool. Cependant il ne suffit pas de transformer un bâtiment et installer une cuisine pour qu’il devienne un restaurant. Vérifiez bien que le lieu que vous prenez ait ce permis, car il n’est pas aisé à obtenir. Encore à l’heure actuelle, nombreux bars ou restaurants tournent depuis de longues années sans l’avoir, soyez prudent si vous reprenez un lieu, vérifiez par vous-même et cherchez à obtenir le tampon de la mairie.

Le RUT (Registro Único Tributario) détermine la nature de l’établissement auprès des impôts (la DIAN) et permet d’inscrire jusqu’à 4 codes. La nature implique les lois auxquels l’établissement sera soumis. Un restaurant a le droit de vendre de l’alcool jusqu’à minuit alors qu’un bar le peut jusqu’à 3 heures du matin. Un traiteur (servicio de catering) peut vendre des produits à l’extérieur lors d’événements privés. Au lieu de se limiter à la fonction actuelle de l’établissement, vous avez meilleur temps de rajouter des codes pour parer aux éventualités. Si vous songez un jour donner des cours de cuisine par exemple, assurez-vous que vous en êtes autorisé ou mettez dès le départ un code qui le permet.

 

Différences de mentalités

 

Les Colombiens ont leurs goûts, leurs habitudes, leurs préférences. L’erreur de beaucoup de chefs étrangers est de vouloir imposer un certains style, de croire qu’ils vont enseigner la gastronomie. Bien évidemment, c’est louable de proposer une cuisine authentique et de qualité mais la gastronomie colombienne existe et tout le monde n’adhère pas à la cuisine étrangère.

Les critères sont différents et une certaine adaptation est obligatoire. En allant à un restaurant français, l’expérience culturelle compte autant pour les colombiens que la cuisine. En exagérant, disons qu’en France si le service est un peu lent, pas forcément aimable mais que les plats sont excellents avec des prix corrects les clients reviendront. Ce n’est pas le cas en Colombie. Ni la cuisine ni le prix ne sont les critères primordiaux mais plutôt l’expérience globale. Un serveur incapable d’expliquer ou recommander les plats, un chef français pas disponible pour saluer ou une terrasse mal entretenue découragera les clients.

Une erreur assez commune justement est de tout miser sur la cuisine. Pour pouvoir proposer des plats élaborés avec de bons ingrédients frais dans une gamme de prix moyens, on cherchera à limiter le personnel. L’expérience ne sera alors pas entièrement satisfaisante car le service de qualité « à la française » manquera et les clients ne reviendront pas.

 

Faire la promotion

 

Más vale malo conocido que bueno por conocer (Mieux vaut un mal connu qu’un bien qui reste à connaître). Ce proverbe qui ne correspond pas à la mentalité française est une réalité ici, les colombiens ne se risquent pas à entrer dans un restaurant dont ils n’ont jamais entendu parler. Le bouche-à-oreilles est la meilleure publicité.

Quand on n’a pas un réseau familial ou d’amis sur lequel compter, la promotion est très importante. La présence digitale est essentielle, notamment sur les réseaux sociaux, si votre clientèle-cible a moins de 40 ans. Il faut créer l’envie, rappeler que vous existez, présenter de nouveaux plats. Des entreprises de marketing peuvent s’en occuper, il y en a pour tous les styles et tous les budgets mais choisir la bonne est difficile. Demandez des explications sur leurs méthodes de travail, des références de clients et fixer des objectifs très clairs à remplir. N’hésitez pas à appeler leurs clients pour vérifier.

Les campagnes de publicité dans les journaux sont très couteuses pour un résultat très faible. Laurence et Sebastián indiquent avoir payé une annonce dans El País, le principal journal à Cali, pour un retour sur investissement de 0. Ils recommandent plutôt de faire une inauguration officielle, en invitant la presse, des personnalités connues et les influenceurs foodies. Là encore, des entreprises de marketing peuvent s’en occuper, elles ont les connexions nécessaires pour. Ne le faites pas dès le premier jour mais plutôt après un ou deux mois de fonctionnement, quand tout roule parfaitement et que vous pouvez être disponible pour participer aux relations publiques.

Photo: La Table Des Vins Cali

Renseignez-vous comment faire du marketing local, quelles sont les astuces auxquelles les gens sont réceptifs. Mickaël se présente personnellement auprès des entreprises qui apprécient voir un visage authentique de la gastronomie française. Il recommande d’être prudent avec les promotions et flyers (volantes) à distribuer dans la rue ou sur les parebrises. S’ils sont très efficaces pour un restaurant bas-moyen de gamme comme un fast food, il risque au contraire d’endommager la réputation d’un restaurant haut de gamme. Les promotions sur Groupon par exemple attirent des gens qui ne viendraient pas normalement et donc ne deviendront pas clients par la suite. Mickaël a l’habitude de prendre en photo les clients qui ont réservé, pour la leur envoyer par email avec un mot de de remerciement.

 

Ingrédients et fournisseurs

 

Ce point sera toujours un casse-tête. Certains ingrédients sont difficiles à trouver pour garantir la saveur qu’on veut offrir. Les fournisseurs ne sont généralement pas fiables sur les horaires et n’auront pas l’honnêteté d’avouer un manquement alors que de le faire assez tôt vous permettrait de trouver une solution. La constance de qualité peut aussi être un problème. Il ne faut d’ailleurs pas compter sur un seul, mais toujours avoir un plan B, voire même un C, d’autant plus si c’est un produit qui ne se trouve pas en supermarché. Organisez bien votre base de données de fournisseurs.

Il est beaucoup plus pratique de travailler avec de grandes entreprises de fournisseurs, en général plus fiables. Mais il ne suffit pas de taper à la porte pour entrer dans leurs listes, ils demandent les lettres de recommandation de 3 fournisseurs. Bien évidemment, c’est difficile quand on commence alors faites jouer votre réseau de connaissances. De plus, il faut payer à la livraison, alors prévoyez assez de cash. Avec le temps, quand augmente le volume et la constance des livraisons vous pourrez payer sur facture.

Faites attention aux fournisseurs qui se présentent spontanément. Leurs produits peuvent être vraiment excellents mais ils n’ont pas toujours de stock ou une production suffisante. Certains tentent même le « one shot », ils obtiennent une quantité de produit en promotion qu’ils essaient de revendre mais sans l’intention d’en faire un business à long terme. Ça serait forcément un gros problème de l’inclure dans le menu. Avant de choisir un fournisseur, assurez-vous donc qu’il ait du stock et quels sont ses délais de livraison.

Quant aux quantités, veillez à optimiser le nombre d’ingrédients pour éviter les pertes. Préparez en avance les portions par plats pour diminuer le temps en cuisine mais surtout pour maitriser parfaitement les quantités et donc les coûts. Faites attention à certaines recettes qui ne permettent pas un temps de conservation suffisamment long, vous pourriez vous retrouver à devoir jeter de la nourriture en fin de soirée.

Photo: Crêperie Biscuit Cali

 

Le personnel

 

Les restaurants sont en recherche permanente de bon personnel, principalement les serveurs. Les salaires sont en général assez bas et le personnel peu formé. Même s’ils ont fait une école, il est préférable de considérer qu’ils ne connaissent pas le travail et qu’il faut les former. La plupart des serveurs ne savent pas ouvrir une bouteille de vin et encore moins les recommander, ils n’ont souvent pas l’esprit vendeur pour encourager les clients. Le service et l’amabilité seront par contre toujours présents.

En Colombie, à la différence de la France, serveur n’est pas considéré comme un métier, seulement comme un travail alimentaire. Vous ne verrez d’ailleurs quasiment jamais de serveurs âgés de plus de 40 ans. Malheureusement cela veut aussi dire que beaucoup abandonnent le poste si quelque chose d’autre se présente, même s’ils promettent de démarrer tel jour, telle heure.

Au lieu de faire des contrats fixes à chaque serveur vous pouvez payer par prestation. Beaucoup d’étudiants cherchent à travailler quelques heures à la semaine et sont disponibles sur appel. C’est la meilleure solution pour assurer le coup lors de réservations de groupes. Assurez-vous cependant que la personne ait un RUT personnel et est assurée en cas d’accident (seguro ARL).

Le nombre d’employés est à évaluer selon le style de l’établissement, la complexité des plats, le nombre de clients. Il faut toutefois tenir en compte que les colombiens aiment prendre leur temps pour décider et qu’ils apprécient la disponibilité des serveurs.

Les charges salariales pèsent lourd dans le budget, il faut bien faire la balance entre le nécessaire et le confortable. Pour un petit commerce, on peut se permettre de faire le ménage soi-même mais ce sont des heures de travail qu’on ne consacre pas à d’autres activités, la promotion par exemple. Comme on ne peut pas tout faire ni être doué pour tout, il est important de bien s’entourer.

Autant Laurence et Sebastián que Mickaël ne sont pas aux fourneaux, ils ont des chefs qui cuisinent et eux surveillent la bonne marche, gèrent les employés, parlent aux clients, communiquent sur le restaurant, sont attentifs aux détails.

Pour finir, Mickaël recommande de consacrer 30% du temps en dehors du restaurant. C’est-à-dire de sortir rencontrer du monde, faire la promotion mais aussi s’assoir comme un client parmi d’autres et observer si tout fonctionne, si les clients sont contents, si le personnel réagit avec professionnalisme.

 

J’espère que ces conseils vous seront utiles. N’hésitez pas à partager votre expérience.

Encore un grand merci à Laurence et Sebastián de Biscuit et Mickaël de La Table Des Vins. Passez les voir lors de votre prochaine visite à Cali.

Photo: Mickaël à La Table Des Vins Cali
Photo: Sebastián et Laurence à la Crêperie Biscuit Cali

 

 

 

 

 

 

Les visas pour la Colombie

Les visas pour la Colombie

Pendant longtemps les visas étaient regroupés en 3 groupes et différents types ; Affaires (Negocios NE1 – NE4), Temporaires (Temporales TP1 – TP16) et Résidents (Residente RE).

Tout cela a changé le 15 Décembre 2017 avec la résolution 6045. Il y a toujours 3 groupes mais sans distinction de type. Les visas sont :

– Visiteurs (Visitante V)

– Migrants (Migrante M)

– Résidents (Residente R)

Il ne reste donc plus que 3 visas différents mais les manières de les obtenir sont tout autant variées, pour ne pas dire compliquées, qu’avant. Selon la situation personnelle, les motivations d’application et le type de visa désiré, les documents à fournir changent.

 

Je précise tout de suite que je laisse de côté certains détails pour ne pas charger l’article. Je me focalise sur les informations utiles aux européens et laisse donc de côté les conditions pour les citoyens de pays membres du Mercosur, les réfugiés politiques ou les bénéficiaires de bourse éducatives du système colombien. Les mineurs aussi feront partie d’un autre article.

À noter que le capital d’investissement est calculé en salaires minimaux et qu’en 2017, il se situe à 737’717 pesos.

 

Explications des différences entre les 3 visas

 

Visitante (V) : Cette catégorie concerne les étrangers qui désirent entrer et sortir du pays sans s’y établir formellement. Il permet de faire des études de marché, créer une entreprise, gérer la succursale d’une entreprise étrangère, travailler pour une ONG, comme stagiaire, correspondant journaliste ou artiste par exemple.

La durée est variable, jusqu’à 2 ans maximum.

Cette catégorie inclue également les touristes. Les européens peuvent entrer dans le pays sur seule présentation du passeport valide et recevoir une autorisation de 90 jours. En ressortant du pays au moins un jour, cette autorisation peut être prolongée de 90 jours supplémentaires. Ce total de 180 jours est le maximum permis pour un touriste par an, le compteur repartant à zéro le 1er Janvier. À noter que les visas PIP n’existent plus et que les PEP ne concernent que les Vénézuéliens.

Quant au PVT, le Programme Vacances Travail, également appelé Permis Vacances-Travail, permet à un certain nombre de français, chiliens, mexicains et péruviens d’y appliquer.

 

– Migrante (M) : Concerne les étrangers qui désirent s’établir dans le pays mais qui ne peuvent pas encore prétendre à la résidence permanente (R). Il faut avoir un emploi fixe, être conjoint de national colombien, être parent adoptif de national colombien, propriétaire immobilier, associé-investisseur dans une entreprise, être professionnel qualifié indépendant, être admis en étude scolaire ou retraité par exemple.

La durée est variable, selon le temps d’étude scolaire par exemple, et jusqu’à 3 ans maximum.

 

– Residente (R) : Concerne les étrangers qui désirent s’établir dans le pays et bénéficie de raisons légitimes pour y vivre indéfiniment. Il faut être parent biologique d’un enfant colombien, être titulaire d’un visa (M) en tant que conjoint ou parent adoptif et vivre pendant 2 années ininterrompues, être titulaire d’un visa (M) pour d’autres raisons et vivre pendant 5 années ininterrompues ou investir un capital étranger.

La durée est indéfinie mais le « tampon » est valide 5 ans.

 

Conditions d’applications et documents à fournir

 

La demande de visa se fait uniquement de manière électronique, sur la page du Ministère des Affaires Étrangères à Bogotá avec le lien : Visa Cancillería.

C’est efficace et rapide même si la plateforme est contraignante. La photo doit être en format JPG de 300kb maximum et les documents en format PDF de 3Mb maximum. Le nombre de fichiers est limité, essayez de regrouper des pages dans le même document.

Il faut payer en ligne l’étude du dossier qui coûte 52 USD. L’étude prend 5 jours ouvrables maximum. En cas de réponse positive, il faut payer dans les 30 jours pour recevoir par email un e-visa. Le prix dépend de la catégorie, 170 USD pour le visa (V), 230 USD pour le visa (M) ou 391 USD pour la résidence (R).

 

Vous pouvez vérifier quels documents sont requis selon votre nationalité, le type de passeport (ordinaire, spécial, diplomatique) et le motif de l’arrivée dans le pays en suivant ce lien. Plus d’explications de chaque motif en lisant la suite de cet article.

 

 

Documents obligatoires pour chaque catégorie

 

– Remplir le formulaire en ligne

– Copie de la page principale du passeport

– Copie du tampon de la dernière entrée en Colombie

– Photo d’identité (3×4 cms, format .jpg, max 300kb, couleur sur fond blanc)

 

Documents pour le visa (V)

 

– Description de l’activité que la personne va réaliser. Que ce soit pour une étude marché, implantation d’entreprise, tournage de film ou documentaire, travail humanitaire ou autres activités, il faut expliquer le but, indiquer les personnes impliquées, la durée, le lieu et la structure.

– Extraits bancaires des 6 derniers mois avant la sollicitude.

– Si le demandeur a le soutien financier d’une personne, celle-ci doit fournir une lettre indiquant son identité, les liens l’unissant au demandeur, la description de l’activité qu’ils vont réaliser et une déclaration de prise en charge économique durant tout le séjour du demandeur. De plus, les extraits bancaires des 6 derniers mois prouvant la capacité économique pour subvenir au besoin du demandeur.

– Si le demandeur a le soutien financier d’une entreprise, le représentant légal de celle-ci doit fournir une lettre indiquant son identité, le nom et Nit de l’entreprise, les liens l’unissant au demandeur, la description de l’activité qu’ils vont réaliser et une déclaration de prise en charge économique durant tout le séjour du demandeur. De plus, les extraits bancaires des 6 derniers mois prouvant la capacité économique pour subvenir au besoin du demandeur.

– En cas de tourisme médical, il faut présenter un certificat de l’établissement médical.

En cas de PVT, anciennement visa TP-16, les candidats doivent correspondre au profil suivant ; être français, âgé entre 18 et 30 ans, voyageant seul, désirant gagner de l’argent seulement pour subvenir à ses besoins. LE PVT est valable un an et ne pourra pas être renouvelé ou prolongé. Les conditions d’obtention sont un peu différentes. Regardez ici comment l’obtenir.

 

Documents pour le visa (M)

 

– Comme conjoint. Présenter une copie de l’acte d’union certifiée par le registre civil colombien. Si la demande se fait à l’étranger auprès d’une ambassade, la copie de l’acte d’union certifiée par le registre civil de ce pays est acceptée. De plus, une lettre du conjoint colombien avec copie de la carte d’identité (cédula) et procuration de celui-ci (poder especial) pour autoriser la demande en son nom.

– Comme parent adoptif de national colombien. Présenter une lettre de sollicitude avec copie de l’acte de naissance de l’enfant certifiée par le registre civil colombien.

– Comme employé. Présenter une copie du contrat de travail. Remplir le formulaire résumant les termes du contrat. Présenter une lettre de motivation de l’employeur. Extraits bancaires de l’entreprise des 6 derniers mois avant la sollicitude, démontrant un revenu mensuel supérieur à 100 salaires minimaux. Si l’employeur est indépendant, extraits bancaires personnel des 6 derniers mois avant la sollicitude, démontrant un revenu mensuel supérieur à 10 salaires minimaux.

– Comme entrepreneur. Présenter une lettre et copie de contrat ou certificat de constitution de l’entreprise avec nom, adresse, Nit, indiquant un capital supérieur à 100 salaires minimaux. Si l’entreprise est une SAS, joindre le document de composition actionnariale, indiquant que la part du capital du demandeur est supérieur à 100 salaires minimaux.

– Comme professionnel indépendant. Présenter une lettre avec 3 certificats d’expérience dans le domaine professionnel du demandeur. Extraits bancaires personnel des 6 derniers mois avant la sollicitude, démontrant un revenu mensuel supérieur à 10 salaires minimaux.

– Comme étudiant. Présenter le certificat d’admission de l’établissement scolaire. Tous documents pouvant démontrer les moyens économiques suffisants pour la durée complète des études, comme extraits bancaires, bourse d’étude, apport de tierces personnes.

– Comme propriétaire immobilier. Démontrer un investissement supérieur à 350 salaires minimaux, avec apport de capital depuis l’étranger certifié par la Banque de la République. Présenter le certificado de tradición qui atteste la propriété.

– Comme rentier. Démontrer une rente mensuelle supérieure à 10 salaires minimaux. Présenter le certificat de l’entité privée ou publique.

 

Documents pour le visa (R)

 

– Comme parent de national colombien. Présenter l’acte de naissance certifié par le Registre Civil. Si l’enfant est mineur, l’autre parent de nationalité colombienne présente une lettre certifiant que le demandeur remplit toutes ses obligations parentales. Si l’enfant est majeur, il présente lui-même la lettre de demande en joignant une copie de sa carte d’identité (cédula).

– Parent d’enfant né en Colombie. Présenter l’acte de naissance certifié par le Registre Civil. Présenter la preuve que le parent était légalement domicilié sur territoire national lors de la naissance.

– Titulaire de visa (M). Après 2 ou 5 ans, selon le statut indiqué précédemment, présenter les copies des visas reçus, le certificat de mouvements migratoires délivré par Migración Colombia qui certifie que le demandeur n’est pas sorti du territoire pour une durée supérieur à 180 jours, document attestant l’activité professionnelle et/ou les revenus, documents qui ont permis l’obtention du précédent visa.

– Investisseur. Démontrer un investissement supérieur à 650 salaires minimaux, avec apport de capital depuis l’étranger certifié par la Banque de la République.

 

 

Après approbation du visa

 

Les demandes se font maintenant uniquement en ligne et le Ministère délivre un e-visa.

Si la validité est inférieure à 3 mois, il peut être présenté sous cette forme électronique.

Si la validité est supérieure à 3 mois il faut le présenter à une autorité colombienne compétente avant 30 jours qui va l’imprimer et le coller dans le passeport. À l’extérieur du pays, c’est l’ambassade colombienne qui s’en charge, tandis qu’à l’intérieur c’est auprès du Ministère à Bogotá à la Torre 100 (Avenida 19 # 98-03). Ensuite, il faut faire enregistrer le visa auprès de Migración Colombia avant 15 jours pour recevoir la carte d’identité (cédula de extranjería), contre frais supplémentaires d’environ 160’000 pesos bien évidemment. Attention, ne pas respecter cette règle entraine une amende et peut-être l’annulation du visa. Pour être tranquille, je vous recommande plutôt de chercher le visa au Ministère et le présenter à Migración, le tout avant les 15 jours.

 

Bon courage dans vos démarches

Doniphane: Expat et entrepreneur à Barranquilla

Doniphane: Expat et entrepreneur à Barranquilla

La communauté francophone en Colombie compte de nombreux blogueurs qui font part de leurs expériences du pays. Mais si la plupart parlent de voyages et vacances, il y en a peu qui partagent leurs expériences d’entrepreneurs. Doniphane, français établit à Barranquilla, tient l’excellent blog colombianito.fr où il traite de sujets comme monter une entreprise, la mentalité colombienne à l’heure de faire du business, techniques de ventes, erreurs à éviter, obtenir un visa, ….

Comme invité de « Vivre En Colombie », il a aimablement répondu à 4 questions pour faire sa connaissance.

 

Qui es-tu et comment es-tu arrivé en Colombie ?

Je m’appelle Doniphane Meslier, j’ai 30 ans et j’habite Barranquilla sur la côte caraïbe colombienne depuis maintenant un peu plus de 6 ans. J’ai découvert la Colombie pour la première fois le 17 janvier 2010. Mon école de commerce m’ayant obligé, et je l’en remercie, à effectuer un séjour de 4 mois à l’étranger j’ai pu découvrir la Colombie au travers d’un échange universitaire au sein de l’Universidad del Norte de Barranquilla. C’est d’ailleurs l’une des principales raisons pour lesquelles j’avais décidé de choisir cette filière : voir du pays et me confronter à d’autres cultures.

Je me débrouillais déjà pas trop mal en anglais mais mon niveau d’espagnol était plus que médiocre… surtout si l’on considère le nombre d’années que mes professeurs de collège et de lycée ont passé à tenter de me l’inculquer. Cela n’a absolument pas entaché mon expérience et mon séjour d’études s’est révélé être très enrichissant. Les colombiens sont des gens très accueillants et ils le sont d’autant plus si vous faites l’effort de parler quelques mots d’espagnol avec eux.

J’ai donc sauté sur l’occasion pour découvrir l’Amérique Latine et perfectionner mon niveau en langues en partant étudier le plus loin possible. Je n’ai jamais compris mes camarades qui rêvaient d’Angleterre ou d’Espagne. Quitte à prendre une claque culturelle autant en prendre une bonne.

Quelques amis m’ont fait les blagues habituelles « on va coller ta photo sur la mairie de Poitiers et compter les jours de détention » (celle-ci est plutôt drôle, je l’avoue) mais mon échange s’est passé sans fausse note. C’est d’ailleurs une expérience que je recommande à tout étudiant et ce, quel que soit sa filière ou son niveau d’études. Si c’était à refaire je n’hésiterais pas une seconde.

Après mon séjour je suis repassé en France pour achever mon Master, travailler quelques mois en apprentissage dans le secteur hôtelier puis signer un CDI au sein d’un grand groupe. J’ai passé le plus clair de mon temps à développer la clientèle hispanophone d’hôtels parisiens et poitevins pour ensuite décider de retourner tenter ma chance en Colombie.

Quelle est ton activité ?

J’ai arpenté les rues de Cartagena de Indias pendant des jours, fais du porte à porte, distribué mon CV à tort et à travers sans succès. Ici si vous n’avez pas de « palanca » (piston) c’est très compliqué de trouver un emploi.

Aujourd’hui je suis professeur au sein de l’université Simón Bolívar de Barranquilla et consultant en création d’entreprise et marketing digital pour l’incubateur Macondo Lab. J’accompagne des entrepreneurs colombiens dans leur démarches entrepreneuriales, les conseille et les guide pour qu’ils puissent mettre toutes les chances de leur côté au moment de développer leur business.

Il m’arrive aussi de donner des conférences sur ces mêmes thèmes dans d’autres universités ou d’autres villes. Ce sont des sujets qui me passionnent et c’est pourquoi j’ai aussi décidé de leur dédier un blog et un podcast quotidien.

J’ai monté plusieurs projets d’entreprises et de start-ups au cours des 5 dernières années et j’ai pu découvrir encore une autre facette du pays : sa culture commerciale qui est très éloignée de ce à quoi l’on peut avoir été confronté dans d’autres régions du monde. C’est à la fois enrichissant, éprouvant, valorisant et exténuant. Le fait d’être un entrepreneur expatrié me donne parfois la sensation d’appartenir à une élite de têtes brûlées, c’est grisant et effrayant à la fois. Je ne regrette jamais mon choix. J’ai traversé des périodes de doutes comme tout expat’ mais aujourd’hui je me sens vraiment « costeño-français ».

 

Quels conseils donnerais-tu as un futur expat-entrepreneur ?

L’entrepreneuriat est une aventure excitante, éprouvante, passionnante… et l’expatriation aussi. Lorsqu’on combine les deux il faut s’attendre à vivre de sacrées crises émotionnelles. Il y a de grandes chances pour que les premiers mois de votre expatriation-entrepreneuriale soit mouvementée et riche en sensations fortes.

A mon sens, il est primordial de connaitre le pays avant de venir s’y installer de manière définitive ou d’y développer un quelconque business. Un séjour touristique, quelques excursions hors des sentiers battus, une expérience de quelques semaines au sein d’un foyer colombien vous permettront d’appréhender bon nombre d’aspects culturels qu’il vous faudra prendre en compte avant d’investir dans votre projet.

La langue est un élément important. Je ne considère pas qu’il soit nécessaire d’être bilingue pour monter une entreprise ici en Colombie. Cependant vous devez avoir suffisamment d’autonomie pour comprendre les tenants et les aboutissants sans dépendre d’un tiers. Votre autonomie linguistique vous permettra d’avoir un meilleur contrôle sur les situations et les opportunités qui se présenteront à vous. Les colombiens utilisent leur propre variante de la langue espagnole. Je vous conseille fortement d’apprendre les expressions locales ainsi que quelques mots d’argot de chaque région. Cela vous permettra de vous attirer la sympathie de nombreux colombiens et leur montrera que vous aimez leur pays. L’identité culturelle colombienne est très marquée. Dans certaines régions telles que la côte caraïbe le monde des affaires se mêle grandement avec les sentiments. C’est du business affectif. Pensez-y !

Il est aussi très important de tester votre marché et de diminuer les risques avant d’engager tout investissement. Ne dépensez pas vos économies sur un coup de tête. Discutez avec des colombiens, des expatriés de longue date, sondez votre marché cible, pesez le pour et le contre puis lancez une première version de votre produit. Un prototype que vous tenterez de vendre à de premiers clients potentiels pour ensuite écouter leurs opinions et améliorer votre offre.

Formez-vous et nourrissez-vous des erreurs de ceux qui sont passés par là avant vous. Les blogs de Yoann (Colombie Conseil) et Sébastien (Vivre en Colombie) regorgent d’informations et d’anecdotes qui peuvent vous être très utiles pour ne pas tomber dans les mêmes pièges que nous ! Bien sûr vous pouvez aussi aller faire un tour sur le mien : Colombianito.

 

Quels sont tes projets ?

Pour le moment je me concentre sur deux activités.

Mon emploi en tant que consultant en création d’entreprise pour Macondo Lab et la Gobernación de la région Atlántico qui occupe la plus grande partie de mon temps. C’est pour moi un véritable plaisir de pouvoir accompagner des entrepreneurs dans la réalisation de leurs projets ou même de leurs rêves.

En parallèle je compte continuer mon podcast audio quotidien sur le thème du business et des chocs culturels en Colombie. Je souhaite voir cette activité de blogueur/podcasteur s’intensifier pour aider un maximum de francophones à développer leurs entreprises en Colombie. Je projette aussi d’écrire un troisième livre sur ce même thème et éventuellement de proposer de nouvelles formations en ligne.

A moyen terme j’envisage d’ouvrir une auberge ou un café mais il est encore trop tôt pour m’avancer sur ce sujet. Ce ne sont pas les idées qui manquent !

¡Hasta Pronto!

Doniphane M.

 

Allez visiter son blog, lui-même a invité un autre excellent blogueur, Yoann de Medellín. Ne manquez pas de visiter Colombie conseils, vous trouverez mon interview où je me prête au même exercice. De cette manière, vous connaitrez les blogs d’entrepreneurs de trois villes et donc trois mentalités différentes ; Barranquilla, Medellín et Cali.

Où rencontrer des francophones en Colombie?

Où rencontrer des francophones en Colombie?

Cette question peut sembler absurde pour certains car en s’expatriant on cherche plutôt à connaître les gens du pays pour s’immerger complétement. Cependant, dans de nombreux cas, on peut avoir envie de se rapprocher de ses compatriotes. Celui qui ne maitrise pas l’espagnol appréciera de pouvoir parler sa langue maternelle et comme l’expatriation entraine bien souvent un choc culturel, seule une personne dans la même situation comprendra et pourra donner du réconfort.

Cependant, je crois que la meilleure raison est l’entraide. Trouver un travail, un logement ou démarrer une entreprise est difficile quand on ne connait pas encore le système. De plus, la Colombie fonctionne par réseau de connaissances et il est donc très important de construire le sien.

 

Donc voilà, l’idée est ici d’indiquer les lieux où rencontrer plus facilement des francophones, classé par villes. Forcément, la liste va grandement ressembler à un guide touristique pour cafés et restaurants français, mais c’est pour la simple raison qu’il n’existe pas de « clubs sociaux » en tant que tels. Ceci dit, il ne suffit pas d’être français et d’avoir un restaurant pour que cela devienne un point de rencontre de la communauté, cela dépend surtout à quel niveau la personne est intégrée.

Je commence par Cali, où je vis, mais aurai besoin d’aide pour les autres villes. Faites-moi part dans les commentaires de vos recommandations.

 

Français à Cali

Tostaky : cet hôtel de backpackers, le premier à San Antonio, a été fondé par Vincent, un français très intégré dans la communauté francophone qui profite de s’y réunir fréquemment, dans le café de l’hôtel.

Ouvert tous les jours. Carrera 10 # 1-76

Biscuit : une crêperie traditionnelle tenue par un couple franco-colombien. Bien que situé dans le quartier hype de Granada, les prix sont abordables et ont l’avantage d’avoir une terrasse très agréable. Avant de vous y rendre, faites connaissance avec Laurence en visitant son blog « Une parisienne à Cali ».

Ouvert de Lundi à Samedi. Avenida 9A # 14N-73

– À noter aussi La Cocotte de Remi et Carolina et La Table Des Vins de Mickaël.

Quartier La Flora : Le lycée français Paul Valery se situe dans le quartier de La Flora, beaucoup de professeurs ont donc choisi de s’y établir.

 

Français à Bogotá

A Seis Manos : Au centre-ville, dans le quartier de Santa Fé, se trouve ce restaurant et centre culturel tenu par 2 français et un colombien. Très populaire auprès de la communauté française pour se rencontrer, prendre un verre et profiter de concerts, expos, échanges linguistiques, ateliers, …

Ouvert de Lundi à Samedi. Calle 22 # 8-60

Bogotá Accueil : Une association fondée en 1989 déjà par un groupe de françaises expatriées à une époque tendue et dangereuse, voulant offrir aide et soutien pour une meilleure intégration. L’association compte de nombreux membres et organise régulièrement des activités. Elle a aussi mis en place un accueil spécialisé pour les familles adoptantes.

Ouvert le Lundi de 10h à 12h (calendrier scolaire) à l’Ambassade de France. Carrera 11 # 93-12

Quartiers Chicó Norte et Retiro : Proche du lycée français Louis Pasteur, au Nord de la ville, c’est une zone très vivante et très agréable.

 

Français à Medellín

Café Cliché : se décrit lui-même comme un « coin français ». Café-restaurant à Laureles proposant des plats français et internationaux ainsi qu’un centre culturel pour assister à des séances de ciné, expos, ateliers et échanges linguistiques. La communauté française s’y rend fréquemment.

Ouvert de Mardi à Samedi. Carrera 76 # 41-41

El Alternativo : un hôtel dans le quartier de Manila tenu par Fabrice et Nina, un couple franco-colombien. C’est le café de l’hôtel qui attire la communauté.

Ouvert tous les jours. Carrera 43E # 11A-13

– À noter aussi Monsieur Burger de Nicolas.

 

Lycées et Alliances Françaises

Forcément, les lieux d’enseignements permettent de rencontrer d’autres francophones. De plus, ils organisent régulièrement des événements culturels. Cherchez celui de votre ville et suivez leurs activités.

Il y a des lycées à Bogotá, Cali, Pereira et Medellín. Les Alliances se trouvent à Armenia, Barranquilla, Bogotá, Bucaramanga, Cali, Carthagène, Cúcuta, Manizales, Medellín, Pereira, Popyán, Santa Marta et Tunja.

 

Sur internet

Rejoignez des groupes sur Facebook pour communiquer directement avec toute la communauté.

La France en Colombie compte près de 9’000 membres. Francais à Bogotá avec 1’200 membres. Francais et Francophones de Cali avec près de 200 membres. Francais et Francophones de Medellín avec 900 membres. Francais et Francophones de Barranquilla avec 300 membres.

 

Partagez vos informations pour les autres ville; Barranquilla, Carthagène, Santa Marta, … et pour celles déjà citées, il doit en manquer beaucoup pour Bogotá.

La société colombienne en plein changement

La société colombienne en plein changement

La Colombie a une histoire singulière et les nombreux changements qu’opère le pays influence sa population. Depuis ma première visite en 2003 et encore plus depuis que j’y vis, je remarque peu à peu des changements majeurs de la société et une évolution des préoccupations. Le pays est passé en quelques années seulement de destination pas recommandable à destination immanquable, et suscite une grande curiosité. Le monde semble à peine découvrir les colombiens, ceux du peuple et pas ceux qui font les grands titres des journaux. Je voulais donc partager mes observations sur de récents évènements qui démontrent ce changement de la société et qui est très encourageant pour le futur.

Pendant quelques décennies la Colombie était repliée sur elle-même à cause de tous ses problèmes de violence et d’inégalités. Mais au fur et à mesure que la violence baisse, qu’il est plus accessible de voyager à l’intérieur du pays mais aussi à l’extérieur, que la classe moyenne augmente, la population se soucie et milite pour son bien-être. La grande différence est que maintenant la population ose se faire entendre et s’en donne les moyens.

 

Cause animale

Le premier changement que j’ai observé est la cause animale. Avant 2010 on entendait peu de gens se plaindre des corridas qui étaient très populaires. Nombres de ferias taurines avaient lieu et les meilleurs toreros du monde se présentaient à Bogotá, Cali, Medellín ou Manizales entre autres. On voyait même des arènes de combats de coqs où pariaient les gens. Cependant, peu à peu des manifestations contre les corridas s’organisaient pour en démontrer la honte et la cruauté. Il y a des appels à interdire l’organisation de tels évènements. Les réactions furent par exemple plutôt violentes à Bogotá en début d’année 2017 suite à la reprise de la feria, qui avait été interdite depuis 2012 par l’ancien maire. Ceux qui brandissent l’argument de la tradition culturelle sont vus comme dépassés et les ferias peinent maintenant à attirer des spectateurs.

Je remarque aussi l’augmentation constante de gens qui adoptent des chats ou chiens de la rue, envoie des messages sur les réseaux sociaux pour encourager d’autres à le faire ou donner de la nourriture. Les cas de violence contre les animaux sont dénoncés, comme par exemple le cas d’une famille ayant publié des photos sur Facebook maltraitant un chien des buissons. La nouvelle loi 1774 de Janvier 2016 reconnait enfin les animaux comme êtres vivants et sanctionnent les mauvais traitements d’amendes et jusqu’à 3 ans de prison.

 

Écologie

Un sujet qui tient beaucoup à cœur à de nombreux colombiens est la préservation de la nature. Avec la deuxième biodiversité la plus grande au monde, après le Brésil, nombreux sites exceptionnels sont malheureusement régulièrement menacés par l’exploitation minière et autres intérêts économiques. Le premier cas que j’ai pu observer, en 2011, fut une mobilisation sur internet contre le projet de construction d’un complexe écotouristique de luxe dans le parc naturel de Tayrona. Le projet du groupe thaïlandais Six Senses avait même été annoncé par le président Santos mais suite à l’intervention du ministère de l’environnement et des tribus indigènes, le projet a été suspendu. Le projet, nommé depuis Los Ciruelos, a été grandement modifié et pourrait peut-être quand même se faire mais sans l’ampleur et l’ambition originales. Affaire à suivre.

Caño Cristales

Un cas similaire a eu lieu en Avril 2016 pour une concession minière délivrée à une entreprise américaine, très proche du site exceptionnel de Caño Cristales, la rivière au sept couleurs. Suite à une forte mobilisation sur internet et de journalistes, la concession attribuée par l’agence nationale des permis environnementaux (ANLA) a été retirée par décision du président Santos. La société américaine cherche maintenant à porter l’affaire aux tribunaux pour obtenir des compensations financières.

Jusqu’il y a peu, le déboisement n’attirait pas trop l’attention du grand public. C’est pourtant un des nouveaux défis majeurs de la Colombie. Les départements d’Amazonie sont les plus touchés parmi les 6.5 millions d’hectares déboisés dans tout le pays durant ces 26 dernières années au profit d’espace pour le bétail, l’agriculture ou juste pour s’approprier des terres. Cependant les informations sur le réchauffement climatique et les drames liés aux éboulements, notamment à Mocoa, font prendre conscience de l’importance des arbres. De plus en plus, les colombiens cherchent à éviter des coupes d’arbres qu’ils n’estiment pas nécessaire. La mairie de Cali par exemple a dû renoncer à couper 43 arbres pour augmenter l’espace disponible à l’installation de gradins supplémentaires pour la feria de Cali. Des citoyens s’étaient même enchaînés aux arbres arguant que la ville en manque déjà trop par rapport à son nombre d’habitants.

Foto: El Tiempo

Bien sûr, les réseaux sociaux et les mobilisations populaires ne réussissent pas à elles-seules à inverser les tendances, il faut l’intervention de journalistes, politiciens, ONG, activistes et défenseurs sociaux pour obtenir un vrai résultat. Mais ces actions démontrent que les simples citoyens se sentent concernés, ils cherchent de plus en plus à faire entendre leurs droits et prendre le destin de leurs villes et leur pays en main.

 

Impunité

L’époque où l’argent achetait tout même la justice semble se terminer. Un cas très marquant fut l’enlèvement, viol et assassinat de Yuliana Samboni, âgée de 7 ans, par Rafael Uribe Noguera en Décembre 2016. La police a rapidement repéré le principal suspect et retrouvé le corps après que les parents ont déclaré la disparition. Dès le lendemain que l’affaire est sortie dans les journaux, la population est descendue dans la rue pour réclamer justice, d’autant plus que les frères et sœur du suspect étaient impliqués en tentant de faire disparaître les traces du crime. Bien que la famille fasse partie de la haute société de Bogotá, le coupable a été condamné à 51 ans de prison. La grande mobilisation a permis d’attirer l’attention sur tous les cas de violence envers les enfants et plus généralement sur la population défavorisée.

#OjosEnTodasPartes

Un très grand nombre de cas restent encore impunis malheureusement et ne sortent pas à la lumière. Le travail est encore grand mais au moins le message est passé que personne ne peut se soustraire à la justice grâce à son seul nom ou relation. Dans un pays avec des écarts d’égalité tellement grand, beaucoup pensent pouvoir s’en sortir d’une phrase magique ¿Usted no sabe quién soy yo? (Vous ne savez pas qui je suis?). Mais les cas de plus en plus souvent enregistrés par caméras de la police ou téléphones de citoyen pointent le doigt sur ce problème de société que la population ne tolère plus.

 

Le machisme et le féminicide

Le machisme en Colombie a encore de beaux jours devant lui, avec tout ce qui entraîne de valorisation de l’infidélité, de sorties entre copains pendant que la femme reste à la maison avec les enfants, de commentaires déplacés et d’inégalités de salaires.

Cependant nombreux cas de féminicide sont relayés par la population et appellent à la justice. Toutes les classes de la société sont touchées, comme par exemple une jeune avocate à Popayán brutalisée sans raison par son copain, et encouragent d’autres victimes de cas similaires à ne pas se taire. Les autorités prennent ce problème très au sérieux et ont durcis les peines reconnue comme féminicide avec sa loi 1761 de Juillet 2015.

La Colombie a aussi le triste record du plus grand nombres d’attaques d’acide, seulement derrière le Pakistan et le Bangladesh. Les attaques longtemps passées sous silence, le cas très médiatisé de Natalia Ponce de León en Mars 2014 a alerté la population et les autorités sur ce problème qui touche principalement les femmes. Une nouvelle loi 1773 de Janvier 2016 condamne jusqu’à 30 ans de prison le coupable et jusqu’à 50 ans si l’attaque est contre une femme ou un enfant.

Malgré le machisme et les difficultés auxquels les homosexuels se confrontent, la Colombie reconnait le mariage homosexuel depuis Avril 2016. Une union donnant certains droits était déjà reconnue depuis 2007 mais laissait un vide juridique. Fait historique, en Juin 2017, la Colombie a même reconnu légalement le mariage de trois hommes, inventant un nouveau mot au passage; trieja.

 

Épilogue

Cet article ne cite finalement que des évènements et faits divers pour essayer de valider mon point de vue, celui que la Colombie progresse a tous niveaux. Je pourrais développer encore d’autres thèmes, comme quand les colombiens défient la religion, critique la doble moral, s’insurgent contre la glorification de Pablo Escobar ou Popeye, ancien capo de cartel, et encouragent plutôt à connaître les scientifiques et inventeurs nationaux comme vrais héros.

On remarque cependant que le pays avait un retard au niveau juridique et tente maintenant de le combler. De nombreuses lois sont actualisées ou crées pour répondre aux besoins de la société, comme encore les lois 1409 de 2012 et 1111 de 2017 pour la protection des employés en terme de sécurité physique.

Le travail est encore énorme, le chemin encore long, la vie est très dure pour une grande partie de la population. Il faudra encore beaucoup de ténacité pour arriver à une qualité de vie suffisamment bonne pour l’ensemble de la population, surtout quand une partie de la classe aisée cherche à maintenir une population malléable et corvéable à souhait. Cependant beaucoup de gens travaillent à rendre leur pays meilleur et au milieu de la morosité que traverse le monde occidental, c’est finalement très excitant et encourageant de voir l’évolution positive de la Colombie.